
Instantanés
Sous les murs blancs, les tags
Au Lycée, les murs des couloirs sont blancs. C’est classique, mais ça, c’est la surface. Sous les murs blancs, il y a les tags. C’est comme dans les grottes, nous dit une prof d’Arts Plastiques. On a gratté et on a retrouvé les dessins des hommes préhistoriques. Ici, quand on grattera un peu la peinture blanche, lisse, uniforme des murs des couloirs, on retrouvera de grandes fresques. Elle est bien placée pour le savoir. C’est elle-même qui avait acheté des bombes de peintures, elle était venue avec ses élèves pendant les 3 jours d’un week-end de pentecôte, dans le bahut vide. Et pendant trois jours, ils ont recouvert les murs des couloirs de tags dans tous les sens et de grandes fresques colorées. À la fin du week-end, de retour au lycée, les élèves redécouvraient leurs couloirs. Un sentiment d’effervescence, l’impression que leur lycée leur appartenait un peu plus. Et c’est resté tel quel quelques années. Oui, ensuite, il y a eu des changements, et notamment la rénovation du bâtiment. Mais si on gratte un peu, on sait que ce n’est pas si loin. Sous les murs blancs, les tags.
Normale ou pas normale?
Souvent quand une intervention « qu’on dit autre que scolaire ou extra-scolaire » a lieu, c’est l’occasion de changer la disposition des tables, puis des chaises – souvent on pousse sur les côtés et on met les chaises en cercle. Là, plutôt que de mettre sur les côtés des éléments qui sont là pour faire une classe normale, on va les utiliser pour faire une classe pas normale. On va changer les habitudes, on va faire voir ce qu’on ne voit pas souvent quand on entre dans une salle de classe. Mais entre l’une et l’autre c’est laquelle la classe normale ? et la pas normale ?!
Pas-de-premier étage

Pas-de-hall

Collé à la chaise
Un souvenir, raconter un souvenir, un fait marquant que vous avez vécu ou vu dans votre lycée : « Un jour j’ai mis de la colle sur la chaise d’un copain. Il est resté collé. Et puis, il a un peu déchiré son short ». On remet en scène l’événement. Et on photographie.

Danser dans la cour
Dans la cour baignée de soleil, une invitation à la danse, pas besoin de parler… « Je danse et tiens si tu venais toi aussi ? Et pourquoi pas toi ? Et tiens, toi là-bas qui regarde tes pieds ? » (Tout ça avec le regard, les yeux d’Hervé). Un cercle s’est formé encore un peu large mais ça se resserre, ça se retient encore un peu, ça traverse sans s’arrêter, ça ose pas s’approcher de peur d’être dans le champ de la caméra. Et puis en voilà un qui lâche et sans musique il bouge, HIP et HOP, « pas besoin de musique sens de l’intérieur ou si tu veux, je te tape un rythme » ça c’est à l’adresse des filles qui n’osent pas. Et puis un autre se lâche avec musique interne provenant des écouteurs, ça commence à chauffer dans la cour baignée de soleil.
La cour de récréation

le dernier cours du lundi (Caudjo en Ewé)
Ce matin, on était à Baudelaire, maintenant on est à Perret. Et la valse continue. Juste le temps de prendre le repas à la cantine ce midi que l’on repartait dans les classes, vers de nouvelles rencontres, de nouvelles inventions avec et pour les lycéenNEs. Tout le monde joue le jeu, les professeurEs comme les élèves. On sent les élèves parfois un peu surpris mais de toute façon, l’accueil est agréable. Tout le monde a quelque chose à dire. Tout le monde a un point de vue important sur le monde et sur la vie. On est ravi que ça passe par le dessin, la vidéo, la danse, le théâtre. ll est seize heures et pour les élèves, on arrive bientôt en fin de journée. Le dernier cours a lieu à 16h20, jusque 17h15. Il nous reste à chacun une intervention et du blog qu’on terminera dans la chambre d’hôtel ce soir, au Résid’Home ou à la maison à Tremblay. A 17h15, les bus Tice ramèneront les gens chez eux, avant de les reprendre demain matin pour une autre journée complète d’interventions artistiques, pour co-construire (avec tous ceux qui font la vie de ces lieux) un portrait des Lycées, avec tous les intervenants d’Hvdz qui sillonnent Baudelaire, Peret et Mendes France pendant six jours : Didier, Martine, Jérémie, Caudjo, Isabelle, Hervé, Guy, Marie Lys et Amélie.
jusqu’au bout du monde
Milieu d’après midi du premier jour. Marie Lys est arrivée, nous sommes au complet. On a vu passer Isabelle au Q.G en trombe qui cherchait un bol pour faire la mise en scène d’un souvenir avec Jérémie. Dans la cour Hervé danse tandis que Jérémie filme. Un attroupement s’est constitué autour de RV et deux jeunes lycéens-danseurs donnent le change à Hervé. Il fait beau. Tout paraît beau sous ce soleil. Martine manquait de cassettes DV pour son Antigone, elle a récupéré des vielles cassettes au fond d’un sac en plastic. RV et Jérémieviennent d’être appelés par des élèves ; ils ne devaient pas avoir cours cet après-midi mais ils sont là quand même pour l’action que vont leur proposer RV et Jérémie. On a remis des sous dans le Domino Orange 3G, on a accès partout à internet avec ce truc là. En classe de 2ASSP, avec Didier et Guy, on a demandé aux lycéens de nous dessiner sur le tableau leur lycée. La composition est particulièrement inventive et Didier leur a demandé d’inclure des vrais objets dans le dessin en les collant avec du scotch. C’est bluffant. Deux personnes sont au Q.G est transmettent des nouvelles à l’univers entier sur ce qui se passe aux Lycées Baudelaire, Perret et Mendes-France d’Evry.
