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une chaise au soleil

Au Centre social et culturel Max Pol Fouchet, il y a des choses affichées partout. Plein plein d’expos sur plein de sujets. Sur les poilus de la grande guerre, sur la guerre et sur la paix, sur les souvenirs – je me souviens… – sur des livres, sur Keith Haring, sur les haïkus, sur des objets-portraits… des objets qui représentent des personnes, des objets-autoportraits, exactement comme on a l’habitude de faire dans les veillées, au fil des pas de porte, des objets culturels, de la culture de chacun, deS cultureS.
Il y a aussi des tables qui ont des pieds chaussettes, un presse-purée volant, une étrange créature artisanale cachée entre deux buissons, dans le patio, un barbecue qui sent bon, et une chaise au soleil.

Zone hors AGCS

Depuis qu’on en parlait. On y est. A Méricourt. A la Cité des Cheminots. Ce midi au repas, à la cantine du pôle de formation des cheminots on a parlé des gens qu’on connaît et qui travaillent ou ont travaillé à la SNCF. Le père de Didier était cheminot, à Hazebrouk. Il fabriquait des convois. Il mettait les wagons les uns derrière les autres pour constituer des convois. Après il a été muté aux aiguillages mais ça ne lui plaisait pas. On a parlé d’amis qui ont fait des formations pour conduire les trains ou qui sont contrôleurs comme Jannick M. à Lillers. Ou Daniel Maréchal. Ou Gino Lecocq. Flora prend des photos du Q.G, l’endroit où on est installé, au centre Max Pol Fouchet. On est très curieux de découvrir la cité des cheminots qui s’étend sur Méricourt, Avion et Sallaumines. Notre Q.G est la salle Boby Sands. Méricourt est déclarée par la mairie zone hors AGCS pour la préservation de l’ensemble des services publics.

Méricourt / Avion / Sallaumines

On essaie de repérer sur le plan la Cité des Cheminots. C’est à l’extrémité de Méricourt, à la frontière de Sallaumines et d’Avion.
A midi, on est allé manger à la cantine du pôle régional de formation de la Sncf. On a bien mangé. Le pôle de formation est juste à côté du centre de maintenance, là où on répare les trains. On y a rendez-vous jeudi, pour visiter.
Cet après-midi, Didier et Flora ont rendez-vous avec un buraliste-peintre qu’on avait vu dans le film Mon Louvre à moi, de Pascal Goethals, en octobre, au Colisée de Lens.

Fouchet / Hotte / Sands

On est arrivé ce matin à Méricourt, au Centre Social et Culturel Max Pol Fouchet. Il y a plein de monde ici, et un accueil chaleureux de Françoise, Marie-Jo, Martine, Mickael, Chantal, David et toute l’équipe…
On n’est pas tout à fait au complet : il manque Martine, qui nous rejoindra mardi prochain. C’est étrange de commencer une veillée sans Martine.
Les danseuses et danseurs nous rejoignent jeudi : Ifra, Hassan, Camille, Dorothée et Mathilde.
On a rencontré Ifra à la veillée de Guyancourt, en mars. Ifra est un des fondateurs de Black Blanc Beur.
Flora loge au foyer des personnes âgées Henri Hotte. Elle y a un petit appartement aménagé exprès pour elle, dans la résidence.
Ce matin, au Centre Culturel, on a installé notre QG dans la salle Bobby Sands. On repense au film de Steve McQueen, Hunger, qui raconte la grève de la faim et la mort de Bobby Sands. On avait vu ce film – et on en avait beaucoup parlé entre nous – quand on était en veillée à Saint-Médard-en-Jalles, à côté de Bordeaux.
Il y a plein de gens à rencontrer ici, et plein de lieux à visiter, et une Histoire à apprendre, les cheminots, la résistance, et tout.
On est impatient de commencer.

