Y a du solel mais y fait frod. On est rintré d’Paris, on est matt (qui vient de l’allemand matt qui veut dire épuisé). On est à la recherche de salle pour répéter et jouer No Border. On va devoir monter le décor dans le futur estaminet du 11/19 parce qu’il n’y a plus une salle de libre à Culture Commune. Dans le nef (la grande salle de C.C) a été installé un nouveau et somptueux grill. Ça change tout. Tout est possible à Culture Commune maintenant, on peut y installer tous les décors du monde et en particulier les agrès de cirque, comme les trapèzes. Les espaces de C.C sont très demandés et le foisonnement des compagnies émergentes trouve ici la possibilité d’expérimenter des nouvelles formes de spectacles vivants. On découvre chaque semaine des nouvelles têtes, des jeunes artistes qui se relaient dan les salles de répétition pour des résidences de plusieurs semaines. C.C est un lieu privilégié de la création contemporaine, et de l’art partagé.
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EST CE QU UN NOUVEAU MAI 68 SERAIT EN PRÉPARATION ?
Bon… là, hier, on était à Paris avec Marie pour participer à une réunion du Syndeac. De 17h à 21h sur les projets artistiques qui se fabriquent avec les gens qu’on rencontre ici et là sur des territoires particuliers. Ça fourmille d’idées et de réalisations artistiques (On est très surpris que le Syndeac s’intéresse aujourd’hui à ces pratiques puisqu’il n’y a pas si longtemps de ça encore, tout cela n’était pas pris en compte en tant que démarche artistique. Surtout par le Syndeac). Marie Josée Malys (présidente du Syndeac) dit fort bien l’urgence, dans le contexte politique, économique ambiant, pour chacun.e de se questionner, d’agir, de tendre la main, de briser les murs pour agir ensemble, tous publics confondus. L’oeuvre d’art appartient à toutes et tous et doit être fabriquée par tout le monde. On pourrait imaginer que l’association Artfactories/Autreparts (qui est à l’initiative des premiers regroupements d’artistes travaillant dans les lieux dits intermédiaires sur des formes artistiques incluant les populations. cf leur site internet) et toutes celles et ceux qui participent de ces pratiques et qui se sentent concerné.e.s par cette volonté de transformation sociale et politique (dont le Syndeac), se retrouvent et se regroupent pour mettre en place une coordination internationale des lieux de résistance.
Ça vous file entre les mains
Ça s’en va et ça revient, c’est fait de tout petit rien, ça se danse et ça se chante comme une chanson populaire... Nietzsche et Claude François voyaient la vie de de la même manière ; ils nous parlaient de cette sensation d’avoir déjà vécu un instant de vie que les neuro-scientifiques appellent l’épilepsie neuronale. C’est aussi ce qui va déterminer la révélation chez Nietszsche, lors d’une promenade à Sils Maria (Suisse), de l’éternel retour. La vie reviendrait de façon identique à perpétuité, comme nous l’avons toujours vécue (Pour ma part une perspective qui n’est forcément joyeuse). Deleuze avait interprété l’éternel retour comme une vie qui reviendrait de manière quasi similaire mais en mieux. Mais chez Nietzsche, il s’agit du retour du même dans ses moindres détails.
On est lundi matin ?
En route pour Béthune, direction Le Palace pour demander un soutien pour No Border. Et puis on ira au bureau, parler d’argent, de budgets, des devis des différentes actions et spectacles en cours et à venir.
On intervient demain soir sur les droits culturels et une expérience en particulier ; celle de Valenciennes, Nickel avec le Phénix. Nous parlerons devant les adhérents du Syndeac, syndicat des patrons des moyennes et grosses entreprises culturelles (pour la petite histoire, nous sommes au Synavi, syndicat des patrons des petites et toutes petites entreprises culturelles) . La réunion a lieu au théâtre de la colline à Paris, il faut préparer le discours.
