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on dirait Vegas
Depuis le Centre de formation où on mange le midi, on marche par la voie ferrée pour rejoindre le bas de la cité des cheminots, le nouveau quartier tout neuf .
Le long de la voie ferrée il y a quelques wagons-école. Il y a des fleurs de ballast, des restes de pétards – qui servent de signal stop et qui ressemblent à des pelotes à épingles de couturières – et puis il y a les deux terrils, au loin.
Dans le quartier tout neuf, il y a des ouvriers qui nettoient les trottoirs. Jérémie les filme. Ça fait un nuage de poussière. La rue est bientôt finie, mais il y a encore des tas de gravats, avec des chardons. Il y a un contraste étrange entre cet aspect de terrain vague, et les maisons éclatantes. Jérémie aime cet endroit, et aussi les colonnes grecques devant la porte d’entrée d’une des maisons. On dirait Las Vegas.
la traverse n°1
elle est encore là
On a rencontré monsieur Lempicki, qui tient, avec sa femme, le débit de tabac, le commerce résistant de la cité des cheminots.
C’était une agréable rencontre. On se dit, en sortant, que Monsieur Lempicki fait partie de ces gens qui rendent les a-priori impossibles. Un homme-surprises : flic à la retraite, gauchiste convaincu, qui tient un bureau de tabac, qui peint – ou plutôt barbouille, comme il dit lui-même – et joue dans un groupe de rock-blues-boogie.
On a parlé du quartier, de la disparition des syndicats, de la lourdeur du poids du passé dans la région, et en même temps de l’attachement qu’on peut avoir à un territoire qui a autant d’histoire. On a parlé de la TV et puis de la grande distribution, de la pub, qui tuent la vie collective, la solidarité. On se dit que c’est aussi un choix d’en haut, de tuer la solidarité entre les travailleurs, de faire disparaître la classe ouvrière alors qu’elle est encore là… Elle a changé de nom, elle a été morcelée, divisée, mais elle est encore là.
terril train terril train
cité du Maroc
corons de Méricourt
profiter du dimanche
Profiter du dimanche pour arpenter Méricourt, voir ce qu’il y a autour de la cité des cheminots. La cité du Maroc, redescendre jusqu’à la voie ferrée puis le chemin cyclable et de randonnée qui serpente dans les broussailles. La place de la Mairie, la salle Jean Vilar, tourner encore, autour de l’église, et puis plus loin dans les rues. Remonter vers la fosse 4, en passant par le rond point des droits des enfants, la mini-mine décorative, la locomotive, le bossu, puis vers le 3 en remontant la rue Pierre Simon. Il y a du monde dans les rues. Des jeunes qui discutent, qui attendent Godot. Visiter la halte Sncf Corons de Méricourt. Marché aux puces à la cité du 3, autour de l’église. Il y a plein plein plein d’enfants à vélo. Retour par la rue Pierre Simon. Maison des jeunes. Étrange place Germinal. Cité du Maroc. Résidence Henri Hotte.
les marchands
le marché
Samedi matin, marché au centre ville. Stand de portraits-citations. On arpente de long en large la longue rue du marché qui est juste à côté de notre QG. Tout le monde est accueillant. Jérémie fait des images des étalages. Les maraîchers posent pour les photos. On discute un moment avec Kamel, qui fait des jeux de mots, et Guillaume, et Yaya, qui font de la confection pour femme. Ça marche de moins en moins, surtout depuis cinq ou six mois. La crise. Mais quand même, c’est un beau marché, avec de la vente directe de producteurs locaux, et tout ce qu’on peut imaginer, vêtements, mercerie, poulets, fromages, jouets, linge de maison…
On y sera de nouveau samedi prochain, avec les danseurs.






