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DUNKERQUE-TERRASSON…A vous de choisir
Aujourd’hui on a comparé dans une de nos conversations Dunkerque (dans ch’nord) et Terrasson (dans ch’Périgord).
V’là ti pas qu’on nous a dit:
– Dunkerque: trop de circulation…VS…Terrasson: routes dégagées, calme retrouvé…
– Dunkerque: Trop de pollution…VS…Terrasson: air pur, nature…sinus dégagés…
– Dunkerque: Trop de mal bouffe…VS…Terrasson: agriculture bio, petits marchés de producteurs locaux…Santé augmentée…
Oui mais, quand même, à Terrasson, y a pas le carnaval…et pis, y a pas la mer…Et ch’carbonnade alors…
Et na!!!
Au pied de la caravane…
Mike de l’école de cirque de Cucico nous a reçu cet après-midi au soleil près de sa caravane colorée…
Il a ouvert l’école de cirque en 2004 à Terrasson.
Cucico donne des cours principalement pour les enfants mais aussi quelques adultes même si, apparemment, les adultes sont moins assidus que leurs petits bouts.
Mike nous parle, lors de la conversation, de la politique culturelle de Terrasson. Il dit qu’il n’y a rien de catastrophique mais que le Centre culturel fonctionnait mieux quand il était séparé de la mairie. La culture doit être détachée du politique nous dit-il, pour être libre.
Mike, lui, il adore le cirque. Il nous dit que le cirque permet un éveil considérable du corps et de l’esprit, le cirque nous apprend aussi qu’il ne faut pas avoir peur d’y aller, de se mettre en danger.
Il faut cette énergie là dans le cirque.
Dans la vie aussi, non?
A quoi tu penses?
Chante ton bac d’abord
Cet après-midi, nous avons rencontré Anne.
Anne est professeure de S.V.T au lycée St-Exupéry mais on ne la rencontrait pas pour cela spécialement.
On la rencontrait car Anne fait partie d’une association de cinéma, l’association Travelling.
Elle est passionnée, Anne. Elle n’a pas peur de faire des kilomètres pour voir un film qui ne passerait pas à Terrasson. Elle en voit, elle en voit.
Et, à partir de cette passion, elle développe, accompagnée de bénévoles comme elle, cette passion, génératrice de lien social, de vivre-ensemble…
Travelling a organisé, ne serait-ce que la saison dernière:
Des ciné-goûters, une opération qui s’appelle « Mon premier ciné », des ciné p’tit déj, des soirées surprises, des lundis surprises et divers partenariats dont un avec le conservatoire départemental de la Dordogne.
On a parlé du film » Chante ton bac d’abord », un joli film, touchant, qui vient du Pas-de-Calais sur les jeunes lycéens, leur vision de l’avenir, leurs angoisses, leurs rêves…les différences de choix de carrière, de facilité d’orientation qu’il peut y avoir en fonction de là d’où nous venons…
Les jeunes sont en colère
Cet après midi, on sillonne la ville, en demandant aux gens de poser pour un photo, en pensant à quelque chose puis de nous dire à quoi ils ont pensé. Arrivés sur la place des martyrs de la Révolution, on rencontre un groupe de jeunes attablés en terrasse. L’un d’eux accepte de poser. Pendant le temps de la prise de vue, il nous dit, qu’il pensait à ses amis qui n’ont pas de travail et, qu’il aimerait que ce soit dans le film et que ce soit clairement exprimé. Là dessus, un de ses amis nous dit, mais ça va servir à quoi votre truc, ça va changer quelque chose, ou c’est juste pour amuser la galerie ?
S’en suit une longue et rageuse discussion sur le travail où les jeunes nous font part de leur écœurement. Ils sont six, deux sont en Cdi, et les autres au chômage. On les sent à fleur de peau. Prêts à exploser. Ils sont désabusés. Ils n’en veulent plus de cette société-là. Ils veulent bosser, pour une question de fierté et d’estime de soi. Même si pour l’un deux le travail est physiquement insupportable.
