Au collège Jean Jaurès la professeur a raconté qu’elle est allée avec ses élèves à l’opéra de Lille. Elle dit que l’un d’entre eux lui a dit si on avait su que c’était comme ça on aurait mis nos souliers on n’ aurait pas laissé nos baskets. Elle dit je les ai regardés pendant tout le spectacle. Ils ne pouvaient pas imaginer que c’était si luxueux. Sans l’école, ils n’y seraient jamais allés.
VEILLEES
Les Atomics
Quelle histoire pour aller du 11/19 à la rue Seguin à Lens! Jérémie a guidé Guy par téléphone qui s’est perdu dans Lens. Et ne retrouvait plus sa voiture au retour. Nous avions un rendez vous avec Madame Kubiak qui préside l’association des Atomics à Lens, une fanfare et un groupe de danse. Le groupe tourne dans le nord de la France, dans l’Oise et la Seine Maritime, en Belgique et en Hollande. Les jours de tournées tout le monde se donne rendez vous à cinq heures du matin chez Madame Kubiak. Un bus passe prendre les danseurs, les musiciens et les accompagnateurs et fait un arrêt au quatre de Lens pour les gens qui ne sont pas motorisés. Sur place, une journée de tournée démarre souvent par un match de foot puis c’est l’apéro (un seul, nous dit Madame Kubiak) ensuite c’est le repas et puis l’échauffement. L’échauffement fait partie du spectacle, dit Madame Kubiak. Ces dernières années quelques chorégraphies ont été réglées par des instructeurs hollandais. Mais bien souvent les danses se créent collectivement. Monsieur et Madame Kubiak vivent dans leur maison depuis plus de soixante ans. Voire plus. Monsieur Kubiak est né dans cette maison. Il a été mineur. Il a toujours travaillé pour les houillères. Quand il est remonté du fond, il est devenu jardinier des mines. Madame Kubiak a travaillé dans différents commerces et elle est entrée ensuite aux grands bureaux, au service administratif des mines du Nord Pas de Calais. C’est l’intérêt de leur fille pour la fanfare et la danse qui les a amenés à s’occuper des jeunes gens de Lens et d’ailleurs qui veulent faire de la musique et de la danse. On s’est donné rendez vous dans la semaine pour assister à une séance de répétition des Atomics. Madame Kubiak nous a dit prévenez nous, on mettra les costumes.
sentier n°1

Berthe , Place Lorraine
Cette année c’est l’année des 13 lunes dit Berthe. Une année froide comme on dit. Il a fait chaud l’année où son mari est mort. Son mari à la fosse. Ils étaient dans le trou avant d’y être, elle dit Berthe. Silicosé à 100%. Voulait être incinéré. Sauf que pour faire reconnaître la silicose faut garder des traces. Alors double peine. Deux enterrements. Il était fier son mari voulait pas qu’on le voit malade. Les mineurs sont des gens durs, elle dit Berthe. Et pourtant jamais eu autant de chaleur entre les gens. On s’intéressait aux autres mais elle insiste Berthe, c’était pas de la curiosité, c’était pour vivre ensemble.
Après avoir rencontré Berthe, après sa lecture du poème qu’elle nous offre sur le sourire, après le café et les anecdotes sur le chat Baptiste mangé par un voisin (avec des pruneaux), après la lecture du poème que son fils a écrit à son père, après, on rentre à Culture Commune. C’est à quelques pas. De son jardin elle voit « sa tour », comme elle dit et les « terrils de pépère ».
merci
Une vieille Dame a pris la pose de son époque pour un pas de porte. Une pose des années 30, un petit déhanché, et un sourire éclatant. Elle nous a remercié pour ce portrait. On se dit, en partant qu’il ne faut pas oublier de lui envoyer sa photo.
Portrait au pas de la porte de Maggie et Olivier, au bureau d'hvdz

la vie
Aujourd’hui, en faisant du porte à porte, on a demandé à un monsieur s’il pouvait nous montrer un objet qu’il trouvait beau, et il a répondu, non, ce qui est beau ce n’est pas un objet, c’est la vie.
les voyages et les photos de Sabine

Sabine nous a parlé des difficultés qu’on rencontre par ici. Elle dit que les gens sont peu mobiles, qu’ils ont peur de partir, alors que le voyage est une richesse et qu’il y a du travail si on a le courage d’aller le chercher au loin. Elle, elle est partie en Angleterre, Hollande, Égypte. Elle nous a laissé un CD de plein de belles photos. On a choisi celles des horizons de mer, en souvenir des photos de Sugimoto exposées au LIFE de Saint Nazaire, et qu’on avait plagié.
Monsieur Villain
Ce matin, on a rencontré Monsieur Villain, qui dirige l’EPAA -ensemble pour un autre avenir- et on a rencontré aussi Sabine, qui y fait l’accueil et qui nous avait présenté sa grand mère la semaine dernière.
L’EPAA est une structure pour aider et écouter ceux qui rencontrent un obstacle quel qu’il soit. Ils se mobilisent pour trouver une solution, en faisant le relais avec les institutions. Ils mettent en avant le respect de la personne, de son histoire.
On a parlé des Jardins de la Gohelle. Depuis un an et demi, cinq employés – anciens chômeurs longue durée- cultivent des légumes bios et les vendent. Le jardin, et la culture maraichère sont pour monsieur Villain une façon de redécouvrir le plaisir du travail. Un travail dur physiquement et contraignant – ici c’est la nature qui décide du rythme de travail- mais aussi, surtout, un travail gratifiant, qui permet de retrouver la confiance en soi, de réapprendre à respecter le rythme de la nature, de respirer un air moins pollué, de se dépenser physiquement, de travailler en équipe, à l’écoute de l’autre, de redécouvrir une alimentation saine.
Monsieur Villain souligne à quel point il est devenu précieux aujourd’hui de connaître toutes les étapes d’une chaîne de production, et combien c’est indispensable pour comprendre et aimer son travail.
Les jardins de la Gohelle ont eu un tel succès en cette première année, que l’EPAA caresse l’espoir de doubler la superficie l’année prochaine, pour embaucher encore, et pour satisfaire toutes les demandes de légumes auxquelles ils n’ont pas pu répondre cette année. Ça marche, et ça ne dégage que du positif de tout côté : pour les cultivateurs autant que pour les consommateurs…
les jardins de Gohelle

