VEILLEES
Les danseurs sont à la Base
Les danseurs son arrivés. On s’est retrouvé au collège Pierre et Marie Curie pour la récréation de dix heures. Dès que les élèves sont sortis aussitôt un cercle s’est formé autour de la danse. Camille, Dorothée et Mathilde ont commencé par un adage et puis une danse du spectacle Base 11/19. Ensuite Herve a dansé seul au milieu des élèves. Après la danse il a invité un élève à prendre sa place au milieu du cercle qui à son tour nous a fait une démonstration. Tout le collège était réuni dans la cour. Cet après midi on y retourne pour travailler avec eux sur des textes qu’ils ont préparés avec leur professeur de français. Avant de partir on a bu le café dans le bureau de M. Fresko.

Rencontre avec Monsieur le Recteur de la mosquée de Lens
Trouver un universel qui est sur terre et pas dans les nuages On part chez le recteur de la Mosquée de Lens à la Cité 9. Pour lui, le travail est sur le terrain, dans des actions sociales concrètes. Son rôle c’est de faire le lien entre le cultuel et le social, de sortir du communautarisme pour trouver le culturel, le vivre ensemble. Et pour cela il nous dit qu’il faut être prêt à s’ouvrir et s’ouvrir c’est sortir de ses peurs et c’est surtout accepter de vivre ici, de s’emparer de la vie, de la réalité et de l’histoire. Pour lui si on casse une cabine téléphonique c’est parce qu’on se dit qu’elle ne nous appartient pas. Il faut que ça nous appartienne. Pour cela il prône des actions concrètes sur le terrain. Tout ce qu’on ne voit jamais dans les médias. Il ne négocie pas avec le spectaculaire, il négocie avec le temps, son meilleur allié nous dit-il. Pour cela ils organisent des rapprochements avec l’Eglise du quartier, avec l’Abbé Bécart, ils rompent le jeûne ensemble pour le Ramadan, ils ouvrent les lieux de cultes aux différentes communautés. Les lieux de culte nous dit-il sont avant tout des architectures fraternelles, les murs ce n’est rien…Pour lui la religion ne doit pas être une revendication identitaire, ce n’est pas ce qui doit lier une communauté et surtout l’isoler. Il nous dit qu’ici, dans l’ancien bassin minier du Nord pas de Calais, le dénominateur commun c’est sans aucun doute la mine. La mine a ramené les différentes cultures à une culture commune, et c’est sur ce dénominateur commun que l’on doit se retrouver, dans notre histoire commune, nos réalités quotidiennes. Et même s’il reconnaît que les manifestations de violence ou de revendications identitaires ont un lien avec les pages qu’il manque à l’histoire, avec le mal qui a été fait aux pères, il revient sur le fait que c’est par l’éducation et le respect de l’autre que l’on s’approprie les choses.
Retour sur le marché de Liévin (2)
Ne pas parler Ce matin au marché on croise une vieille dame. La doyenne du marché de Liévin nous crie un homme. La dame nous dit que pour être libre il faut pas dire ce que l’on pense, il faut garder les choses pour soi, il faut pas parler. Alors pour appuyer son propos elle dit la parole est d’or et le silence est d’argent puis elle reprend non la parole est d’argent et le silence est d’or….finalement on a passé une heure à discuter avec elle !
Retour sur le marché de Liévin (1)
Géographie intime Ce matin Marché de Liévin. Le plus grand du coin. Liévin c’est juste à côté de Loos-en-Gohelle, on a traversé la voie ferrée pour y arriver. C’est intéressant ici comme les villes sont proches et se côtoient, et en même temps il y a des séparations. Les gens de Liévin ne sont pas de Loos en Gohelle et vice versa. Ce serait intéressant de demander aux gens du 11/19 où selon eux s’arrête leur quartier, où s’arrête leur ville ? Ce serait intéressant de voir ce que les frontières imaginaires ou symboliques racontent sur la vie des gens. Ça rejoint la réflexion sur la géographie entamée depuis le début de la Veillée. Jusqu’à quel point nous sommes le lieu où nous vivons, jusqu’à quel point nos limites ne correspondent-elles pas aux frontières géographiques que l’on se crée. Jusqu’à quel point pouvons-nous nous déplacer ?
de Bahia à Saint Nazaire
On se demande où sont passés les syndicalistes, les discours enflammés et les actes militants qui allaient de pair avec les mines ? On entend beaucoup parler des mines. La mémoire des mines est là, bien présente, mais on entend si peu de ce discours militant qui allait avec. Un discours militant mis au présent. On se rappelle de notre veillée à Saint Nazaire, sur les chantiers navals, où ce discours était à chaque porte, dans chaque bistrot, dans la bouche des ouvriers autant que des chômeurs, des profs autant que des commerçants.
On s’attriste un peu. On ne jette pas la pierre, on n’accuse personne de cet oubli, mais on se demande. On se demande ce qui l’a provoqué, comment y remédier. Comment crier qu’on peut changer les choses, qu’on a des droits à défendre, des causes pour lesquelles on peut se battre.
Jorge Amado, dans Bahia de tous les saints raconte comment un noir de Bahia découvre, en même temps que la grève et le militantisme, l’amour de ses frères et le respect de tous. Ne plus jamais courber l’échine, une nouvelle dignité.
Dans les films du groupe Medvedkine, on voit des ouvriers et ouvrières changer radicalement de vie au cours de grèves des usines de Besançon. Se découvrir, se libérer dans le militantisme. Retrouver un espoir et des objectifs dans la défense des ouvriers.
On s’est dit que quelque chose de fondamental est en train de disparaître. Que ça laisse de la place au fatalisme et à la résignation et que ça, il ne faut pas que ça arrive, il ne faut pas que ça revienne.
Visite au QG

nous avons l'art pour ne pas mourir de la vérité

l'art c'est ce qui rend la vie plus belle que l'art
petit robert : l’art c’est l’ ensemble de moyens, de procédés réglés, qui tendent à une fin.