Ils nous parlent d’amis qui sont diplômés, et qui ne trouvent pas de travail ou des jobs tellement sous payés, qu’ils ont l’impression qu’on se moque d’eux. Elle a fait six ans d’études, elle se voyait avocate, elle se retrouve à Mac Do, tu parles, dit il, en s’éloignant vers l’autre bout de la place, pour nous cacher un mélange de désarroi et de tristesse.
En partant, ils nous disent, faîtes savoir que les jeunes de Terrasson ont envie de travailler.
A quoi tu penses?
Le brame du cerf…
Chez Gérard et Mauricette, on arrive en marchant sur des oeufs avec notre caméra sur l’épaule…
C’est impressionnant, on va rencontrer des personnages « historiques » de Terrasson.
36 ans de métier – artisans boucher – des travailleurs, des vrais…
Journées de 17 heures, tenir son affaire à bout de bras, toute une vie.
On a peur de passer pour des rigolos, nous…
On nettoie la table pour les filmer dehors. On bouge la plante, on s’assoit en face d’eux deux. On commence l’interview. On apprend pas mal de choses: de la vie du vieux-terrasson d’avant et d’aujourd’hui, au cri du cerf, à la période des brames…
Les cerfs rentrent quasiment dans la maison de la belle-soeur de Gérard. Selon lui, c’est elle qui les attire…
On rit…
On termine l’interview…Gérard nous propose un apéro. On dit oui, pourquoi pas…
On se rend compte que nous sommes vraiment des rigolos nous…
car on ne tient pas le coup. On ne fait pas des journées de 17H, on ne reconnait pas le brame du cerf, on ne tient pas le vin cuit. On sort de là…comment dire: réchauffés : dans la tête, dans le corps et égayés…ça, c’est sûr.
Deutschland, ein Wintermärchen
Madame Sevgi Akdeniz nous a dit qu’elle a de la famille un peu partout en Europe parce que beaucoup de turcs ont émigré dans le reste de l’Europe. Un jour, elle est allée rendre visite à des cousins en Allemagne et en allant faire des courses dans un supermarché, ne comprenant pas ce que la caissière lui disait, elle s’est adressée à une cliente qu’elle avait entendue, parlant turc. La cliente s’est adressée à la caissière qui lui a répondu en turc. Sans le savoir, Sevgi et la caissière parlaient toutes les deux turc. Pour la suite du séjour de Sevgi en Allemagne, cela lui a grandement facilité les choses. En parlant turc, elle pouvait se faire comprendre dans de nombreux endroits, dans toute l’Allemagne.
On déjeune à 13h à la cantine du Lycée
Ce mardi, les rendez-vous s’enchaînent à toute vitesse. Et les allers retours dans la ville. Martine est au lycée et improvise avec des élèves sur le thème d’Antigone et de la rebellion. Jérémie, caméra à la main et pied de caméra sur l’épaule, passe d’une maison à une autre pour filmer les gens sur le pas de leur porte pendant une quinzaine de secondes et échanger un moment. Pour le film spectacle de samedi, qu’on présente à 17H et 20H30, on se contraint le plus possible à ce qu’il ne soit pas trop long. On sait bien qu’on ne dira pas tout sur la ville, mais comme toujours on voudrait tout partager, tant partager avec les gens qui nous offrent partout dans la ville généreusement un peu de temps, prennent du temps avec nous. Alors on voudrait tout montrer, tout redonner ce qu’on a vu et entendu. Mais on sait que si on ne fait pas l’effort de la contrainte, le film spectacle sera trop long et imbitable. Didier et Marie ont tiré le Portrait de Terrassonnais toute la matinée en leur demandant ensuite à quoi pensaient ils et elles quand ils et elles étaient photographiéEs. Maintenant, ils sont chez Gérard (l’ancien boucher du Vieux-Terrasson) et sa femme Mauricette. Guy s’acharne sur le blog au centre culturel.



