mille choses

Ce matin, tout le monde est arrivé sauf Charlotte qui jouait hier soir vers Lyon avec la fanfare Circa Tsuïca et qui arrivera en début d’après midi, si la neige lui permet.
Tout le monde en pleine action, déjà. C’est Dorothée qui a fait l’échauffement, et demain ce sera Marie. Ça tourne. Faut dire que Howard ne viendra pas cette fois ci. Il est loin là-bas à Montréal, et dirige l’école de cirque. Martine a préparé de nouvelles bandes sons, avec des extraits d’interviews de veillées, de témoignages. Bertha qui dit qu’elle est un oiseau et qu’elle vole de branche en branche. Et qu’il y a des belles branches, et des branches cassées qu’on ne pourra jamais réparer. Est-ce que Bertha est toujours là ? à la maison de retraite de Loos en Gohelle ? envie d’aller la voir et peur d’y aller. On entend aussi le couple des personnes âgées de Houchin qui parlent du pacifisme, et du patriotisme, de tout ce qu’on leur avait mis dans la tête après 1914, contre les allemands, et à cause de quoi ils étaient partis s’engager en 1939, et leurs désillusions…
Guy a rallongé et transformé ses textes. Et il veut essayer de croiser des images d’art classique et de visages des gens rencontrés au fil des veillées.
Camille et Julien regardent leur duo sur une télé. Se remettre en mémoire ses passages. Répétition de l’adage. Se redire les anecdotes et autres textes.
Installer son coin, ses caméra, livres, ordinateurs, et tout.
C’est la reprise et c’est aussi la dernière ligne droite, il y a mille choses à faire et c’est déjà l’heure de manger.

Atomics J-4

C’est vraiment la dernière ligne droite. Le dernier smatch. 3 jours de répétition avant la rencontre avec le public. Et puis on joue 3 fois à Loos en Gohelle. Dans la foulée, 2 fois à Mulhouse. Quelques jours en mars à Béthune. Un soir à Douai en Juin. Le décor est planté dans la nef de la Fabrique. Les techniciens magiciens ont fait un travail énorme en quelques jours. Le temps de retrouver nos repères et de caler quelques changements et cet après midi, on tentera un nouveau filage, un enchainement de tout le spectacle. On a une nouvelle proposition de Portrait de Villages. En Juillet, à Estrée Cauchy, Hermin et Gaucourt. Et un autre village dont j’ai oublié le nom. Il a neigé. Le bassin minier est tout blanc. On va faire du ski sur les terrils.

reprise

Demain reprise des répétitions des Atomics. Pour trois jours. Puis mardi jour de break. Et puis trois jours de représentations à Loos en Gohelle chez Culture Commune. Puis on va jouer deux jours à Mulhouse. Et cette première partie de travail non stop de l’année prendra fin (en partie) le 16/2/12. Que d’expériences accumulées en si peu de semaines! L’Instantané au lycée de l’Europe à Dunkerque, avec le Bateau Feu. Puis les quinze jours de Veillée avec l’Hippodrome à Lallaing et Flines les Râches. Le forum hier à la Condition Publique et maintenant les Atomics.  Tous les artistes extérieurs à la région sont logés à Lorgies. A la frontière du nord et du Pas de Calais. La météo annonce des températures polaires pour les jours à venir. Que chacun prenne des gros pulls et de quoi lutter contre le froid. Il risque de faire froid dans la Fabrique. La Fabrique est un hangar industriel, mal isolé des intempéries mais on sait que le chauffage marche bien. Par ces températures sibériennes il vaut mieux cependant prévoir. Il nous reste beaucoup à faire. Dans tous les domaines. Il nous faut ménager les organismes. Trois jours de répétition pour tout revoir et inventer. Encore.

les atomics (J+9)

On a eu une grosse discussion sur les salaires. Puisque tout le monde n’est pas payé de la même façon dans la compagnie. On avait essayé au Ballatum de faire en sorte qu’on ait tous le même revenu. Avec le système de l’intermittence, c’est difficile à tenir. Parce qu’un même salaire pour tout le monde impliquerait que tout le monde ne travaille que pour la compagnie. Dès que quelqu’un travaille pour une autre compagnie l’égalité n’existe plus. C’ est ce qui fait qu’au Ballatum, on avait arrêté ça. Parce que selon la plus grande reconnaissance des uns ou des autres, on avait ou pas la possibilité d’aller faire des cachets ailleurs. Les permanents se retrouvaient lésés par rapport à ceux qui avaient la possibilité de se vendre dans d’autres théâtres. Au Ballatum il y avait trois personnes à l’administration (permanentes au régime général),  et les autres étaient tous intermittents. La seule vraie possibilité d’égalité des salaires, c’est ce que pratique le théâtre du Soleil. Quand une personne s’engage avec le théâtre, elle s’engage pour deux ans et elle devient permanente de la compagnie avec l’impossibilité d’aller travaillers ailleurs. A HVDZ on pratique des différences de salaires selon deux critères. L’âge et l’ancienneté. C’est ce qu’on a trouvé de moins pire.

au jour le jour

On écrit tous les jours que dieu fait pendant le temps des Veillées Un deux trois dix quinze vingt articles par jour Et plus de photos encore On tient un blog Blog Blog Blogblog blog C’est une façon de tenir les gens d’un quartier d’un village d’une ville au courant de ce qu’on fait pendant une Veillée Au jour le jour Heure par heure Travailler sur le temps Le temps des amateurs Le temps des amoureux On est tombé amoureux de toutes les villes qu’on a traversées On n’en sort jamais indemne On en sort un peu fou Fou d’amour de Wingles, de Dunkerque, de Loos en Gohelle, de Maisnil les Ruitz, des quartiers nord de Bourges…

lucien suel

Je me souviens d’une route. Je me souviens d’une chanson de Gérard Manset. Je me souviens de quinze jours de travail sur Les Atomics. Je me souviens de la représentation des Atomics, jeudi soir à la Base 11/19. Je me souviens de la gare de Lillers. La gare de Lillers représentait le début du voyage. A la gare de Lillers, on n’était déjà plus là. On était déjà parti. On avait quitté les corons. Au retour le train s’arrêtait à Lens, Béthune, Lillers, Berguette, Hazebrouck et Dunkerque. On retourne à Dunkerque pour le Bateau Feu dès la deuxième semaine de janvier. Berguette se trouve dans les environs d’Isbergues, la ville de Lucien Suel dont il parle au début de son dernier livre, d’azur et d’acier. Il quitte Isbergues un matin d’octobre 2009 pour se rendre en train à Fives. Pour écrire. J’ai entamé le livre hier. C’est un vrai bonheur. Je me souviens qu’à l’école je n’aimais pas la poésie. On aurait du commencer par Lucien Suel ou des poètes de la Beat Generation. Burroughs, Ginsberg, Kerouac… Dans le train qui l’emmène d’Isbergues à Fives, Lucien Suel lit John Fante. La vie est une gare, bientôt je partirai, pour aller où? J’en sais rien.