On s’est mis du travail par dessus la tête. C’est déjà le dernier jour de le première série de Veillées Permanentes. Ce soir on devrait avoir nos quatre ou cinq petits livres qu’on va pouvoir distribuer sur le quartier sur nos différentes actions. On voudrait faire un tirage couleur pour l’un d’entre eux. ll faut que ça parte à l’imprimerie ce matin. On va distribuer ces petits livres en fin de journée et on en laissera quelques uns à l’accueil de Culture que les gens pourront emmener en passant. Il y a plein de gens du quartier qui viennent à la base pour nous dire bonjour et prendre la photo avec Jérémie. Cette Veillée permanente a aussi été l’occasion de penser à la Veillée du mois de décembre dans le cadre des rencontres avec les Chantiers Nomades. On a préparé un planning serré pour tous les stagiaires qui participeront à cette rencontre, stage, formation, recherche, où il est question d’imaginer comment à partir d’ action artistique et culturelle sur les quartiers, de récoltes de paroles vraies, on peut faire et une veillée et un film de cinéma. Avec toute l’équipe HVDZ, Philippe Piazzo et Daniel Corman. Toute l’équipe est à pied d’oeuvre et les gens du quartier depuis la Veillée d’octobre sont très ouverts à nos propositions. Et nous aux leurs.
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Deuxième à droite, troisième à gauche…
A 12H25 A partir de la base je prends la deuxième à droite Puis la rue du Béarn à gauche Obligé, parce que je suis au bout de la rue de Provence Et j’avance dans la rue de Béarn Au niveau de la rue du St Esprit, la chapelle St Pierre fait l’angle de la rue St Esprit. Je croise des jeunes gens à qui je raconte ce que nous faisons sur le quartier, une Veillée permanente. Je continue rue de Béarn. Gros vent. Rue totalement déserte. Affiches qui annoncent un cirque le 8 mai à 18H. Des affiches délavées. J’ai mis un tract au numéro 9 de la rue de Béarn. J’ai croisé un homme avec une trompette qui m’a dit qu’il était venu à la Veillée et qu’il vient souvent à Culture Commune.
A 12H 29 Je longe un jardin, une haie très haute d’au moins trois mètres. Gros vent. Une voiture est garée devant une maison. Une dame est montée dans la voiture. Je lui donne un programme de Culture Commune par la fenêtre de la voiture. Elle me dit que son mari a travaillé là bas, au 11/19. Je descends la rue du Bearn. Derrière moi je vois un terril, dans la perspective de la rue. J’arrive au bout de la rue de Béarn Je prends la rue du Limousin. Deux panneaux, rue du Limousin et rue Jules Verne. Je prends la rue du Limousin à droite. Des nouvelles maisons se construisent.
12H32 Maison grillagée qu’on rénove Quartier en pleine reconstruction Maison en bois en parpaings et en brique. J’arrive rue du Poitou. Je continue. Je descends la rue du Poitou et j’arrive le long de la ligne de chemin de fer. Je tourne vers la gauche. J’arrive au passage à niveau en bas de la rue de la fosse, au bar le phénix où a eu lieu la première interview des Veillées avec Kader. Passage à niveau.
12H36 Rue Léon Blum à droite. Je suis allé à droite sur le quai de la voie de chemin de fer. Arrêt Loos en Gohelle. J’ai marché le long du quai. Je suis au bout du quai. Gros vent. Je distribue des programmes à deux personnes qui attendent le train de Lille. Des jeunes gens du collège Pierre et Marie Curie. Ils me disent, vous travaillez le 11 novembre, vous, sous la pluie et dans le vent ? Champ de mais tout au bout du quai, clocher d’une église de Liévin au loin, des nuages à toute vitesse.
12H41 Le long de la voie de chemin de fer. Des détritus. Gros vent. Beaucoup de sacs poubelle. Des fleurs en plastic.
12H45 Le long de la voie ferrée. Beaucoup de verre. Des bouts de bois cloutés. Des abat-jour en forme de boule. Je pourrais me prendre pour un train .Je pars sur le droite et je remonte vers le 11/19.
12H50 Je prends la direction de Loos en Gohelle je remonte vers le 11/19 sur la rue principale je croise la résidence René Dumon. Je suis à l’arrêt de bus Alsace. Je donne un programme à une dame à qui j’explique que nous faisons des Veillées . Me regarde, incrédule. Il pleut averse. Je continue cette route Je vais distribuer des programmes de Culture Commune dans les boîtes aux lettres. Un jeune homme appelle un ami en criant son prénom devant chez lui.
