
Portraits
Dans la nuit on rêve

Découpe du bois avec visée laser.

Une vie à l’école de Faux-la-Montagne.
Il y avait 5 classes avant les années 50.
En 1975, il n’y avait plus qu’une seule classe : 16 enfants, une classe qui regroupe la grande section et l’élémentaire.
En 1978, ouverture d’une deuxième classe : 35 enfants.
En 1984, ouverture d’une troisième classe : les petites et moyennes sections de maternelles arrivent dans l’école, 38 enfants.
En 2001, toujours trois classes, avec 59 enfants.
En 2006, retour à deux classes avec 30 enfants.
Aujourd’hui l’école de Faux-la-Montagne c’est 38 enfants entre la maternelle et l’élémentaire, répartis sur deux classes : l’une les maternelles et le CP, l’autre du CE1 au CM2.
Monique nous raconte : elle fait sa scolarité à l’école de Faux-la-Montagne, a fini son élémentaire en 1974 et donc, quitte l’école de Faux-la-Montagne. Mais 1984, elle y revient grâce à l’ouverture de la troisième classe : elle est « agent territorial spécialisé des écoles maternelles » dit Atsem. Elle travaille avec l’institutrice qui a été sa maîtresse. Depuis, ça fait 30 ans qu’elle travaille dans cette école : maintenant elle a les enfants de ses premiers élèves. « J’ai passé la moitié de ma vie dans cette école. »
Citations de Mathilde, doyenne de Faux-la-Montagne, d’un rire à l’autre.
La chaudière : « Maintenant dans les fermes on fait plus de chaudière. Ça n’existe plus. Les cochons sont nourris aux granulés. Une chaudière, (rire) une chaudière, c’était faire la soupe aux cochons. C’était mettre des pommes de terre, des raves, des carottes, des navets, et puis tout faire cuire ça et puis après l’écraser pour le donner aux cochons, avec de la farine et du son (et non pas sang, comme on l’a écrit auparavant). Mais, fallait faire cuire ! (rire) Alors, maintenant, c’est bien plus commode, on ouvre le sac, avec une casserole on met le granulé, et puis on met de l’eau, et puis voilà. C’est plus pareil. »
L’eau sur l’évier : « Le confort, c’est mieux. Dans le temps, il n’y avait pas de l’eau sur l’évier. Fallait aller chercher l’eau à 200 mètres, avec des sceaux, même pour les bêtes. Après on a eu une citerne sur roue pour aller chercher l’eau pour les bêtes. En 58, on a fait les travaux pour avoir l’eau sur l’évier. Après en 60, les vaches ont bu à l’étable. »
La banque : « Quand le Crédit Agricole a fermé, c’était dur. Pour aller chercher de l’argent, il faut prendre un taxi. On a mangé son argent avant de l’avoir touché. (rire) »
Les bals : « J’suis mal tombée pour les bals. Je suis tombée dans les années de guerre. Quand la guerre s’est déclarée j’avais 15 ans et quand elle était finie j’avais 20 ans. Et dans les années de guerre, les fêtes, il n’y en avait pas. Il y avait des bals, mais c’était des bals clandestins. Les bals ce n’était plus dans les bourgs, c’était dans les villages, c’était dans les fermes isolées. »
Le volet des volets

Ça commence par une sombre histoire de volets bleus. C’est le repère. Ce ne sont finalement pas ceux qu’on voit en premier c’est ceux d’en face. On les trouve on s’y réfugie, première nuit à Faux. Page suivante, on les ouvre ces volets bleus et le ciel a pris leur teinte. Descente de la rue principale avec son cortège de volets fermés. Mais qu’est-ce qui se passe tout le monde dort encore ? Non, il y a bien des volets ouverts et d’ailleurs si le volet est ouvert la porte aussi peut l’être… il faut qu’un volet soit ouvert ou fermé. Derrière la plupart des volets ouverts il y a des fenêtres et sur ces fenêtres des papiers aux multiples inscriptions…
Plusieurs clés au porte clé
D’abord, il faut des clés, (On l’attend, elle va les chercher, elle habite à 5minutes) au dessus de la porte encore le panneau de l’ancien hôtel Constanti, « En fait vous, c’est quoi qui vous intéresse, C’est les lieux ou les gens ? ». « Beh un peu des deux, comment dire ? On n’a pas les clés d’ici. » C’est elle qui ouvre et nous on rentre et première impression c’est grand « Cet endroit ici ? Je ne sais pas si c’est possible de résumer en 5 minutes ». On comprend, c’est vaste plein de possibles. Dehors la lumière baisse, on est entre chien et loup, dedans elle allume, on est entre rouge et blanc. La caméra est sur ON, un rayon lumière à la Caravage. Il ne fait pas clair, Emilie ne s’appelle pas Claire et pourtant tout va être très clair : on monte au premier étage, « En fait moi je suis arrivée ici le 26 Novembre 2004, je venais de Marseille » « Et donc t’es venue comme ça ? Comment on arrive de Marseille ? Ce n’est pas la porte à côté ? ». Suite de mots piochés dans l’histoire d’Emilie entre Marseille et Faux la Montagne : Départ de Marseille, un ironique hasard, une chose rocambolesque, une annonce dans le journal, Sophie, places de colocation, retrouvailles de vacances, travaux d’une maison, Corrèze, Festival pluridisciplinaire, Solène, arts plastiques, coordination associative, Solène en Belgique et Émilie à Faux ! Arrivée à Faux la Montagne. « En fait je me suis jamais posé la question de rester ici, je me suis rendue compte que je restais ici ; que j’étais bien ici. C’est l’endroit qui m’a retenu.» On en revient aux lieux et aux gens, ça se fait face et l’un raconte l’autre, ça peut marcher dans un sens comme dans l’autre : « Si tu poses la question d’accueillir les gens tu vas te poser les questions sur tout ce qui est constitutif de la vie à un endroit. Accueillir c’est simplement considérer le fait qu’il y a des gens qui arrivent et le reste se fait de lui-même, tu t’arrêtes et tu dis simplement «je te vois ».
Retour au bourg

Plan

Extrait de travelling

