On pense à Calais

On a reçu encore une nouvelle histoire pour les gens de fiction. On en a reçu plusieurs et on est tellement contents à chaque fois. Merci.
Merci et bienvenue à Magdaleina, à Théodore la Vache, au Fantôme des terrils… Aujourd’hui, l’histoire parlait d’un migrant vietnamien passé par Calais. On se souvient de Calais, où on avait fait une veillée, du grand hangar qui a été détruit pendant qu’on jouait. De Moustache et des gens qui se battent à l’année pour essayer d’améliorer un peu le quotidien de ces gens de passage.

Vendredi de la fin de la deuxième semaine de Veillée

Aujourd’hui tout le monde a filé à l’école primaire Pierre et Marie Curie, cette fois à Lens. Hier nous étions à la même heure à Pierre et Marie Curie, à Liévin. Toute la journée d’ailleurs. Pendant que d’autres dans l’après midi étaient avec M. Cerjak au foyer Louis Albert, au club des médaillés où nous avons demandé aux uns et aux autres ce que c’était que la culture. En milieu d’après midi nous sommes allés chez un mineur silicosé qui ne peut plus venir au club ni même faire son jardin. Les danseurs ont dansé dans le jardin, dans la cour de la maison tandis qu’il regardait par la porte vitrée de la véranda. On avait prévu de revenir danser au club des médaillés vers 18h30 après le loto mais M. Cerjak est venu nous prévenir au 11/19 que les gens étaient partis plus tôt parce que le loto avait duré moins longtemps que d’habitude. Donc il n’était pas nécessaire d’y retourner. M. Cerjak nous a dit, réservez nous trente places pour jeudi soir à 19h et moi  je reviendrai vendredi aux  séances de 17h et de 19h. Pour voir si il y a quelque chose qui a changé. Alors les danseurs sont allés faire du porte à porte pour offrir une petite danse aux gens, juste pour eux, sur leur pas de porte. Au début ça surprend et après les gens sont ravis. Mathilde et Dorothée d’un côté. Camille et Hervé d’un autre. Et puis ils ont dansé dans la nuit…

En attendant Godot on écrit sur le bitume

Un grand merci aux élèves de la 5eme D ! On est retourné cet après-midi au Collège Pierre et Marie Curie, retrouver la classe de 5eme rencontrée la semaine dernière. Didier a d’abord commencé par proposer une scène de Godot filmée dans laquelle il donnait la réplique à un des élèves et lui soufflait son texte. La scène est une dispute entre Vladimir et Estragon. Une scène où il est question du Vaucluse, du départ et d’un souvenir flou. Certains élèves ont sorti une bonne colère de cette dispute…surtout les filles…Ensuite on est sorti dans la cour pour qu’ils dessinent sur le sol les calligrammes des poèmes qu’ils avaient  préparés. Ils ont envahis la cour. C’était intéressant de voir leur concentration, leur application, le choix déterminé du lieu où ils allaient poser leur forme.

–    « J’ai tenté seul un soir d’aller dans un pays où je n’ai pas accès. De villes bleues aux orgues du rivage ».
–    « La Montagne- La montagne qui parle à la neige. La neige qui parle à la montagne. La montagne qui trouve que la neige est belle ».
–    « Je suis coiffeur. Je suis heureux. Tous les jours je raconte des…
–    « Regarde-moi et pars loin d’ici pour que malheur soit fini. Une dernière fois si seulement je pouvais t’aider et arrêter de pleurer toute cette souffrance pour toi ».
–    « [ …], plus jolie que des violoncelles vous attendent au pont ».
–    « pour toi mon amour. Mon amour tu es tout pour moi. Désormais tu m’appartiens. Je t’aime plus que tout. Personne ne te remplacera. Tu seras toujours là pour moi ».
–    « […], tu seras pompier… »
–    « Je mentirais si je te disais que je te désire comme je t’ai toujours désiré ».

Sicile / 11/19 / Maroc

Dans la maison toute fleurie habite un monsieur qui nous a dit qu’il était sicilien, arrivé il y a quarante ans. Il a raconté qu’il a fait comme tout le monde, que tout le monde, à l’époque quittait la Sicile à cause de la mafia. Arrivé ici, il a eu la chance de ne jamais descendre au fond, mais il a travaillé aux mines longtemps, même après la fermeture. Il était au rail. Il a dû démonter tout ça quand ça a fermé. Il nous a raconté les connexions du bassin minier, sa carte à lui, qui dépend du réseau ferré.
Un voisin à lui est arrivé, un marocain, avec son fils, et ils ont fait semblant d’être racistes pour se moquer l’un de l’autre. Ça donnait l’impression que c’était une fausse querelle pour beaucoup de plaisir, cette discussion entre voisins, sous le soleil de la fin de journée, un jeu de répartie où tout compte pour du beurre.
J’ai proposé que les danseurs aillent dans la famille marocaine. Il m’a dit, c’est madame qui décide. On verra demain.
Et puis il a dit à une autre voisine qui passait par là que des danseuses allaient danser chez lui. Elle l’a pas cru, alors quand Dorothée et Mathilde sont passées par hasard, et qu’on les a présentés, elle a été toute surprise. Il était bien, ce dernier rayon de soleil entre voisins du 11/19.

Tremblay

Hervé vient de Tremblay-en-France, dans le 93. On y avait fait une veillée. C’est là qu’on l’a rencontré. On y a rencontré plein de gens. On y a été si bien accueilli, au théâtre Aragon, et dans les rues aussi, et dans les associations, qu’on parle de Tremblay avec le sentiment d’y avoir un peu vécu et avec l’envie d’y revenir le plus souvent possible.

un nuage de rien du tout

Hervé a dansé sur le plateau entre les deux grands terrils. Il y a une légende qui dit que de là haut, on voit la Belgique. Où commence la Belgique dans le paysage ?
Jérémie était quelque part entre le rond point de l’autoroute et la route de Bethune, pour filmer Hervé qui dansait là-haut. Hervé à dansé et c’était comme s’il dansait dans le ciel. On a fait une photo où il attrape un nuage. C’était un nuage de rien du tout tellement il fait beau aujourd’hui.
Hervé dansait en sachant que quelque part dans ce paysage, il y avait Jérémie et sa caméra. Étrange sensation, il a dit.