Un collectif de détenus incarcérés à la maison d’arrêt des hommes de Fleury Mérogis.
l’idée de la chose, c’est l’essence
La mémoire non vécue (les églises, les monuments, les terrils, les maisons dont on hérite ou pas…) est un processus de transmission qui supporte ma mémoire vécue et dont une société ne peut se passer, un totem, un monument aux morts, des livres… et les traces de vie d’autres mortels que sont les inoubliables qui constituent le fond mnésique. Les inoubliables sont des héros. Les héros sont ceux qu’on n’oublie pas. Homère, le père Noël, Jean Moulin, Louise Michel, Fernand, Juliette, Kader… En fonction de chacun.e. d’entre nous. Les êtres qui ont existé continuent de consister dans l’esprit de ceux qui les ont aimés.
Entre les mortels et les immortels, il y a les héros. Les héros apprennent aux mortels à vivre leur mortalité avec dignité. Cette référence à l’immortalité est requise pour expliquer les essences, par exemple l’essence de la vertu qui inclut toute l’unité, toutes les différentes expressions de la vertu, dans tous les cas de la vertu. Ce sont des visons, des apparitions, des revenances. Qu’est ce que qui fait que je peux reconnaître ce qui est vertueux, c’est que j’ai une une idée, une image de la vertu, comment la chose m’apparaît de l’extérieur, grâce à celles et ceux qui sont la catégorie de mes héros.
Komm, tanz mit mir !
Eliane Dhegeyre donnait des cours de danse à Hellemmes, toutes les semaine et des week ends entiers. Nous étions nombreux à suivre son enseignement. Il y a fort longtemps. C’étaient nos débuts, au Ballatum. Juste après avoir quitté le Prato. On est allé par la suite prendre des cours à l’opéra de Lille, toujours avec Eliane et l’association Danse à Lille. Bien avant que Eliane ne devienne la directrice de la scène conventionnée du Vivat, à Armentières. On portait déjà à l’époque des jeans troués. Et puis le temps a passé et nous avons joué les Sublimes au Vivat. Eliane a pour ainsi dire vu tous les spectacles du Ballatum et d’Hvdz. De l’époque où nous étions avec Eric Lacascade et par la suite avec Hvdz, sans la participation d’Eric Lacascade. Eric L. ne prenait pas les cours de danse. Nous, nous y intéressions davantage. On ne manquait jamais les stages organisés par Jean Fançois Duroure, Jean Gaudin ou Karine Saporta… à l’initiative de danse à Lille ou de l’Hippodrome de Douai. L’échauffement était toujours un temps privilégié, tout comme les improvisations. Par contre, apprendre par coeur des pas de danse qu’on devait enchaîner à toute vitesse, les un.e.s derrière les autres sur des diagonales qui coupaient les studios en deux, s’est toujours avéré hors de porter de nos velléités de savoir danser. Nous avons retrouvé Eliane la semaine dernière à Armentières. On est allé au fil rouge, un des plus beaux restaurants de la région. Nous travaillerons l’an prochain ensemble. Ce sera sa dernière saison, puisque Eliane fera valoir ses droits à la retraite tout prochainement. C’est une grande joie pour nous de revenir à Armentières.
je me souviens (devise du Québec)
On a bien travaillé hier. On a reçu le conseil départemental au bureau. Ça a été l’occasion de revoir l’intégralité de nos interventions de 2017 et de nous projeter sur 2018 et au delà. On ne manque pas de taf, surtout en ce qui concerne la saison prochaine. Enfin, on ne manque pas de taf tout court. On peut même imaginer qu’on s’en va tranquillement vers la fin 2020 avec tant à faire qu’on ne verra pas les années passer.
Le privilège d’HVDZ est d’avoir inventer, d’avoir repensé ses missions sous des formes différentes : tout en continuant à faire des spectacles sur les plateaux de théâtre, nous avons développé un énorme champ d’intervention artistique avec les gens de partout. Notre travail participe fondamentalement de l’idée que chaque être humain est une oeuvre d’art qu’il faut mettre en valeur.
Ça paraît tout neuf mais c’est aussi daté que nos sociétés. Socrate (comparaison n’est pas raison) faisait accoucher du savoir universel, par la dialectique, tout individu qu’il entretenait un temps, en travaillant principalement sur le ressouvenir.


