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mardi, deuxième semaine de veillée de St Médard

Depuis hier la table sur laquelle travaille Guy est jonchée de demi-citrons eventrés et dont la pulpe a copieusement été ingurgitée pour traiter son mal de gorge. Savoir si les citrons en question eux-mêmes ont été traités c’est une autre question. Guy  trouve la pharmacienne très sympathique. Elle viendra voir la veillée vendredi. Sur cette table on trouve aussi du Fervex, un sachet de Palmito vide. Guy pense qu’il est dans un « état grippal », ce qui lui permet d’éviter de parler de grippe.
Didier pose des chiffres sur un brouillon qui correspondent à des durées de séquences pour son montage. Jérémie à d’énormes oreilles blanches de marque Sennheiser et compose sa bande-son de l’instant sur Deezer en dérushant ses dernières images.
Il n’y a plus de chocolat « Pyrénéens »sur la table de Flora. Flora s’est absentée. Elle a probablement pris un bus pour retourner au magasin d’usine Lindt à Bordeaux afin de s’approvisionner. Martine est enfermée dans sa petite loge, on dirait qu’elle passe des tests auditifs à longueur de journée.
Moi en veilleur intermittent, observateur et apprenti, je saisis la sagesse de ce travail.
Ce soir les nouveaux habitants de Saint Médard seront accueillis au Carré. C’est une vieille tradition municipale que celle d’organiser la bienvenue aux nouveaux Saint-Médardais. Guy a évoqué la possibilité d’y tenir un stand…
R. Cojo

les billes

Aujourd’hui, on fait les derniers interviews. Le Carré des Jalles se prépare à accueillir les nouveaux habitants, une grande soirée d’accueil. On va faire un stand citations.
On est allé voir David Baudry, qui travaille au service jeunesse de la ville. Il a eu son heure de gloire : il a été, il y a quelques années, champion du monde de billes. C’est pas rien.
Avec beaucoup d’autodérision, il nous raconte l’échauffement indispensable du joueur de billes, pour éviter les blessures. La souplesse nécessaire du pouce, qui est pratique aussi pour faire du stop, et ça tombe bien, parce que les compétitions de billes ne rapportent pas grand chose. C’est pour du beurre.
Plus sérieusement, il fait l’éloge du jeu en général, des moments de convivialité qu’il génère, des liens qu’il crée entre générations, entre joueurs, et il nous parle de son envie de travailler à plus de reconnaissance de ce domaine, au sein du service jeunesse mais aussi en général, par exemple avec son association de billes.
Pourquoi les billes ? les billes ou autre chose, mais les billes c’est bien parce que c’est un jeu accessible à tous, pas cher, avec toutes sortes de règles, pas d’enjeu vraiment sérieux, pas institutionnalisé, et puis c’est un jeu auquel tout le monde à joué un jour, qui évoque quelque chose à chacun.

à la crèche, à l'usine

Jérémie et Flora sont allés ce matin à la maison de la petite enfance pour discuter avec les assistantes maternelles et aussi faire des portraits des tout petits. Ce midi c’était moussaka géante à la cantine municipale. Martine se consacre dès aujourd’hui exclusivement au montage. Didier dérushe. Didier est Guy sont allés à la poudrerie, en début d’après midi pour rencontrer un responsable du C.E, avec Anne Laure. Ils se sont trompés d’entrée. Ils ont voulu passer par l’entrée principale de l’usine mais c’est impossible. L’usine est classée secret défense. On y fabrique des missiles et des airbags. Alors on leur a dit que pour le C.E il fallait s’adresser à la maison rose un peu plus loin dans la rue. Mais la maison rose a été repeinte récemment. Aujourd’hui elle est blanche. Au résultat ils sont arrivés très en retard à leur rendez vous… La rencontre a cependant  bien eu lieu. Quand ils ont dit que les conditions de travail était bonnes à la poudrerie pour les ouvriers, l’élu du C.E leur a dit que le partage des richesses dans notre système est inégal et que ce qu’ils ont obtenu à la poudrerie, c’est le minimum pour un ouvrier…

Musarder, lundi deuxième semaine de Veillée de St Médard en Jalles

Des expressions glanées ici et là dans un gros livre intitulé Un élu, Un artiste. Des mots auxquels on peut se rapporter, qu’on peut faire nôtres. C’est parce qu’il y a désintéressement qu’il y a intérêt. Mariage de quelques jours d’une troupe d’artistes et de la ville. Mise au travail de nouveaux points de vue. Moment de superbe et d’égarement. Nous menons des journées d’action communale mettant le désintéressement dans une perspective prospective. La ville comme une espèce urbaine. Le décalage qu’apporte un regard artistique est une expression qui est amenée à infiltrer le paysage de la réflexion urbaine. Musarder, flâner... On promène avec nous des livres de veillées en veillées. A St Médard on a emmené Francis Jeanson, L’action culturelle dans la ville, Stéphane Beaud et Michel Pialoux, Retour sur la condition ouvrière, Jean Pierre Saez, Culture et Société, un lien à recomposer et Un élu, Un artiste de Maud Le Floc’h, 17 rencontres itinérantes pour une approche sensible de la ville…