Retour dans les hauts de France

Tout le monde est rentré à ch’baraque encore plein de souvenirs en tête. Il faut préparer de suite le prochain rendez-vous avec tout le groupe, fin avril. On se retrouve tou-te-s à Etampes pour aller, cette fois, questionner les habitants d’Etampes sur leur vision de la psychiatrie et de la présence de l’EPSM sur un tiers de la ville. On a hâte. En attendant, on va bosser au bureau sur ce projet et les futurs projets à venir avant août. Guy est parti en Corrèze avec Pierre et Christophe pour une tournée de La Brique. Ils reviennent fin de semaine. Les membres de la compagnie sont éparpillés dans le temps et l’espace mais ça veut que ça vit, qu’on a des projets et qu’on en redemande.

Les carbonnades flamandes de la cantine

Monsieur le cuisinier ou madame la cuisinière, est ce qu’il y avait de la gueuse dans vos carbonades de ce midi à la cantine ? Et de la cassonade, il y en avait ? Ou du pain d’épices, c’est bien aussi le pain d’épices : ça casse l’amertume de la bière… Et est-ce que la cuisson a duré longtemps, genre 16 heures au four à 140° ? Et les frites, ont-elles bénéficié de deux bains d’huile ? C’est mieux pour le croustillant et avec un filet de vinaigre, c’est encore meilleur… et servi dans un cornet de papier, c’est l’extase !

Du coup, j’ai mangé de la tarte au fromage.

Chanter/danser/bonheur

Chanter, ça rend heureux

On a chanté sur les terrasses et ça nous a rendu heureux et les gens autour de nous avaient l’air heureux aussi.

On n’a pas chanté comme des choristes parce que ce n’est pas notre métier, on a chanté avec notre cœur et avec nos tripes. On y est allé de bon cœur et on ne pouvait plus s’arrêter alors on a continué et les gens se sont mis à chanter avec nous.

On ne s’était presque pas entraîné, on n’a pas eu beaucoup de temps alors on a demandé aux gens d’être indulgents et les gens ont été gentils avec nous : ils ont fait semblant de ne pas entendre nos couacs et nos contretemps alors on a continué et on ne pouvait plus s’arrêter et les gens se sont mis à chanter avec nous et on a continué et on ne pouvait plus s’arrêter et les gens se sont mis à chanter avec nous alors on a continué et on ne pouvait plus s’arrêter… Chanter, ça rend plus qu’heureux !

 

Danser aussi, ça rend heureux

L’adage était rangé dans nos mémoires depuis décembre, on l’avait emballé avec mille précautions dans du papier de soie pour ne pas l’abimer comme un objet précieux auquel on tient et puis on l’avait préservé de la lumière, des courants d’air et des intrusions.

L’adage est intact et la lenteur aussi.

On a refait les gestes pour être sûr et répété les mouvements un par un et à la fin, on se sent bien. La peur a laissé place au plaisir d’être ensemble pour danser sans brusquerie ni brutalité et ça change la vie et ça rend heureux.

Et Michel et Jean Michel ont dansé avec nous, tout doucement et si joliment qu’on ne pouvait pas s’empêcher de les regarder et de se dire que Michel et Jean Michel sont des poètes libres et silencieux.

Danser, ça rend plus qu’heureux !

 

 

 

Au son du clavier…

François enregistre Marie qui tape à l’ordinateur. Il n’a pas voulu que Lucien s’en charge parce que Lucien n’a qu’un PC, et le son des touches d’un PC ne l’intéresse pas. Marie ne doit pas faire semblant, elle doit écrire vraiment, quelque chose qu’elle a envie d’écrire.

Tout nos accompagnateurs de cet Instantané sont partis, il faut qu’ils se reposent, demain il faudra assurer pendant deux répétitions et une représentation.

Après notre folle chorale nous sommes allé tracter pour certain.e.s d’entre nous tandis que Christophe, Bouchra et Sylvie ont préparé l' »adage » (ce n’est pas l’adage d’origine mais c’est notre façon de parler de la lente danse qui sera interprété vers la fin du film, sur un fond blanc). Et puis l’équipe des tracteurs est venue assister au rendu de ce travail. Et là, dans un élan de grâce, Michel et Jean-Michel ont effectués les mouvements en miroir, dans un silence saturé par les émotions des spectateurs passifs.

Pendant cet instant-là, nous voulions être nulle part ailleurs.

Rencontre sur la terrasse

Il y a toujours une rencontre quelque part. On se croise, on se frôle, on se voit. On s’approche, on fait un pas en avant. On va chercher l’autre, on lui offre une histoire. On rentre dans sa vie, on rentre dans son histoire à vie. On laisse une trace dans sa mémoire, on a partagé, on a vécu ensemble.                                         On s’est parlé.