grand palais

Notre présentation au Grand Palais s’est bien passée. Il y avait foule. Des apprentis de toute la région étaient présents. Des jeunes lecteurs (apprentis-compagnons pour la plupart) ont participé au film spectacle. On avait bien répété la veille et ils (elles) ont été parfait(es). Trente deux minutes qui parlent d’apprentissage, d’art et de culture. On y voit les jeunes interpréter des rôles. Et raconter leur engagement d’apprentis. Un beau moment partagé avec tous ces jeunes gens. Une chose nous a particulièrement marqués, c’est la difficulté d’une grande partie de ces jeunes apprentis à trouver une entreprise (dans le cadre de l’alternance de leur apprentissage, école/entreprise). Et comment dire… mais peut être que c’est normal et nous ne sommes pas suffisamment renseignés, il y avait peu de représentants du monde de l’entreprise. Mais ce qu’on a pu entendre de ce côté là, de la part des ressources humaines de grosses maisons, n’a pas varié d’un pouce depuis tant d’années. Il faut correspondre à un profil type, caricatural du bon salarié pour être embauché. Propre sur lui et prêts à tout pour servir l’entreprise. Comme si une crise n’était pas passée par là qui démontre la faillite d’un système économique, d’un système de relations au sein de l’entreprise. Comme si on n’avait pas aujourd’hui encore suffisamment de preuves qui démontrent que le néolibéralisme mène le monde à la catastrophe. Les directions des ressources humaines devraient faire montre de moins d’arrogance. Et parler des gens et avec les gens autrement. S’il fallait brimer certaines paroles, ce ne sont pas les paroles d’apprentis …

fantaisie

Comme il y des chansons obsédantes, qui vous poursuivent toute une journée ou parfois toute une vie, il y a des poèmes qu’on n’a jamais complètement oubliés. Immuables. Comme une maison, ses fondations (de briques). Au lycée d’Auchel avec madame Lebaron au cours de français on nous avait demandé d’apprendre une poésie qui parle de ça. Si je m’en souviens, ça dit :

Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber, (on devrait dire Weber mais on dit Webre pour la rime)
Un air très vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets.

Or, chaque fois que je viens à l’entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit :
C’est sous Louis treize (c’est un peu lointain, mais bon ça a été écrit en 1832, par Nerval. Qui a fini sa vie pendu à un lampadaire. Mais ça n’a rien à voir. Je reprends au début (au début du poème) pour qu’on comprenne bien si il y a quelque chose à comprendre… Est ce qu’on comprend une poésie ou est qu’on l’éprouve? C’est la question. Une autre. Une autre question, je veux dire! Nil est in intellectu quod non fuerit prius in sensu. Comme un paysage d’ailleurs. Tu montes sur un terril, tu regardes tout autour! Est ce que tu comprends quelque chose? Tu commences par ressentir et après tu cherches à comprendre. Comme un accident grave ou la mort. Reste à savoir si la mort, on comprend un jour. Comment se remettre de la disparition de quelqu’un qu’on a beaucoup aimé et qui a disparu pour toujours. Chaque fois unique, la fin du monde.)

Et je crois voir s’étendre
Un coteau vert, que le couchant jaunit,

Puis un château de brique (ça ne s’invente pas, n’est ce pas ?) à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs ;

Puis une dame, à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
Que, dans une autre existence peut-être,
J’ai déjà vue… — et dont je me souviens !

(à suivre)

Aujourd’hui et demain, on est au grand palais à Lille pour les journées de l’apprentissage. Aujourd’hui on répète avec les jeunes apprentis-lecteurs et on met en place toute la technique etc et cet après midi on fait plusieurs enchaînements. La représentation a lieu demain matin à 10h. Devant des centaines de gens qui viennent débattre et parler de l’apprentissage en général et en particulier dans le Nord Pas de Calais. La semaine prochaine on sera au centre social d’ Haubourdin pour travailler sur le développement durable et la semaine suivante on fait un portrait (un Instantané) à Dunkerque au lycée Jean Bart. A la fin du mois, on reprend le travail sur les Atomics, phase 2, la phase définitive. Avec trois artistes en plus des artistes qui constituaient la distribution des Atomics, phase 1. Joris et Mathieu avec qui on a fait le labo les briques au mois d’août et la Veillée de Dunkerque. Et Julien avec qui on a travaillé en août et aussi au Lycée Voltaire de Wingles et Picasso d’Avion pour nos tous premiers Instantanés. A l’époque Julien était encore étudiant au CNAC. Et on n’oublie pas non plus qu’aujourd’hui débarquent au 11/19 nos amis de Porte 27 pour Issue 01. Ils sont de retour d’une résidence à Ramallah. Ils vont poser les premières briques de leur nouveau spectacle. Présentation et répétition publique le 25/11/11. Le lendemain de la restitution de l’Instantané de Dunkerque.

au jour le jour

Le blog égrène les jours. Impossible de tout dire. Forcément. Forcément impossible. Ce serait dépasser les limites. Il est arrivé qu’on doive enlever certaines phrases, certains articles parce que comme on dit, on était allé trop loin. On s’est promis de tenir un article par jour. Ça va faire un an. Un peu plus même. Le but est de raconter (plus ou moins) la vie de la compagnie au jour le jour. Les questionnements, les interrogations, les remises en question aussi. Là par exemple on a remis en question le fait de faire un spectacle qui s’appellerait les Briques en fin d’année 2012 et début 2013 parce qu’on a trop de propositions de Veillées et que lorsqu’on a fait nos calculs, on s’est rendu compte qu’on trouverait davantage de moyens financiers sur l’exercice 2013. On a donc prévu idéalement de créer cet autre spectacle en oct 2013. Mais ça paraît tellement loin. Il faudra qu’entre temps on fasse des temps de rencontres et de labos avec les artistes des Briques. Sinon on va perdre le fil (à plomb). Oui! Voilà ce qu’il faut faire, organiser des semaines de laboratoire, de recherche consacrées aux Briques. On peut dire tout ça sur le blog sans que ça ne gêne personne. Et on va mettre en place aussi pour le groupe des journées consacrées à l’entraînement mental. Comme on l’a fait avec le pave.org ou F. Verrier sur l’économie communiste. Et prendre du temps pour la Brique (c’est différent des Briques) aussi (à retravailler) fabriquée comme une conférence insolite pour les journées du patrimoine, en septembre dernier.

manque vous

Je n’étais plus en mesure de faire quoique ce soit le soir venu. Entre le blog, la promenade du matin, la réunion de 11H30, les essais de décor (compliqués) pour les Atomics. Le visionnage du film pour les CFA (centre de formation des apprentis). Tout est compliqué. C’est la fatigue. Passablement fatigué. Tu pensais aller à Paris hier soir et t’y renonces (trop plein les bottes). On se dit, c’est une journée qui va rouler. Et c’est invariablement les mêmes malentendus, faux horaires de trains, les mêmes décalages, les mêmes impuissances. Nous y sommes invariablement condamnés. Et ma clef qui n’ouvre plus la porte de chez moi. Tous, ils font ce qu’ils peuvent. Et Maggie qui travaille comme quatre pour que tout se passe bien. Il faut saluer l’investissement énorme de Maggie. Au bureau, on ne devrait pas laisser traîner au vu et au su de tout le monde le dictionnaire des metteurs en scène avec mon nom dedans. C’est pas normal (qu’il y ait mon nom dedans). C’est toujours la même question. Quid de l’imposture? Ça ferait presque rigoler à la fin. Et on aurait tord de se gêner. Tous les jours il faut mener campagne contre soi même.