12H57 Rue Emilienne Moreau à gauche. On a fait la veillée ici il y a cinq ans à peu près. Les mêmes tourments. Toute petite boîte aux lettres. J’arrive à peine à glisser le programme de Culture Commune. J’arrive devant une maison où des gens on construit un arc de triomphe en arbuste devant chez eux. Je pars à droite rue St Pierre. Je continue dans cette rue et je rattrappe la rue de Le Fosse. Retour au 11/19.
tout ça c'est important
rose et bleu
on court partout
On court partout. Cette veillée permanente nous a donné beaucoup d’envies et d’idées. On arpente les rues. On fait des rencontres, on écrit des textes, on prend des photos.
Et avec tout ça on délaisse un peu le blog.
Aujourd’hui Martine est aller revoir des gens qui avaient assisté à la veillée.
Jérémie a continué les portraits. Il a aussi repris l’itinéraire que Guy avait fait hier – première à droite, deuxième à gauche, troisième à droite…- pour faire des photos. Aujourd’hui -12 novembre- le long de la voie ferrée, il y avait beaucoup plus de trains qu’hier -11 novembre- forcément.
Flora a refait tout l’itinéraire qu’elle avait fait hier avec Berthe pour photographier tous les lieux dont elle a parlé. Berthe a dit « à l’époque on faisait tout à pied ». Flora est revenue bien fatiguée d’avoir, elle aussi, tout fait à pied.
trous d'arbres
Figures de l’errance de Alexandre Laumonier
L’errance a de nombreux visages et revêt différents aspects. Elle peut relever du déplacement physique, mais aussi d’un cheminement intellectuel, ou encore d’une pathologie mentale. Errance de la pensée, de l’esprit, de l’imagination vagabonde, errance de la recherche, de la réflexion, de l’écriture. L’errance en réalité nous est à tous familière, ne serait-ce que lorsque nous nous abandonnons à nos pensées, à nos rêveries. Errance immobile. La vie peut comprendre des errances occasionnelles voire être une longue errance. Nerval, Hölderlin, Nietzsche, Genet, Kerouac et tant d’autres, eurent des années ou une vie d’errance. Le thème de l’errance, faut-il le rappeler, est souvent présent dans la littérature et au cinéma. L’errance intrigue, fascine ou au contraire, inquiète. On s’y jette, on y tombe, on y résiste ou encore on s’en préserve. Mais à quoi renvoie-t-elle ?
L'après midi du premier jour de Veillée permanente, le 11/11/08
Flora est partie avec Madame Caron qu’on avait rencontrée à l’occasion de la veillée de la Base 11/19. Qui va l’emmener d’un endroit à un autre du quartier. Des endroits qui comptent pour Mme Caron. Et puis elle fera le tour du quartier avec Julien qui a démarré la vidéo à Culture Commune il y a bien des années et qui aujourd’hui en fait sa profession. A la Fabrique des gens du quartiers viennent se faire prendre en photo par Jérémie. Martine et Didier ont réalisé la maquette d’un petit livre qui va raconter l’action artistique qu’ils ont menée ce matin, des photos prises dos à dos à cinq minutes d’intervalle au long d’une errance d’une heure sur le quartier. Ils sont, à l’heure qu’il est partis à la rencontre des jeunes de la Place Lorraine. Arnaud va d’une maison à une autre et invite les gens à venir nous voir au 11/19. Demain après midi Martine verra le père d’une institutrice du quartier qui est venu à la Veillée, pour discuter avec lui de la Veillée dans l’idée d’en faire un autre petit livre. L’idée de cette Veillée permanente, c’est l’errance et plein de petits livres.
trois jours
Ça y est, ça commence. On s’est retrouvé ce matin à la base.
La base 11/19. Sous la grande tour blanche.
On s’est dit que ces trois jours-là seront consacrés à l’errance. On va errer dans le quartier.
Jérémie a installé un studio photo dans la salle 2, pour faire des portraits des gens du quartiers.
Martine et Didier sont partis se promener et ont pris des photos toutes les cinq minutes, top chrono, face à face, dos à dos. C’est une règle du jeu que Laurent Malone, du groupe Stalker, a inventé.
La première personne qu’ils ont rencontré leur a dit « bon dimanche…ah mais non, on est pas dimanche ».
Guy est parti avec une règle du jeu. Première à droite, deuxième à gauche, troisième à droite, quatrième à gauche, cinquième à droite, et tout. Il s’est retrouvé le long de la voie de chemin de fer.
Flora a pris des rendez-vous pour cet après midi, avec Berthe et Julien, pour aller faire un tour de leurs endroits préférés du quartier.
On se dit qu’on va faire des petits livres, des livrets, une collection, dont chaque numéro racontera -par des images, des textes, des dessins, des plans- nos errances autour du 11/19. On offrira ces petits livres à qui veut, au fil des prochaines promenades.
La Veillée permanente




