
Veillée # Beauport (Québec)
Rencontre à la MJC
Hier soir on est allée avec Martine et Marie à la maison des jeunes, rencontres avec 4 jeunes filles.
Eve, Emmy, Laurène, et Molly sont représentantes de leur maison des jeunes de quartier. Elles font partie du conseils d’administration et se retrouvaient hier avec Christian pour la première fois de l’année afin de penser ensemble à améliorer les actions. Molly dit l’école développe notre intelligence et la maison des jeunes nous apprend à vivre. Toutes les trois disent que c’est une belle chose pour les jeunes, qu’elles se sentent guidées par les animateurs.
On a passé un moment là, avec ces filles qui en veulent, et qui se battent pour leurs maisons des jeunes, qui s’investissent pour que cet endroit leur ressemble !
Eve, Lauréne, Molly, Emmy

rencontre du matin
Rue Royale, au 505, nous avons rencontré France et Michel Nigen. Tôt ce matin, ils nous attendaient dans leur belle maison, qu’ils ont transformée en galerie de peinture. Michel Nigen peint. Nous étions tout entourés de peintures à dominante jaune. Des peintures inspirées pour la plupart par des paysages naturels. France est infirmière ; on lui a dit qu’on a fait un travail similaire à celui qu’on mène à Beauport à l’hôpital général de Lens. France et Michel ont tenu un gîte dans la maison qu’ils habitent aujourd’hui. Michel a vendu de nombreuses toiles aux gens qui venaient passer du temps au gîte. Jamais, dit-il, je ne lançais la discussion sur la peinture, ça se faisait automatiquement au petit déjeuner, en général, et beaucoup de gens repartaient avec un tableau. Souvent devant leur maison ils voient passer des pèlerins, comme sur le chemin de St Jacques de Compostelle ou sur la via Francigena.
Une belle matinée
Michel Nigen est originaire de Quimperlaix en Bretagne. Il vit au Québec depuis 48 ans. Dans ces toiles, on retrouve des souvenirs de la Bretagne, des plages bretonnes. Si dans les toiles accrochées dans la maison prédomine la couleur jaune, Michel Nigen a peint les côtes bretonnes en bleu et blanc… On a beaucoup parlé de l’histoire de Beauport et de l’histoire du Québec. De l’espoir que l’éducation puisse un jour mettre un terme à l’ostracisme. On a parlé de la France et de la façon dont sont traités les roms et les réfugiés à Calais. Ou les travailleurs d’Afrique du nord. On a parlé de La Louisiane ; France et Michel nous ont dit que le mot cajun vient du mot acadien. On s’est rendu compte, pendant la catastrophe de Catherina en Louisiane que beaucoup de gens aujourd’hui encore parlent cajun ou français dans ce coin des États-Unis. France et Michel pensent que cela reprend, que les gens ont besoin d’affirmer leur identité et que ça passe par le langage (qui est la demeure de l’être). France et Michel ont dit chacun une citation pour la caméra. Ensuite Michel nous a emmenés de l’autre côté de la rue où se trouvent les Résidences du Vieux Beauport, un hébergement spécialisé pour les personnes atteintes d’une maladie mentale. Nous avons convenu d’une rencontre la semaine prochaine avec les danseuses et d’organiser un temps d’échange.
Histoires avec un grand S
Michel et France Nigen sont les premiers, depuis que nous sommes arrivés au Québec à nous parler des amérindiens. Et pourtant, Nous sommes sur les terres qu’ils ont foulé tant d’années avant que les européens n’arrivent. Ils ont construit l’histoire du territoire et ils sont toujours présents au Québec aujourd’hui. France nous dit que la communauté indienne installée à Québec est bien intégrée si l’on compare à d’autres endroits du Canada où des populations entières sont installées dans les territoires dits « du Nord », dans le Nunavut.
France renchérit en nous disant que Québec a longtemps été la ville la plus importante d’Amérique du Nord car c’est là qu’arrivaient tous les voyageurs, que s’affrétaient les bateaux.
Nous, on écoute, ce partage historique nous plait. Il nous rappelle que l’histoire est multiple et qu’il est nécessaire qu’elle continue de se transmettre. Par la peinture, la parole, les rencontres. L’art.
Michel Nigen nous a montré ses peintures
Chut…

et au fond coule le Saint Laurent

au club de fermières du Québec

