Conseil départemental à 14h30. A Arras. Revoir la convention pour ces prochaines années. Parler de nos actions qui font l’essence de la compagnie ; ici pour le coup, on pourrait presque dire que l’existence a précédé l’essence. On a tout changé dès qu’on on est arrivé sur le site minier du 11/19 à Loos en Gohelle (bien avant les premières Veillées) avec Isabelle Driouch et Chantal Lamarre de Culture Commune. On a, dès lors, confondu dans notre manière d’être et de faire du théâtre, la rencontre et la création avec et pour les gens et tout le reste. On a fabriqué un théâtre des gens pour dire combien on en avait marre de cette vie là et de ce théâtre-là, celui qu’on faisait jusque là, qui n’en avait rien à faire des gens. Quelque chose d’affreusement malsain qui nourrit un entre soi complètement destructeur, nihiliste. De toute manière aussi longtemps que les gens ne prendront pas leur destinée en main, rien ne changera vraiment. La répression s’accentuant de jour en jour, peut être que ça finira par barder et qu’on mettra en place une Europe comme une énorme ZAD. N’oublions pas, déjà, qu’à Nantes, on a gagné !
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Un seul remède, s’il en est, aimer plus qu’on ne souffre
Avant hier, il y avait une réunion, à La Briqueterie de Vitry sur Seine, à l’initiative de la Drac Île de France (Mehdi et Laetitia) et de l’agence régionale de la Santé. Il y avait là celles et ceux qui ont participé à l’élaboration d’ oeuvres d’art, en co-construction avec des habitants, des personnels, des patients, des artistes, au sein d’hôpitaux sur tout le territoire. Il y avait aussi des responsables culturels et politiques de la région. La réunion avait lieu sous forme de bilan où chaque groupe qui représentait une action dans un hôpital, racontait son travail, son aventure (extraordinaire). Au résultat, humainement et artistiquement, ce sont des sacrées belles histoires qu’il faudrait renouveler à l’infini. Que du bonheur ! Ce que l’on n’a pu s’empêcher de faire remarquer. On a même proposé qu’on prenne le pouvoir et qu’avec tout le monde dans la société, on applique cette façon de travailler avec les autres, dans l’écoute, la co-construction, en prenant en compte les idées de chacun. Habiter artistiquement nos lieux de vie et la vie tout court.
les espaces intermédiaires
« Si le lieu d’une ruine est périlleux, je frémis. Si je m’y promets le secret et la sécurité, je suis plus libre, plus seul, plus à moi, plus près de moi. C’est là que j’appelle mon ami. C’est là que je regrette mon amie. C’est là que nous jouirons de nous sans trouble, sans témoins, sans importuns, sans jaloux. C’est là que je sonde mon cœur. C’est là que j’interroge le sien, que je m’alarme et me rassure. De ce lieu, jusqu’aux habitants des villes, jusqu’aux demeures du tumulte, au séjour de l’intérêt des passions, des vices, des crimes, des préjugés, des erreurs, il y a loin. Si mon âme est prévenue d’un sentiment tendre, je m’y livrerai sans gêne. Si mon cœur est calme, je goûterai toute la douceur de son repos. Dans cet asile désert, solitaire et vaste, je n’entends rien, j’ai rompu avec tous les embarras de la vie. Personne ne me presse et ne m’écoute. Je puis me parler tout haut, m’affliger verser des larmes sans contrainte. » P. Handke
Ne pas tenter de descendre tant que le train est en marche
Paris, Armentières, Lille, Arras,Vitry sur Seine, Gennevilliers. En voiture, en train, en bus, en métro. A coeur vaillant, rien d’impossible ! Et on remet ça demain, Paris demain soir, du côté de Vitry su Seine pour une réunion, le lendemain, avec l’agence régionale de la santé d’île de France. Autour de nos interventions à l’hôpital psy d’Etampes. En collaboration avec la scène nationale d’Evry, dans l’Essonne. On retrouvera la Seine à Vitry comme à Gennevilliers. Puisque que hier on était à Gennevilliers au théâtre 2 Gennevilliers. pour le spectacle 1993.
Soir d’hiver
Ah! comme la neige a neigé!
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah! comme la neige a neigé!
Qu’est-ce que le spasme de vivre
A la douleur que j’ai, que j’ai.
Tous les étangs gisent gelés,
Mon âme est noire! Où-vis-je? où vais-je?
Tous ses espoirs gisent gelés:
Je suis la nouvelle Norvège
D’où les blonds ciels s’en sont allés.
Pleurez, oiseaux de février,
Au sinistre frisson des choses,
Pleurez oiseaux de février,
Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses,
Aux branches du genévrier.
Ah! comme la neige a neigé!
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah! comme la neige a neigé!
Qu’est-ce que le spasme de vivre
A tout l’ennui que j’ai, que j’ai…
Emile Nelligan
On est tous menacé d’oublier
On se mélange dans ses propres souvenirs. Entre ce qui est vrai et ce qu’on a déformé, puisque les mots ne sont jamais totalement en adéquation avec ce qu’on a vécu (même si on s’appelle Jean Jacques Rousseau et qu’on est un promeneur solitaire du 18ème siècle). Pour y mettre de l’ordre, on recrée, on relit son passé de manière toute autre, exprès, avec une perspective différente. On adopte une attitude réflexive sur sa propre existence pour accepter de vivre ( il neige, quel est le sens ? ), pour en faire un tremplin pour aujourd’hui. On a plutôt intérêt d’ailleurs, sinon on se perd, on doute, on est sûr de rien, on se dit qu’on n’est pas fini. Et on pense, à quoi bon ? Puisque dans deux cents ans, qui se souviendra de nous ? Et de ce qu’on a vécu ! On devrait donner un titre à chaque moment de sa vie. Poser des repères comme sur une carte routière.
le mercredi midi c’est yoga dans la salle du Ceerd (on amène son tapis)
Belle journée de travail hier et repas diététique au bureau de la compagnie avec Marie, Gilbert, Laurent et Guy. Toutes sortes de très bonnes choses parfaites pour une alimentation saine et équilibrée. Manquait une petite marche sur les terrils noyés dans le brouillard et nous aurions atteints des sommets de bien être. A Loos en Gohelle. Sur le site du 11/19. Voilà une autre activité que nous pourrions donc menée au 11/19 : La zénitude en haut des terrils. Théâtre, diététique, marche réflexive et… piscine de Liévin. Et… space cake pour le goûter (selon les goûts). En co-construction avec le Bookkaffé de Bruay.
Un coup chi, un coup là, cha fait deux coups de passés.
Hier, grande partie de la journée à Valenciennes. Le temps est toujours aussi maussade. Il faut s’armer de courage pour se mettre en route. Nos routes du nord sont en permanence saturées. Aujourd’hui, on passe la journée à Loos en Gohelle. De Lille, faut compter une heure, de Fresnicourt le Dolmen, une vingtaine de minutes. Par un temps aussi brumeux, on ne voit pas le haut des terrils du 11/19. Ni la tour d’extraction du 19. Allez ! tout le monde al’ fosse ! Enfin mi, Gilbert et Marie.


