L’après-midi, une partie de l’équipe est à la Médiathèque. On lit des textes, on discute, on raconte le tournage du matin en haut du terril. Tout en haut ? Non, pas tout en haut, sur la plaine. Les bibliothécaires plaisantent. Ah, ça va alors ! Et puis dans un lit à boire du champagne !
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mariée du matin
qu'est-ce que ça changerait ?
On s’est levé à 6h30, pour être à 8 heure en haut, sur le plateau des terrils, avec le lit et tout le barda, prêts à tourner. On voulait y être avant le lever du soleil. Le soleil ne s’est pas levé du tout. Le brouillard était dense, tellement dense que les terrils, à quelques mètres, étaient invisibles. Le plateau, c’était la Sibérie, la toundra. Du blanc-gris-bleu à l’infini. Les quatre filles dans un lit qui chantent et rient. C’était très beau et si froid, si froid, que la caméra givrait entre deux prises. Il lui a fallu une couverture. Guillaume a dû passer la perche parce qu’il ne sentait plus ses mains. Frantz était là. Il nous a bien aidé à monter le lit, à le démonter pour l’alléger, et tout. On est rentré plus fourbus que jamais. Congelés. Vraiment. Mais c’était un bon moment ensemble. Là haut, on a pensé aux mineurs qui allaient au charbon à 3 heure du matin, à pied, en plein hiver.
On se souvient d’une dame qui nous a raconté que son mari faisait 2 heures de marche pour aller travailler, et pareil au retour, et qu’il a jamais raté le travail. Elle nous a raconté qu’un jour, d’épuisement, il s’était endormi sur le bas côté, et qu’ils l’ont retrouvé là, dormant sur le bas côté.
On va pas se plaindre parce que comme dit Sandrine qu’est-ce que ça changerait ?
la toundra
préparer et tourner
la cuisine et la maison
Ce soir, pendant que certains travaillent à la base, les autres sont en tournage dans le cuisine de Berthe. On avait besoin d’une cuisine pour tourner une scène entre Yann et Julien. Et Berthe, toujours serviable et si accueillante, a vu toute une flopée de gens arriver chez elle, comédiens, réalisateur, techniciens. Elle fait du café pour tout le monde.
On lui dit désolés, on envahit un peu votre maison ! et elle répond c’est votre maison !
les cinq

Pignon-Lorraine-la Base
Promenade dans le quartier, entre Pignon et la place Lorraine, la place Lorraine et la base. Toute petite promenade, au moment où la lumière est belle. On a rencontré des jeunes du quartier qui ont envie de faire des actions avec nous, des films, du théâtre, quelque chose.
Vous avez un appareil, vous faites des photos de quoi ?
De vous, si vous voulez ?
Super !
On va pas les oublier.
la lune, la boue, les merles et le chti terril
les grands tabourets
Aujourd’hui, Didier, Marie, Catherine et Yann son partis faire du théâtre dans le quartier. Ils ont préparé des textes, à partir de toutes les rencontres qu’on a faites ici. Et ils sont allés les jouer chez Madame Caron, chez Claude et Colette et à l’EPAA. Ils trimballent leurs grands tabourets de bars. Les même qu’on utilise à chaque veillée.
Martine n’arrête pas de monter les films, tous ces films qu’on ramène de partout.
Les autres sont en tournage. Ils tournent une longue scène sur le terril.
Ça tourne, on se relaye. Un coup comédien pour le film, puis technicien, preneur de son, scripte, puis écriture de texte, puis promenades dans le quartier. On fait tous un peu de tout. On passe d’une chose à l’autre. On jongle et on essaie d’être dans le quartier encore et encore. Et puis cet après midi et ce soir ça continue, à Shopi, et puis à l’Amicale, avec les médaillés du travail.




