Une des frontières du quartier du Banc Vert – dit aussi Le Quercy – c’est Le Tunnel qui s’attrape par la RDF : et là on sort du quartier en quittant la Dordogne.

Une des frontières du quartier du Banc Vert – dit aussi Le Quercy – c’est Le Tunnel qui s’attrape par la RDF : et là on sort du quartier en quittant la Dordogne.


Iza, dans le quartier,
C’est Hard, dans la mesure
Où chacun sa merde et dieu pour tous,
Mais bon bref,
Tout passe er rien ne s’efface.
Ici c’est Rude, voir,
Rudimentaire, et
Toute chose vient à point
À qui sait attendre.
Tarik ASD – Quercy – Love.
… Un temps suspendu lors de notre première après-midi dans le quartier du Banc Vert… Dealer de mots…<3
« Où on peut me trouver ? Ici. Je suis là de midi à minuit. Je vends des mots. »


Il faisait beau aujourd’hui au Banc Vert. On a fait le tour des rues, on nous a montré les différents blocs, ceux qui sont habités, ceux qui vont être détruits, ceux qui sont tout neufs mais pas bien pratiques. Ici, comme un peu partout, l’ANRU suit sa course, « ça coûte moins cher de détruire que de renover » nous dit-on. Le Banc Vert c’est aussi parfois le Querçy – ou Kercy, du nom d’un des anciens bâtiments qui a été détruit en 2008. C’est aussi plusieurs petits quartiers, des lieux dits qui s’entremêlent : il y a le RDM (la rue du Marais) et le RDF (la rue de la Ferme), il y la Fenaison et Gro Harlem. Le Banc Vert, c’est ce bout de Petite-Synthe : entre la rue de Cahors, la rue qui porte le nom du quartier (celle qu’on prend pour arriver au collège Lucie Aubrac), l’avenue de la Villette (celles avec les concessionnaires autos, pas très loin du Lidl), et l’avenue de Petite-Synthe, la grosse avenue avec beaucoup de trafic, mais qui t’amène partout.
Au cœur du quartier, on passe de la résidence des Cévennes, à celle de la Dordogne, du Limousin, du Périgord, de la Gascogne, du Languedoc puis à celle de la Creuse et de Gambetta qui sont les deux prochaines à être « abattues ».
Entre les Cévennes et la Dordogne, Rania nous raconte les délogements-relogements suite aux plans d’urbanisation : l’histoire de ce monsieur qui habitait Gambetta qui ne voulait pas en partir parce que ça faisait 30 ans qu’il était là et que ces habitudes aussi étaient là. Il ne voulait pas partir tant qu’on ne lui proposait pas une maison dans le quartier : il n’a pas lâché et a emménagé rue du Cahors. « Il a bien fait ».
Entre le City-Park et l’école Paul Meurisse on rencontre une autre personne qui vit au Limousin depuis 35 ans. Ses parents y habitent encore, ses frères et soeurs aussi. Il en est parti puis est revenu s’y installer avec sa femme et ses enfants. Pour lui, les quartiers ça ne peut pas changer et ça ne changera jamais, parce que peu importe ce qu’il s’y passe. Son constat est dur. Pas un café, pas une boulangerie, pas une presse, par une tireuse, pas une épicerie.
Au pied des Ebènes, on croise une bande, intriguée. On leur raconte ce qu’on fait ici, Isabelle a droit à un poème. On se dit au revoir, on se recroisera.


Banc Vert. Nathalie et Rania nous ont guidés dans le quartier. De retour à Dunkerque pour une dizaine de jours. Quel après-midi ! On a vu un nombre de gens incroyable grâce à nos excellentes guides. Elles font un travail remarquable sur le territoire. Elles connaissent tout le monde et ont un mot aimable pour chacun et chacune. C’est une chance de passer l’après-midi avec elles. Toute l’équipe a pu ainsi apprécier la diversité du quartier. Alexandre qui a rejoint Hvdz au Banc Vert a tout filmé. On pourrait dès aujourd’hui faire un spectacle avec tout ce qu’on a glané ce jour de démarrage de Veillée. De paroles, d’images, de rencontres. Ce serait comme un conte de géomètre. On raconterait comment une équipe d’arpenteurs se présentent aux habitants du Banc Vert avec deux fées.
