les travaux et les jours

Rendez vous aujourd’hui à l’hôpital de Lens pour filmer, rencontrer les personnes et pour organiser la suite de nos interventions dans l’établissement. Hier on est allé au lycée Baggio à Lille pour envisager l’éventualité d’un Instantané avec et pour les lycéens. On attend une réponse des Turbulents, une troupe de théâtre parisienne avec qui on devrait faire une Veillée dans leur quartier, au mois de juin. Si ce n’était pas possible, on pourrait envisager de participer à Richebourg  (réalisation d’un portrait) aux évènements de la Smob (scène mobile sous chapiteau mise en place par la communauté d’agglomération, Artois com). On reprend la Brique au mois de mars. Les répétitions du spectacle Les Briques sont prévues pour la deuxième semaine de juillet. Jusqu’à la fin du mois et reprise en octobre pour créer le spectacle à la mi novembre, à priori à Sallaumines. A Grand Fort Phlippe, la semaine prochaine, il va faire froid. Il se peut qu’il neige.

La V des V

Grosse réunion à HVDZ dans les bureaux de la compagnie. A propos de la V des V (la Veillée des Veillées du Dunkerquois avec le Bateau Feu) ou encore dénommée la métaveillée. Si on considère que la métastabilité représente ce qui n’est ni stable ni instable, donc le mouvement, la métaveillée consiste à fabriquer une Veillée qui marquerait un travail en évolution, une individuation collective, une Veillée transformée, déconstruite. Une mise en perspective des Veillées. L’avenir est derrière nous. Remonter le cours des Veillées, des Instantanés et des Portraits réalisés dans l’agglomération dunkerquoise, comme les saumons remontent le cours de la rivière pour donner jour à une nouvelle génération de Veillées. Notre résidence de mai 2013 à Dunkerque dans les différents quartiers et centres sociaux de Dunkerque consistera donc à fabriquer des échelles à poissons. Chaque fin de semaine aura lieu la présentation d’une échelle à saumon, d’un nouveau spectacle issue des Veillées. Une conférence adaptée au quartier, un spectacle avec des habitants du quartier et des associations, des chorales, des groupes de musique, où on fera état collectivement de la recherche qui consiste tous à se faire la courte échelle, pour remonter le temps des Veillées à Dunkerque… On va devenir tous des poissons volants, emblèmes du Bateau Feu. S’élever au dessus de ce qu’on a fait, pour pouvoir le critiquer, le questionner (de manière spectaculaire, avec acrobates, danseurs, comédiens, vidéo) avant d’y replonger. On a demandé à un jeune écrivain et Veilleur, Thomas Piasecki,( le camarade Divion ) de nous rejoindre. Pour l’écriture des improvisations qui nourriront la matière des conférences… Il n’en reste pas moins qu’on prévoit aussi plein d’autres actions…. Dont une adaptation du film du 1er au 31 décembre… Une installation vidéo… Et une installation qui emmènera chaque spectateur  (un par un) rencontrer tous les personnages de la compagnie pour un temps de jeu… Et les porteurs de paroles qui poseront la question, à quoi sert l’art ? 

débat mouvant

La question posée quant à la ligne politique de l’association Artfactories/Autresparts est complexe parce que les idées des uns et des autres sont peut être si différentes qu’on n’arrive pas à se mettre d’accord. Et il y a l’enjeu des subventions. Sur nos prises de position communistes dans nos déclarations et nos spectacles, nous avons eu droit à des mises en garde (de la part d’un préfet sur nos subventions parce qu’on ne voulait pas participer à un débat (sur l’identité nationale))…  C’est là que ça coince. Est ce qu’on peut tout dire quand on est subventionné ? Il suffit de regarder le nombre de directeurs de salle qui attendent, pour dévoiler leur engagement, de n’être plus en poste !

Cut-up du dimanche (T. Davilla, B. Stiegler, F. Gros…)

Demain reprise au bureau de la compagnie. Je découvre que je suis l’horizon de moi-même. Je marche. Plus je m’approche de moi même, plus je m’éloigne de moi même. Comme l’horizon. Dans une semaine on sera à Grand Fort Philippe. Pour un nouveau Portrait. C’est l’expérience du marcheur. Expérience fabuleuse (magnifique et bondissante) parce que le marcheur, c’est celui qui découvre que l’horizon n’est pas toujours le même, bien qu’il soit toujours aussi lointain. On va installer notre Q.G au centre social de Grand Fort Philippe qui est aussi la MJC. A cinquante mètres de la plage et pas loin du chenal. C’est l’Aa qui se jette dans la mer à cet endroit-là. Mais dans son éloignement quasi infini, on peut dire  néanmoins qu’ on se rapproche de l’horizon.  Je suis l’horizon de moi-même. Je suis toujours en avant de moi-même. Toujours devant moi. Je ne suis jamais fini. Mais ça veut dire aussi que je suis toujours en retard sur moi-même. Grand Fort Philippe, Petit Fort Philippe et Gravelines constituent une agglomérations de plus de dix mille habitants. A Gravelines se trouve la plus grosse centrale nucléaire de France. A l’époque de sa construction des milliers de manifestants s’étaient réunis pendant des jours et des semaines pour tenter d’éviter sa construction. Comme aujourd’hui à Notre Dame Des Landes. Je suis au devant de moi comme un excès sur moi même comme quelque chose qui me dépasse, qui me met hors de moi et que je ne contrôle absolument pas. A cause de mon défaut d’être, par mon retard sur moi même parce que je suis un être factice, bourré de leurres, qui se raconte des histoires.  Quand on a visité la hutte des chasseurs de Mardyck, on pouvait voir les cygnes et les canards sur la flaque et au loin la centrale de Gravelines. Le centre social de Grand Fort Philippe est vaste et très fréquenté (c’est l’idéal pour un Q.G de Veillée ou de Portrait). On sait déjà qu’on est attendu et ça fait plaisir. Je suis sans cesse en train de m’arriver à moi même. Propre à rien et à tout.