ivre

Il fallait que je me souvienne de ce que je racontais au début de la Brique sur les photocopies des photos. Parce que je n’ai jamais dit à chaque fois exactement la même chose. Ce sont les mêmes photos (de corons) mais commentées de façon un peu différente à chaque fois. Et j’étais tellement gelé (d’ailleurs j’avais laissé les radiateurs en bord de scène) que j’ai oublié d’envoyer les vidéos et la musique du début. Mais comme dans ce début, il y a une part d’aléatoire, je me suis rattrapé très vite. Ça me rappelle qu’une fois on jouait Chez Panique (une histoire de piliers de bistrot inspirée de textes de R. Topor) et on buvait vraiment de l’alcool pendant le spectacle. On voulait que ça fasse vrai, jusqu’au bout du verre… Ce jour-là j’étais ivre au point que j’ai dit la fin du texte avant le début. On n’y comprenait plus rien. Je n’avais qu’une hâte. Que ça se termine! C’était un après midi. On nous avait fait venir dans le cadre d’une réflexion sur l’alcoolisme. C’était paradoxal.

dépaysement j c bailly

Elles (les briques) sont tellement bien là, dans le nord qu’à Toulouse ou à Sienne, on a du mal à les appeler du même nom. J’ai tellement parlé fort dans la salle 2 toute le journée où il fait si froid que je n’ai plus de voix. Mais ça valait le coup. Le coup de reprendre La Brique. Après une journée de séminaire du Centre Régional du Tourisme organisée par Catherine Arteau, les participants ont assisté à La Brique. Je devais jouer à 17h30 et j’ai joué à 16H15. J’ai enfilé mon costume de la  brique à toute vitesse. Branché micro et ordinateur et hop! Vingt cinq minutes de conférence (loufoque) sur la brique. Juste le temps de faire un filage un peu avant. Devant les camarades du bureau, Nathalie, Maggie, Mickael et Gilbert. Catherine Arteau a présenté la conférence (gesticulée) en citant le livre de J.C Bailly. J’ai croisé le propriétaire du gîte fleur de sel, à Loos en Gohelle, un des plus beaux gîtes de la région. Il attend avec impatience les artistes des Atomics. On démarre les répétitions dimanche.

froid de canard

Je répète la petite conférence La Brique que je présente demain en privé dans le cadre d’un séminaire du Centre Régional du Tourisme. Je répète quelques heures dans la salle 2 au 11/19. Il y fait un froid de canard. La fabrique est vide de tous ses nombreux occupants de la semaine dernière. Vendredi dernier, trois équipes différentes répétaient en même temps et présentaient une étape de travail en fin d’après -midi. Le groupe Porte 27 d’un côté et Thomas Suel de l’autre. Le 11/19 est une ruche. Et les gens des abeilles. Dans une grande ruche en briques. Dans Dépaysement (tour de France littéraire et philosophique) l’auteur, Jean-Christophe Bailly parle du nord et des briques. Il compare les briques du nord et les briques de Toulouse ou de la cathédrale d’Albi. Rien à voir. Il dit, elles semblent (les briques) tellement appartenir au nord qu’on a du mal à les appeler du même nom à Toulouse, à Sienne (ou Albi). Je me remets peu à peu de l’Instantané de Dunkerque.

Et puis quoi? les subventions, ça n’est pas une rente à vie!  Ce soir, cap sur Dunkerque! Demain à  neuf heures, on entame nos interventions dans les classes! Pour un Instantané, un portrait du lycée Jean Bart, avec et pour les lycéens! Faire ce qu’on doit faire (je dois, je veux) et après on verra bien! Si tu me quittes, est ce que je peux venir aussi etc.

Mamet, Sade, Lénine

Demain soir Dunkerque. Auberge de jeunesse pour une semaine. On travaille toute la semaine au lycée Jean Bart. Instantané. Portrait du lycée. On retrouve Anne Charlotte qui est étudiante à Lille 3 et qui a fait un stage avec nous l’année dernière de février à juin. Anne Charlotte remplace Flora. On démarre à neuf heures au lycée. Les représentations ont lieu jeudi de 10h à 17h. Toutes les heures. Une belle expérience en perspective. On est un peu sonné par la discussion qu’on a eue à Lille jeudi après midi. Si on n’arrête pas, à court terme, nos Veillées, on perd nos subventions. Comment on va se sortir de là? Qu’est ce qu’on fait de ça? Non mais sérieusement! Est ce qu’on joue le jeu? On rentre dans le rang. On essaye de faire ce qu’on nous demande. On ajourne les Veillées et on fait des spectacles en salle (encore faudrait il que ça tourne, qu’on trouve des diffuseurs, que ça ait du succès). Mein Gott! Et les Atomics (la Veillée des Veillées) dans tout ça? Comme c’est difficile d’y voir clair! Je me souviens qu’on nous avait dit (je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître) à une époque, vous avez un an pour vous refaire. C’était après un spectacle de David Mamet qu’on avait mis en scène dans un parking souterrain. A Lille. En bas de la résidence  de la Treille, là où habitait Eric Lacascade.  Alors cette année là on a fait un spectacle qui s’appelait Dessert ou ce soir là elles ont lu Sade. Spectacle fondateur de tout ce qu’on a créé par la suite au Ballatum etc. Une époque fort lointaine. On avait eu raison de nous dire de faire attention et de nous refaire. Mais aujourd’hui, on fait quoi? On refait Sade?  A l’époque on ne faisait pas tout le travail qu’on réalise aujourd’hui avec les habitants, dans les quartiers, les lycées, les villages. Que faire (comme dirait Lénine)? Le paradoxe tout de même est qu’on a mille demandes de Veillées. Faudrait qu’on fasse autre chose? -Ben oui, des spectacles, quoi! -Tartuffe?