
Carnets de route
Didier à l’atelier couture du quartier des Indes de Sartrouville
prendre soin
On prépare la réunion de Douai de ce mercredi. On doit défendre le projet de la Veillée de Dorignies auprès de plusieurs institutions. On va emmener le film de la Veillée de Chatelaudren qui a été filmé en simultanée par plusieurs caméras pour que les personnes puissent se faire une idée précise de ce qu’on fait. Essayer de dévoiler un peu du mystère de notre travail. Sans tout dévoiler. Parce que c’est impossible. En parler en prenant soin de bien en parler mais aussi en prenant soin de ce dont on parle. Pour que les Veillées gardent leur part de mystère et suscite le désir de les voir à l’oeuvre à Dorignies. Notre travail de mercredi (avec Maggie et Guy) se rapporte à une forme de médiation culturelle, une initiation au mystère des Veillées. Et dans ce domaine il n’y a pas d’enseignement, il n’y a que des pratiques. Donc nous montrerons des images aussi fidèles que possibles de ce que nous avons fait à Chatelaudren.
Dimanche 30 juin 2013
La semaine qui s’annonce est jalonnée de rendez vous et il faudra aller au Channel, à Calais pour repérer l’endroit où on va jouer la Brique. On en profitera pour prendre l’air sur le rivage. On a jeté un oeil sur la saison qui vient. Elle est chargée. Et on n’a pas la confirmation de toutes les options de Veillées et de Portraits. Il faudra bien prendre le temps de se reposer cet été. A Malo ? A Merlimont ? A Quend-Plage ? A Venise ? En Mongolie ? A Loos en Gohelle ? En Bourgogne ? En Provence ? En Dordogne ? En Laponie ? En Crète ? Cette saison, on va travailler beaucoup avec la scène nationale de l’Hippodrome de Douai, le Théâtre de St Nazaire et le théâtre Jean Lurçat de Aubusson. Cette année on tourne les Veillées, les Portraits, les Instantanés (dans les collèges et les lycées), La Brique et Aimer si fort ( spectacle qu’on va créer au mois de novembre) … Et on participe avec le Louvre à la conception d’un livre d’art sur les paroles d’ habitants de la communauté d’agglo de Lens et Liévin. Et il y a Maggie (après dix ans passés à la compagnie) qui partira en fin de saison. Fin juillet. Elle part vivre à Montréal.
Dorothée, Jérémie et la caméra
les Atomics
La dernière fois qu’on a joué les Atomics, ça remonte au début du moins de juin 2012. On voulait mettre en scène le récit de dix années passées à aller à la rencontre des personnes pour faire avec et pour eux des films-spectacles. On s’est bien cassé la tête pour le faire, ce spectacle. On a mis des années à le travailler en laboratoire. On a fait deux grandes versions différentes. En 2011 et en 2012. La deuxième version, on l’avait démarrée par un travail avec les gens de la scop le pavé, une association d’éducation populaire qui a été fondée par Franck Lepage. On s’était fait sérieusement remonter les bretelles. Les personnes de l’association et Franck Lepage nous reprochaient de n’être pas assez militants. Et de faire du théâtre. Ou de prétendre faire de l’art puisque comme disait Anaïg, qui est membre de la scop, je ne crois pas à l’art. Cependant on a fait avec eux un grand nombre d’exercices qui tiennent du théâtre. On peut dire aussi, à l’inverse que certaines formes de théâtres tiennent de l’éducation populaire. C’est au fil du temps que tout cela s’est dévoyé. Que le théâtre s’est éloigné du combat politique, et qu’il est aujourd’hui si mal perçu par les militants de l’éducation populaire. Les conférences gesticulées qu’ils-ELLES (du pavé) tournent partout en France sont du théâtre. Ils -ELLES pratiquent une forme de théâtre brechtien. Très didactique. On ne s’y ennuie pas une seconde. La dernière fois qu’on a joué les Atomics, c’est à Douai, à l’Hippodrome. Pendant le festival des 24 heures de spectacles vivants. On a tenu compte du travail fait avec le Pavé. On en parlait d’ailleurs dans le spectacle. On avait mis des paroles fortes, comme celles de Jamal de Tremblay ou Erik Noulette de Bourges qui disait, en parlant d’intégration, que ça ne pouvait fonctionner que dans les deux sens. Il ajoutait qu’il fallait assumer une certaine violence des jeunes parce qu’on ne peut pas faire l’impasse sur la douleur endurée dans les familles qu’on est allé chercher de force au fond des campagnes du maghreb ou d’ailleurs et qu’on a marquées comme du bétail… Normal que la violence, elle ressorte à un moment ou un autre…
merci …

Si le blog était une chanson ?
