C’était Douai

Fin du stage à Douai, avec l’école de Lomme et l’Hippodrome de Douai. Petite présentation hier soir. Après trois jours de recherche. Présentation en deux parties : un premier temps consacré plus précisément à la recherche au sein de la Compagnie « Un Loup pour l’homme » mené par Fred Arsenault. Un travail sur l’espace et le contact. On pose des règles du jeu qui permettent d’entrer en contact avec l’autre à travers tout l’espace. Principalement l’espace du plateau. Mais aussi au delà, puisque hier matin, Fred a proposé aux étudiants de faire un travail à l’aveugle, une personne guide une autre personne qui garde les yeux fermés. Ils sont allés dans tout le quartier de l’Hippodrome. Fred a expliqué au fur et à mesure de ce qui fut montré, la démarche artistique de sa compagnie et sa recherche chorégraphique. Une deuxième partie de la présentation a permis de donner un aperçu de ce qu’on a fait sur le texte d’Angelica Liddell, la Maison de La Force. La journée s’est finie tard après le pot de l’amitié offert par la scène nationale.

Sidérant !

Dans le bassin minier, on est quasiment à 50% pour le Front National. Sur l’ensemble du grand nord plus de 35%. Quelle catastrophe ! Quoi faire ? Comment retourner au travail ce matin ? A l’Hippodrome de Douai pour animer un stage ! Ça paraît dérisoire ! Quoi faire ? On pense que ce sont les conditions sociales faites aux gens, et particulièrement dans cette région, qui ont créé le dégoût et le désespoir des habitants d’ici qui réagissent de façon aberrante aux élections. Comme une provocation, un bras d’honneur ! Mais à la longue, c’est incroyablement tragique ! On a pourtant la possibilité de se donner à des idées généreuses, ouvertes et égalitaires ! Là, on a pris un gros coup sur la cafetière ! Qu’est ce qu’on fait ? 50% pour le Front National dans le bassin minier, ça voudrait dire qu’une personne sur deux que je croiserai aujourd’hui, a donné sa voix à des racistes, xénophobes et antisémites. On pense à ces gens qu’on a tués au musée juif, samedi, à Bruxelles, à la veille des élections. Quelle catastrophe ! On part travailler, un goût de cendre dans la bouche !

Lithium (Nirvana)

I’m so happy ’cause today/I found my friends/They’re in my head/I’m so ugly, that’s okay/’Cause so are you/Broke our mirrors/Sunday morning is everyday/For all I care/And I’m not scared/Light my candles, in a daze/’Cause I’ve found God/I’m so lonely, that’s ok/I shaved my head/And I’m not sad/And just maybe/I’m to blame for all I’ve heard/I’m not sure/I’m so excited/I can’t wait to meet you there/And I don’t care/I’m so horny, that’s okay/My will is good/I like it I’m not gonna crack/I miss you I’m not gonna crack/I love you I’m not gonna crack/I killed you I’m not gonna crack/I like it I’m not gonna crack/I miss you I’m not gonna crack/I love you I’m not gonna crack/I killed you I’m not gonna crack/I’m so happy ’cause today/I found my friends/They’re in my head/I’m so ugly, but that’s okay/’Cause so are you/Broke our mirrors/Sunday morning is everyday/For all I care/And I’m not scared/Light my candles in a daze/’Cause I’ve found god/I like it I’m not gonna crack/I miss you I’m not gonna crack/I love you I’m not gonna crack/I killed you I’m not gonna crack/I like it I’m not gonna crack/I miss you I’m not gonna crack/I love you I’m not gonna crack/I killed you I’m not gonna crack

En avant Douai

Demain on commence un stage de trois jours avec l’école de cirque de Lomme à l’Hippodrome de  Douai. On aura fait un nombre de choses colossal avec Gilbert Langlois et toute son équipe, cette saison. On les en remercie. Pour leur accueil et pour leur confiance. Et de nous avoir permis de rayonner dans le douaisis à travers la diffusion des spectacles, l’infusion des Portraits dans les Quartiers et dans les Villages et la création d’Aimer si fort… Et demain et dans les jours prochains, ce stage. Demain, on vote et on file à Douai. On connaît l’Hippodrome depuis toujours. Du temps du premier directeur, avec le Ballatum, on n’y a jamais joué, du temps du second, on y a joué les Sublimes et avec Gilbert Langlois, on y a joué cent fois…  Y a rien à redire si ce n’est que c’est une question de désir. Quand il n’y a pas de désir, il n’y a rien qui se passe et s’il y a du désir, tout est possible. La création est possible, la diffusion est possible et l’infusion est possible. Alors notre regard sur le monde change et le monde est changé. Notre civilisation souffre terriblement d’une crise du désir et du lien. Elle est nihiliste et elle est pulsionnelle. Elle répond à des pulsions de consommation qui n’ont plus rien à voir avec le désir et la libido. Alors quand une scène nationale et une compagnie prennent conscience de cela, on peut bien travailler.

l’agglo m’a tuer

La soirée à Dunkerque s’est bien passée comme la journée d’hier à Paris avec les Tréteaux de France. On n’en revient pas, quel grand et magnifique théâtre que celui du Bateau Feu. T’en crois pas ce que tu vois ! Comme à St Nazaire ! Ce sont des architectures très différentes  mais t’as comme une effet de sidération, d’un côté comme de l’autre. Tu meurs tellement t’en prends plein les mirettes ! Quand tu rentres sur le 11/19, t’as les boules ! Forcément ! Pourquoi là et pas là ? Surtout qu’à Culture Commune ils ont bagarré pour avoir une salle, mais la communauté d’agglos n’a rein voulu savoir. Enfin au résultat, tu ne peux pas ne pas penser que le Bassin Minier est à la traîne, là comme pour tout le reste. Le paternalisme des patrons des mines et leur capitalisme féodal n’a pas fini de marquer les esprits, usine à fabriquer des complexes, la honte et l’humiliation, entretenus par des barons de province qui se comportent comme les dignes héritiers des seigneurs de la mine.

Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage

Ce matin, on a fait des essais de scénographie pour préparer Avignon, La Brique. Ça approche. Ça fait peur ! Mais on on va se débrouiller, on s’organise, on se coordonne et tout et tout… Hier nous sommes allés à Evry au comité de suivi, concernant les actions culturelles et artistiques menées par la compagnie, dans deux lycées d’Evry et un lycée de Ris Orangis. Nous sommes associés à la scène nationale de l’Agora d’ Evry pour deux saisons encore. Sur le front des luttes, les Intermittents se mobilisent pour leurs droits sociaux et la pression sur les pouvoirs publics et les riches s’accentue, jour après jour. Que le ministre Rebsamen ne signe pas l’agrément  du Medef et de la Cfdt, qui menace la perennité de nos métiers, ou j’ai bien peur que la Brique et bien des spectacles n’aient plus lieu à Avignon ou ailleurs !