Jérémie est rentré de sa longue marche dans toutes les cités. Une dame de 78 ans a été baptisée au 11, elle a fait son catéchisme au 11, elle s’est mariée au 11. L’église a été détruite. Elle est allée à l’école au 11. Elle habite la rue Léon Blum à deux cents mètres du 11.. Elle aimerait venir mourir au 11. Elle a dit, je vous tiens là pour dire je vous retiens. Il a bu un verre chez des gens, qui font la marche autour des terrils tous les dimanches et ne sont jamais rentrés à Culture commure. Il est rentré chez d’autres gens dont le fils fait un BTS de commerce. La dame s’est maquillée avant de prendre la photo. Elle est venue au spectacle voir un spectacle de danse, elle a dit je préfère les spectacles terre à terre. Et puis il a croisé une dame qui a fait des ateliers avec Franckie Defonte. Et pour la première fois quelqu’un qui connaît ce que c’est qu’un portrait vidéo filmé par Jérémie puisqu’il avait vu la Veillée au Colisée de Lens en 2005. Et un homme qui a incité ses parents à se prêter au jeu puisque lui connaissait le truc qu’il avait fait à la veillée de Loos en Gohelle
VEILLEES

Samedi soir sur la Base 11/19
Samedi soir. Ce matin on est allé sur un parking de supermarché pour distribuer nos invitations et parler d’art et de culture.On a pris rendez vous avec la coiffeuse et la responsable du supermarché pour parler du quartier. Jérémie a fait des portraits vidéos pas de porte toute la journée. Nous avons fait du Godot dans la salle 1 du 11/19 en fin d’après midi avec un groupe de jeunes rencontré dans le quartier. On cherche une vedette dans un film, un autre film que Pierrot le Fou à qui les gens du quartier pourraient donner la réplique. Didier visionne des films dont on pourrait se servir. On a dit qu’on pourrait reprendre la publicité sur la café avec Georges Clooney en la détournant. On a dit que les publicitaires apprécient beaucoup qu’on détourne leurs publicités parce que de toute manière ça fait parler de leurs marques. Alors on a laissé tomber l’idée. On a du mal avec Pierrot le Fou à cause de la complexité des plans de Godard. Samedi soir sur la Base 11/19.
Entre St Albert et la place Lorraine

Pignon
On est allé voir la directrice du centre de loisir Pignon, Béatrice Gras. Elle nous a parlé des activités du centre, du quartier. Elle prend un plaisir incroyable à faire ce travail. Elle dit « c’est presque pas un travail tellement j’aime ça ». Au centre Pignon, il y des activités pour les petits mais aussi pour les adultes et les personnes âgées. On y retournera jeudi : il y aura le club des primevères, mais aussi du karaoké et d’autres activités. On se dit qu’un lieu comme ça, il faudra y retourner souvent pour rencontrer les gens qui le fréquentent.
automne 11 19

100 ans
Aujourd’hui, on est allé jusqu’à Armentières. C’est pas vraiment dans notre secteur mais on voulait rencontrer la grand-mère de Sabine, qui est en maison de retraite là-bas. Elle a 100 ans.
100 ans et une sacrée énergie, et des histoire à la pelle et surtout, surtout, c’est une conteuse hors pair. Elle fait des récits de son passé comme on ferait un film. Il y a des séquences, du rythme, des images. Faut dire que dans le temps, elle allait au cinéma tous les dimanches. Un jour, sa patronne lui a interdit le cinéma, parce qu’elle aimait trop ça, elle riait trop – punie – alors elle est allée au bal, bien qu’elle ne sache pas danser, et c’est là qu’elle a rencontré son mari, un danseur, qui n’aimait pas le cinéma.
Quelle vie ! Elle a été bonne à tout faire, elle a travaillé aux mines – aux lampes et au triage – elle a élevé sept enfants, quasiment toute seule, puisqu’elle est veuve depuis plus de cinquante ans maintenant.
Dans sa maison de retraite, elle écoute la radio. Daniel Mermet, là bas si j’y suis. Elle aime bien parce que ça ne gesticule pas comme à la télé. Hier, elle a entendu une émission sur les harkis. Elle dit qu’elle comprend la colère des jeunes de banlieue, vu ce qu’on a fait à leurs parents.
Sabine, Manna, Ayman dit "Marius"

A la Base,
A la Base 11/19 la première semaine d’ouverture ils ont invité les gens à venir voir ce qu’étaient devenus leurs bains douches et ils ont invité plein d’artistes à faire des performances, danse, théâtre, art visuel, musique. C’était gratuit. Il y a eu de nombreuses visites du lieu, beaucoup d’anciens mineurs sont venus parfois seuls ou en famille. Il y avait pendant longtemps un vieil homme au coin de la première rue qui venait tous les jours ,un ancien porion. Difficile de garder une relation intense avec tous les gens du quartier. Il y a un monsieur dont le jardin est très fleuri. La dame a réussi à faire pousser des oeillets d’inde dans le bitume et le béton qui ont servi de serre aux racines des fleurs.
Les travaux sur le site viennent de démarrer et vont durer neuf mois pour réaliser la place du 11/19. Enfouir et créer les réseaux. Traiter la place et mettre un revêtement sur l’ensemble de la place. Il y aura un éclairage intégré spécifique pour mettre en valeur des bâtiments. L’entrée va changer de place, elle va se trouver vers la place Lorraine. Toutes les voitures vont devoir aller se garer ailleurs. Les immeubles du 11/19 vont totalement changer de visage. Pour l’instant les ouvriers font des tranchées pour les canalisations. La première fois que le site fut investi à l’état de friches, c’était en 90. Beaucoup de gens récupéraient les métaux. La ville de Loos faisait ce qu’elle pouvait. Elle faisait des actions comme les sons et lumière avec les populations. Dès les années 90 Culture Commune a fait du théâtre, d’abord à partir d’un texte de Kateb Yacine. De juillet à novembre le lieu avait été investi, à l’état sauvage. C’était un premier gros coup de projecteur sur le site. Marcel Caron l’ancien maire de Loos en Gohelle a sauvé le site. Il a ensuite permis qu’on fasse des manifestations avec des artistes polonais contemporains. Ont eu lieu alors les rencontres transnationales sur la polonité. Tout ça a eu lieu dans les bâtiments qui étaient des friches.
Aujourd’hui et avec l’arrivée prochaine du Louvre Lens le 11/19 est en transformation.On va inaugurer un nouvel immeuble réhabilité, une pépinière d’éco-entreprises dans quelques jours. En face des bureaux de la compagnie HVDZ. Dès lundi on part à la rencontre des animateurs et des travailleurs des multiples activités qui ont lieu sur le 11/19.
Le QG au 11/19

