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il y a Guy qui garde les bouteilles vides
Il y a des jeunes filles qui font du hip hop, il y a le monsieur à la fac qui dit Ah, là, c’est interdit de danser. Il y a un monsieur au marché qui dit La meilleure des habitudes c’est de ne pas en avoir. Il y a un vol de pigeons devant le magasin de Fatima. Il y a Fatima. Il y a Marie-France qui dit que Flora, Didier et Martine ont boulotté tout le catering. Et un peu Guy, aussi. Il y a des plaques de glaces sur lesquelles on patine. Il y a aussi le rire de Joseph. Il y a une table de ping pong. Il y a beaucoup d’interrogations. Il y a les blagues de Didier. Il y a Magali qui a des yeux bleus-bleus. Il y a Magali qui dit 5,6,7,8. Il y a Magali qui dit à une élève A quelle heure tu comptes danser ? Il y a les danseuses qui disent, ils sont trop forts les acrobates. Il y a les troubadours qui disent qu’elles sont fortes les danseuses. Il y a de l’esbrouffe dans l’acrobatie. Il y a des grands immeubles. Il y a quelqu’un qui donne des petites tapes sur la tête de Flora. C’est Didier. Il y a du café chaud. Il n’y a plus de café chaud. Il y a Didier qui va refaire du café. Il y a Christelle qui nous harcèle, avec son micro greffé. Il y a Camille qui dit qu’on aime ça. Il y a Guy avec son casque de Mickey. Il y a Pif. Il y a des il y a. Il y a un temps pour tout. Danser, discuter rencontrer et tout. Il y a la bourse aux livres à Billard. Il y a de l’ambiance à la Nacelle. Ça grouille. Il y a de la zic. Il y a l’autre Alex, le chef, qui fait si bien à manger. Il y a des travaux partout.
l'adage au balcon
Mathilde raconte l'adage
L’adage au balcon s’est fait en ligne. Mathilde, à haute voix, tout en dansant, décrit chaque pas à venir, pour guider les danseurs. Avec une voix qui berce, doucement, elle dit on déroule doucement la jambe gauche…les deux bras remontent doucement vers la droite…pied gauche en arrière…on croise, etc. On se dit que cet adage est aussi une bande son, un adage parlé, un adage décrit au rythme de l’adage.
Alex et Fred à la cîme du parking de la fac
Camille à la fac
Dorothée danse sous l'arche
regarder cet endroit d'une autre façon
Les troubadours sont arrivés hier soir.
Ce matin, ils ont dansé et fait des acrobaties au marché de Croix du Sud, sur la petite place devant le magasin de Fatima, sur le rond point en chantier en bas du château d’eau d’Ethnic’s, devant et dans la Fac.
Il fait beau et il fait froid, il y a du soleil et aussi du verglas.
Fatima est accueillante, souriante et si belle. Jérémie a fait un très beau portrait d’elle, dans sa boutique Amira, devant les quatre cabines téléphoniques rouges.
A la Fac, ils ont dansé sur un balcon. Une prof, qui passait par là, s’est arrêtée pour regarder l’adage. Elle a dit, à la fin je ne regarderais plus cet endroit de la même façon. Quand je passerai ici, je penserai à cette danse. C’est une remarque qui fait tellement plaisir ! on se dit que justement, c’est pour ça qu’on fait ça.
Christelle, de Radio Primitive, nous a suivi toute la matinée. Elle a enregistré les réactions des gens qui ont vu les danses, elle a enregistré notre laïus : Bonjour, je vous donne une invitation. Nous sommes une compagnie de théâtre et nous préparons un film-spectacle sur le quartier et les habitants du quartier…
troubadours du matin
Secours Populaire
Nous avons rencontré Françoise et Monique, du Secours Populaire, à la Nacelle.
Une fois par mois, elles accueillent 360 bénéficiaires. A noël, c’est monté jusqu’à 400. Elles sont là pour écouter les gens et pour organiser la distribution alimentaire mensuelle. Il y a toutes sortes de gens qui viennent, même des salariés, des gens sur-endettés, et puis aussi des SDF, à qui le Secours Populaire donne une adresse, pour qu’ils puissent toucher leur RMI. Avec le Centre d’Accueil des Demandeurs d’Asile, on a beaucoup d’étrangers. Elles disent : On ressent parfois un sentiment d’impuissance, mais, tout de même, faut positiver.
Monique dit : d’être là, ça me fait du bien, j’aime les gens.