Mardi 02/06/09

Partir du 11/19, rejoindre la Place Lorraine et s’engager rue Toulouse Lautrec.
Rue Toulouse-Lautrec, les maisons font face aux terrils sans que rien n’en altére la vue. Bientôt, il y aura sans doute de nouveaux habitants car un chantier est en cours. Je regrette que les travaux ne soient pas suffisamment avancés pour trouver sur ce chantier des boîtes à lettres et y laisser notre tract « Le temps du 11/19 ». Je me dis que ça aurait pu être une manière de souhaiter la bienvenue aux personnes qui s’installeront là et qui n’arriveront que dans 3 mois, 6 mois, 1 an…
Sur le chemin, une jeune fille dessine au bord de sa maison. Le temps de lui parler de la compagnie, une feuille de dessin s’envole emportée par le vent. Je cours pour la rattraper et la rendre à cette dessinatrice en herbe pendant que j’explique notre démarche à son père qui me rejoint, la démarche de la compagnie HVDZ, celle des « Veillées ».
Plus loin trois jeunes discutent sur leurs vélos et m’écoutent avec une attention inégale mais déjà le rendez-vous est pris pour notre prochaine »Veillée du 11/19″ en septembre prochain.
Et puis il y a Julien qui sort furieux de sa maison après que j’ai déposé « le temps du 11/19 » dans sa boîte à lettres. Il me dit que je me suis trompé de boîte, que ce n’est pas du courrier, qu’il y a même pas de timbre et qu’il commence à en avoir ras-le-bol que sa boîte à lettre soit encombrée. Julien, c’est pas un petit bonhomme, « il a du caractère » comme il me dit. Je blémis mais prends le temps de lui expliquer. Julien, il connaît Culture Commune et Armelle qui y travaille. Il me dit « Ok après tout on s’en fout » en me reprenant des mains le papier et surtout « passe le bonjour à Armelle ».
Sur le retour, je regrette de ne pas avoir assez de tracts car il y a encore tant de boîtes à lettres et de personnes à rencontrer.
O.F.

Mardi 26/05/09

On est allé avec Olivier distribuer des tracts autour du 11/19. On a fait la première rue à gauche en sortant de la fabrique. J’avais froid et j’étais un peu malade, alors j’ai eu du mal à me mettre dedans. Mais on a commencé par mettre des infos dans les boîtes aux lettres et puis on a tapé aux portes. On a rencontré un homme qui connaît Culture Commune. Sa femme y a travaillé avant, il y a longtemps me dit – il, c’était à Aix Noulette.
Donc, cet homme, nous a raconté qu’il était en arrêt maladie, ses os se calcifient. Il nous dit : Comment s’est possible, je ne bois jamais d’eau ? Il conduit un camion de 16mètres. Le plus longtemps que j’ai fait c’est 21 heures d’affilées !
Je dis, c’est fou, comment vous faites ?
Il me dit, vous, vous restez bien dans un bureau ? bin moi ça je pourrais pas !
Je dis bin voui, mais moi j’y reste pas 21 heures de suite !
Son patron, il ne l’a qu’au téléphone et c’est très bien comme ça, tranquille, seul, dans son camion.
J’aime pas les gens dit – il, non c’est pas que j’aime pas les gens, j’aime pas comment ils sont ! Ils parlent toujours de la même chose, des sous… On a parlé longtemps.

On dit aux gens qu’on vient donner de nos nouvelles, et prendre des leurs. Ça  surprend parfois, et parfois le gens se mettent à parler, à raconter. Dans l’ensemble, on s’aperçoit que les gens connaissent ce qu’on fait, ou alors, ils connaissent Culture Commune, ils savent qu’aujourd’hui, sur l’ancien carreau de fosse, on y fait du théâtre. Et parce qu’il faisait froid, ce mardi, tout le monde nous souhaitait bon courage.
Après une heure on est rentré les yeux brillants et les joues rouges et tout échevelés a dit Sandrine. On était content d’être allé flâner dans le quartier  du 11/19. M.D