Combien de personnes sur le blog jour après jour, bien sûr on peut regarder les statistiques mais c’est une vision lointaine des choses ? Ce qu’on aime dans le blog c’est son ouverture au monde, évidemment, la possibilité de raconter nos mille rencontres au plus grand nombre. Comme en Bretagne ou à Dunkerque ou à Lorgies dernièrement et cette sublime expérience avec les Turbulents de la compagnie Turbulence ! (On n’en est toujours pas remis). On se disait chaque soir quand on quittait les chapiteaux qu’on avait du mal à imaginer qu’on était à Paris. Ou alors que ce Paris là, on l’aimait démesurément. Le Blog, comme dit Annie Ernaux, c’est comme ses livres qu’elle a écrits (où elle s’attache à décrire tout ce qu’elle voit) sur ses trajets en RER de Cergy à Paris ; c’est un journal ex-time (différent du journal in-time). Surtout quand il s’agit de nos actions avec et pour les gens que l’on rencontre : Veillées, Portraits, Instantanés… On aurait du mal à faire sans le Blog. Il relie la compagnie au monde. Dans l’idée du pharmakon qui signifie le remède et son poison (et le bouc émissaire) la technologie du blog est du bon côté. Elle permet un prolongement de nos rencontres en dedans et en dehors de l’endroit où l’on fabrique nos actions. C’est une oeuvre qui oeuvre parce qu’elle a le désir de s’ouvrir à tout le monde. Une chanson ? – Et si c’était la chanson de Claude François, viens à la maison, y a le printemps qui chante… Ou alors, ça s’en va et ça revient, c’est fait de tout petits riens, ça se danse et ça se chante comme une chanson populaire…
Lorna Simpson
on est allé au Jeu de Paume, dimanche voir Lorna Simpson et Alham Shibli
Quelque jours déjà qu’on a quitté les Turbulents et qu’on s’est éparpillé comme une envolée de moineaux, à Lille, à Tourcoing, à Tremblay, en Ardèche, à Lausanne, à Rouen… On espère très fort qu’un jour prochain on aura l’occasion de travailler à nouveau avec la compagnie Turbulence. A Lausanne on a visité l’école de théâtre (et bientôt de théâtre et de danse), la Manufacture et rencontré Sarah et Frédédic P qui dirige l’établissement. On a revu Jean Baptiste qui a fait son mémoire sur la Veillée de Dunkerque. Il continue sur cette voie puisqu’il prépare un spectacle basé sur des entretiens menés auprès de certains ouvriers qui ont autrefois (jusqu’à la fin des année 80) travaillé à la Manufacture où l’on taillait des pierres précieuses. Avec Frédéric on a envisagé une formation qui aurait lieu en janvier 2015 avec les étudiants de l’école . Trois à quatre semaines pour aller à la rencontre des quartiers de la Manufacture, pour partager, échanger avec les étudiants et les habitants et fabriquer ensemble une Veillée. Elle aurait lieu à La Manufacture à la fin du mois. Un mois de recherche, de formation et de création. Jeudi dernier nous étions du côté de la Porte de Champérêt, à distribuer des invitations pour la Veillées des Turbulents. Avec David, Marie, Gwenolé, Harvey et Thomas. Nous étions revenus aux chapiteaux avant les fortes pluies et nous avions filmés des personnes qui travaillent au chapiteau qui ont bien voulu nous dire des Citations que nous leur avons proposées. Dernière action avant la répétition du film spectacle de la Veillée Turbulente.



