Anamnésis III

Il y a deux semaines, nous entamions le laboratoire de Dunkerque. Nous étions tous arrivés la veille dans la soirée. Nous étions logés dans un B and B très confortable. Et Maxime nous faisait à manger tous les midis et c’était royal. Nous avons travaillé à l’avant-scène. La plus belle salle de répétition de la région.

La première fois qu’on a joué à Dunkerque, on y a présenté, l’éveil du printemps de Frank Wedekind que j’avais étudié à Gottingen, quand je faisais encore des études d’allemand, arrêtées subitement pour aller travailler au Prato. Des histoires enfouies dans le sable du temps. Hier on a regardé à la télé le dernier spectacle de Jan Fabre qui, à l’époque de Wedekind, participait au festival de Lille. Son spectacle (lors du festival de Lille)  s’appelait les pouvoirs de la folie théâtrale. Et c’était inoubliable. Il a gardé tout au long de ses trente dernières années une même façon de faire. Le temps s’étire à l’infini, tout comme les actions du spectacle, jusqu’à ce qu’on oublie l’endroit où l’on est et qui on est. Il a inspiré beaucoup de metteur-e-s en scène : Castelluci, Platel, Wim Vandekeybus, Angelica Liddell… On se souvient assez bien de Je suis sang dans la Cour d’honneur du Palais des Papes, à Avignon.

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