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le garage

On est passé au garage de la rue Pasteur. Monsieur Duffroy nous a aimablement laissé prendre des images où on voulait. Les établis, les outils, et à l’étage, des pièces automobiles sans age. Rouille, bleu, verre, gras, plein de matières. C’est beau. On sent l’histoire d’un garage de père en fils. On ne pose pas de question – ils travaillent et ne sont pas bavards… mais le lieu parle de lui même.

Quatrième jour de la deuxième partie de la Veillée de Loos en Gohelle

On a toujours l’impression qu’on n’en fait pas assez.

On a eu des problèmes de clés. On a toujours eu des problèmes de clefs.

On a reçu ce matin M. Raguenet, délégué mineur du syndicat Force Ouvrière pour une longue discussion sur l’état du syndicalisme aujourd’hui. Monsieur Raguenet travaillait à la cokerie de Drocourt jusqu’à sa fermeture en 2002. Il a été licencié comme les autres six cents salariés de l’entreprise. Il nous a dit qu’ils s’en étaient bien tiré parce qu’ils avaient bénéficié d’ un bon plan social . Il dit qu’ils ont obtenu ce plan social grâce à la mobilisation et une inter syndicale forte et soudée. Il dit aussi que c’était plus facile de négocier avec les Charbonnages de France qu’avec un patron comme à Metaleurop. A Metaleurop ils n’ont jamais pu discuter avec le patron puisqu’ils ne l’ont jamais vu. Ils n’ont jamais su qui c’était. Au bout du compte à Metal Europ c’est la région qui a financé le plan social. La direction de Metaleurop n’a jamais respecté ses engagements d’indemnisation de ceux qu’elle jetait à la rue. M.Raguenet continue aujourd’hui de militer et de venir en aide aux retraités des mines dont il dit que pour certains s’ils n’avaient pas le logement gratuit ils n’auraient pas le moyen de se loger. M. Raguenet milite au sein de son syndicat et en tant que conseiller municipal à la mairie de Loos en Gohelle.

Ce midi, on est allé manger au collège et on a fait des portraits avec citation. On est resté longtemps au collège. Il y avait un rallye d’exercices mathématiques. Les gagnants iront à Bellewaerde. Flora et Jérémie ont continué les pas de porte. Didier a interviewé plein de gens. Ce soir on a prévu d’aller voir KXKM à la Condition Publique à Roubaix. Jamais oublier nos camarades de KXKM.

Demain matin on fait Pierrot Le Fou sur la place de la mairie. On a changé nos plans. Les gens joueront Belmondo qui répond à Anna Karina.

ils n'en ont pas voulu

On a parlé d’éducation populaire, encore. De ce qu’était l’éducation populaire avant qu’elle soit mangée par un Ministère de la Culture. On a regardé le dvd du spectacle de Franck Lepage, inculture(s). C’est terrifiant.

L’éducation populaire, ils n’en ont pas voulu dit Christiane Faure.

Christiane Faure et bien d’autres qui, au lendemain de la guerre, après la shoah et des millions de morts, après le fascisme, se sont battus pour que ça n’arrive plus. Une éducation politique et culturelle pour tous qui donne le pouvoir à chacun, qui amoindrisse les injustices sociales. Mais Ils n’en ont pas voulu.

Ils n’en ont pas voulu parce qu’ils lui ont préféré une éducation au capitalisme, par le biais de La Culture. La Culture n’est plus le liant d’un peuple, elle est un outil d’ascension sociale, donc exclusive/excluante. Le Ministère de la culture est là pour nous dire que grâce à la culture, nous avons la possibilité de nous hisser dans la hiérarchie sociale, sans distinction de classe. Ça sous entend que la culture ne luttera pas contre les inégalités, elle ne fait que proposer de nouveaux critères pour une hiérarchie, un nouveau système de classe, non plus sur les bases du travail, mais sur celles du savoir. Exit la conscience de classe.

Les injustices sont les mêmes, mais aujourd’hui, quand on est pas en haut de l’échelle sociale, on nous dit que c’est de notre faute. Y’avait qu’a travailler à l’école, fallait accumuler du savoir. Oui mais quoi ? on pourrait être soixante millions à accumuler du savoir à gogo, y’a pas de place en haut de l’échelle pour tout le monde. Si on veut l’égalité, c’est cette échelle qu’il faut revoir. C’est ce à quoi travaillait l’éducation populaire, et c’est ce pourquoi ils n’en ont pas voulu.

Alors, qu’est-ce qu’on fait maintenant ? on continue. Plus que jamais, on continue les veillées…

Trosième jour du deuxième temps de résidence

Le 1er mai à Loos en Gohelle ,il y a une dame qui dit quand j’étais petite dans les corons je ne me suis jamais rendue compte que mes parents avaient des problèmes d’argent parce qu’on était tous logés à la même enseigne. Il y a des gens qui vendent du muguet et du lilas, des brassées de muguet. Le premier mai à Loos en Gohelle tout le monde se souhaite bonne fête. Il y a des musiciens qui remplissent le café de la mairie jusqu’à des heures tardives. Il y a l’harmonie municipale qui joue l’Internationale et Le Chiffon Rouge. Il y un jeune couple qui ballade un chien. Il  y  a des chevaux dans les rues. Il y a des jeunes qui font du vélo.  A la cité Belgique il  y a plein de gens dehors sur leur pas de porte. Il y a la fête à la cité 5, au stade. Il y a un homme qui nous dit bonne fête du travail, je ne sais pas… mais bonne fête des travailleurs.

La Providence

Flora et Didier sont allés interviewer un cultivateur et conseiller municipal. Martine est au montage. Jérémie dévisage le paysage.

On a tourné dans la ville avec l’harmonie une bonne partie de la journée. On est arrivé au café de La Providence vers neuf heures et on a vu le camion de la fanfare filer vers la Base 11/19. Jérémie s’est propulsé dans la Ford Mondéo et on a suivi le convoi de l’harmonie. Un peu avant le pont de l’autoroute tous les musiciens sont descendus du camion, se sont alignés devant la maison d’un des adjoints de la ville et ils ont joué de la musique. Puis ils sont rentrés dans la maison et nous aussi. Il était neuf heures dix et tout le monde a dansé la farandole autour de la table du salon de nos hôtes. On a pris le temps de quelques musiques polonaise et de chansons chantées à tue tête. Des musiciens ont dansé la valse avec la maîtresse de maison. On a bu un verre et tout le monde est remonté dans le camion et nous dans la voiture direction La Providence. A peine débarqués à La Providence la musique reprenait à fond.  Il a fallu attendre pour entrer dans le café tellement il y avait du monde. Didier était arrivé entre temps et nous regardait de l’intérieur, accoudé au bar de l’autre côté de la vitrine. Martine garait sa twingo le long du trottoir.

Ensuite les musiciens ont marqué une pause pour prendre un copieux petit déjeuner (café, petits pains au chocolat, pâté, jambon, fromage, cornichons, bière, jus de fruits ) qu’ils nous ont invités partager.  Ils étaient dans les rues de Loos depuis cinq heures du matin. Ce sont les nouveaux élus qu’ils ont d’abord révéillé en fanfare. On s’est ensuite rendu à la Cité 5 où l’harmonie a défilé au grand complet. On en a profité pour distribuer nos invitations pour la Veillée, filmer et faire dire des citations à la caméra.