un dimanche à Terrasson…

La journée d’hier fut intense. Nous avons fait mille choses:

– porte-à-porte dans le quartier de la Borrie basse le matin

– interview l’après-midi: nous avons rencontré les jeunes de l’association Vivacité, ceux qui font du Hip-hop. Vivacité regroupe 40 adhérents autour de la danse, tous styles de danse dont Skillmatic, le groupe de hip-hop. Ils sont super dynamiques, super passionnés, doués. On était enchanté de partager ce moment avec eux.

– interview de Mr et Mme Akdeniz chez eux avec un bon petit café turc.

– porte à porte dans le vieux Terrasson

– le soir, nous avons délassé nos oreilles en écoutant les joueurs de Saz à la maison des associations. On a ri, mangé un excellent taboulé turc.
Parfois, nous étions un peu perdus. C’était drôle. Les femmes réagissaient aux chansons des hommes mais l’équipe d’HVDZ devait attendre la traduction pour comprendre. On souriait alors car d’autres choses peuvent se comprendre par les gestes, les sourires et l’ambiance hier soir.

Voyage Voyage

Semsi a travaillé longtemps à décortiquer des fruits secs, comme saisonnière. Aujourd’hui elle travaille dans les écoles primaires de la ville. Semsi fréquente beaucoup le centre culturel. Elle va beaucoup au spectacle, tout comme son fils et sa fille. Elle est présidente de l’association turque et organise des soirées entre femmes. Elle dit, parfois, on croit que je monte la tête des femmes. Avec l’association, on est allé à Paris en bus visiter des musées. Semsi raconte que pour elle l’école, c’était dur, mais que tout a changé quand elle a pu se mélanger avec des gens de pays différents. Semsi est intarissable. Ses amies nous ont rejoints tandis qu’elle nous guide à travers le quartier. On passe comme d’un rien de la Turquie à la France. En Turquie, nous dit-elle, une coutume veut qu’on roule un beau bébé sur le lit des gens qui viennent de se marier pour qu’ils puissent à leur tour faire des beaux enfants. Chaque mariage dans la communauté turque regroupe plus de mille à mille cinq cents personnes. En Turquie, poursuit Semsi, chaque quartier a son propre cimetière. Les gens qui sont arrivés dans les années soixante dix ou avant, préfèrent qu’après leur mort, on les enterre en Turquie. Une autre coutume dit que lorsqu’on vient d’être enterré, tous les morts du cimetière te demandent qui tu es, d’où tu viens, qui sont tes parents, tes grands parents pour prendre des nouvelles des familles des uns et des autres. Semsi dit si on est enterré en France, avec qui on va parler, avec Pierre, Paul, Jacques.

ce soir on chante et on danse

Semsi est en France depuis 1975 et habite Terrasson depuis 12 ans. Le père de Semsi est arrivé en France pour travailler. Il pensait qu’il gagnerait énormément d’argent. Semsi raconte que lorsqu’elles étaient en Turquie, la France, ça faisait peur. Quelques années après son arrivé en France, le père de Semsi a faire venir sa famille dans le cadre du regroupement familial. Mais la grand mère de Semsi qui ne voulait pas rester seule en Turquie, lui a demandé de ne pas partir. Ce qui fait que Semsi est arrivé en France beaucoup plus tard que ses frères et soeurs. Toute la famille de Semsi est originaire d’Anatolie, à l’est du pays. Semsi raconte que lorsqu’elle est arrivée, elle n’avait jamais vu tant de grands arbres et de vastes forêts. Elle dit, j’imaginais les français, tous, grands, blonds, avec les yeux bleus. Nous n’étions pas venus pour rester, ma mère avait en tête que nous repartirions  assez vite. Au début, on s’enfermait chez nous et on ne sortait presque jamais. On avait peur dès que quelqu’un sonnait à la porte. Un jour, notre voisin qui était arménien et parlait parfaitement turc est venu à la maison et il a parlé à notre père. Pendant très longtemps. Il a dit à mon père qu’il fallait qu’on sorte et qu’on aille à l’école, et qu’on rencontre des gens. Alors mon père a acheté une mobylette blanche et tour à tour ils nous emmenait visiter la région sur sa mobylette. Et puis on est allé jusqu’à Brives au cinéma, on a vu des spectacles. Il nous emmenait même dans les musées…

Ma vie de portrait…

Hier, nous sommes allés à la Borie Basse avec Semsi et ses amies.

Nous avons discuté des heures avec les personnes que nous croisions dans la rue: du quartier, de là d’où on vient, de là où on voudrait être, de la culture, des cultures, des religions, du mariage, des difficultés de la société actuelle, etc. Nous sommes rentrés dans la mosquée du quartier, avons rencontré l’Imam, sommes allés au marché des artisans dans le centre…

On nous a offert du thé noir aussi, c’est aussi fort que du café. A la compagnie, on prend souvent du café allongé parce que nous n’avons vraiment pas besoin d’être plus énervés que nous le sommes déjà. Hier soir, du coup, nous étions déchainés.

Nous avons pu rencontrer plein de monde, hier soir, à l’ouverture de saison du Centre Culturel. Nous avons fait des portraits-citation à gogo. Les gens se prêtaient au jeu à fond. Ils faisaient la queue derrière Jérémie pour passer devant la caméra.

Ensuite, nous avons écouté Jane, Myriam, et l’élue à la culture présenter la belle saison du centre culturel de Terrasson. Nous étions contents et fiers d’être présents ici.

La soirée s’est poursuivie avec le spectacle « Ma vie de grenier » de Carnage Productions. Martine a tellement ri que le spectacle était autant dans la salle que sur le plateau.

Nous avons fini notre première journée de portrait, heureux.