Ce serait un texte

On envahit le QG, à grande vitesse, comme souvent, avec nos papiers indispensables – plans du quartier, plannings de la semaine, tracts, feuilles de citations, petit journal de la ville…- nos ordinateurs – pour le blog, les montages vidéo, les textes, les photos – les crayons, les livres, imprimante et caméras, les gobelets de café et les paquets de biscuits et de pruneaux, et tout. On envahit vite l’espace donné. Y’a qu’à voir : on est arrivé pas plus tard que ce matin et il y a déjà de nous partout dans la salle. On résiste rarement au plaisir de faire une photo de la table commune envahie. On se dit qu’aujourd’hui, pour changer, ce serait un texte qui dirait On envahit le QG, à grande vitesse, comme souvent, avec nos papiers indispensables …

Café crème et thé à la menthe

Lasagnes à midi, au QG. Tout va vite.
On passe à la Maison de Quartier des Bois Blancs, la grande et vivante maison de quartier. Et puis Khaled nous emmène voir le groupe Café crème et thé à la menthe, où, chaque jour de la semaine et aussi le samedi, et aussi le dimanche, se réunissent des habitants du quartier, pour jouer aux dominos ou aux cartes, pour discuter. Lieu de convivialité accueillant où on est bien reçu. Agréable moment où tous se prêtent au jeu des petits interviews. On est impressionné par la virtuosité avec laquelle ils tiennent les dominos et les font claquer sur la table, tout en répondant à nos questions.

Chalet

Interview du matin de l’arrivée. Karim Haddi gère le Chalet, la structure d’accueil des 16-25 ans. Karim parle avec une très grande sincérité et beaucoup de modestie. Travailler à la responsabilisation, favoriser une autonomie qui servirait pour la suite. Il y a plein de jeunes qui ne savent pas où aller, et tellement de mauvaises orientations, et pas de travail, ou juste des contrat d’accès à l’emploi. Précaires. Bancals.
Quatre-vingt jeunes, dont certains sont dans le conseil d’administration de l’association qui gère le Chalet.
Karim est originaire d’ici, a grandi ici, aux Aviateurs, alors bien sûr, c’est grâce à la politique du grand frère qu’il est là, ça aide pour démarrer, mais c’est pas toujours facile de dire non à ceux avec qui il a grandi, de mettre des limites.
Le quartier est un village, qui est agréable à vivre.
C’est un beau lieu, le chalet. C’est architecturalement chaleureux. Baby-foot, TV, ping-pong, et tout.
Et les projets sports d’hiver, et les voyages, à Rotterdam, Munich, et bientôt Naplouse.
Travailler sur la mixité sociale. C’est tellement difficile de faire venir les filles, de faire des activités qui réunirait filles et garçons. Ça devrait être possible, mais il manque des moyens.
Il manque tellement de moyens. Alors c’est tout dans l’urgence. Pas assez d’animateurs. Tout est dans l’urgence, alors, au lieu de faire de la prévention, de faire des choses sur le long terme, on fait au plus pressé. Du coup, oui, faire venir les filles ce serait bien, mais l’urgence est ailleurs, tout le temps, et il n’y a pas le temps, ni de solution facile.
Sortir, organiser des concerts, aller en voyage ou au théâtre. Éveiller la curiosité. Parce qu’il n’y a pas que les cultures urbaines pour les jeunes des quartiers. La boxe, le rap, le foot, c’est bien mais ce n’est pas tout. Faut jouer avec ça. C’est une amorce possible pour aller vers d’autres choses.

arrivée

Arrivée au métro Bois Blancs depuis Lille Flandre. Avenue de Dunkerque. Rue de Cassel en face de la polyclinique et jusqu’à la rue Guillaume Tell, à gauche, puis Gobin, puis Chaplin, et Mermoz. Il y a beaucoup de monde devant notre Quartier Général, la Salle de la Concertation, pour nous accueillir. L’équipe du Grand Bleu, Françoise, du comité d’animation des Bois Blancs, Antoine, qui fait cette veillée avec nous, qui fait un stage, dans le cadre de sa formation en animation sociale et socioculturelle.
Du beau monde. Et Olivier, qui est arrivé avec le camion, avec notre matériel, Olivier qui se plie en quatre, comme d’habitude. Et Didier qui revient de New York avec une Chapka qu’il avait achetée avant de partir. Et Martine, qui a perdu son manteau, qui l’a jeté dans sa voiture et qui, en fait, l’a jeté hors de sa voiture vu que la porte était ouverte. Et Guy, qui dit qu’il veut bien un peu de brioche du catering et Jérémie, qui dit qu’il aurait aimé vivre ici, aux Bois Blancs.