I hurt myself today To see if I still feel I focus on the pain The only thing that’s real The needle tears a hole The old familiar sting Try to kill it all away But I remember everything What have I become My sweetest friend Everyone I know goes away In the end And you could have it all My empire of dirt I will let you down I will make you hurt I wear this crown of thorns Upon my liar’s chair Full of broken thoughts I cannot repair Beneath the stains of time The feelings disappear You are someone else I am still right here What have I become My sweetest friend Everyone I know goes away In the end And you could have it all My empire of dirt I will let you down I will make you hurt If I could start again A million miles away I would keep myself I would find a way
Blog
17h17 Arras- Paris NoRD
Demain, on prend le train pour Paris pour retrouver Seb et Blanca à Bagneux qui crée un duo de main à main, qu’il et elle ont appelé Borderless. En référence à No Border qu’on répétera en octobre, sur le texte de Nadège Prugnard. On va donc loger à Bagneux pour quelques soirs, à l’hôtel en face de la station du RER B. Et découvrir Bagneux où l’on n’a jamais mis les pieds. On va travailler sous le plus petit chapiteau du monde (PPCM). On se réjouit de renouer avec le travail de plateau et de se creuser les neurones avec Seb et Blanca, qui ont plein d’idées à expérimenter physiquement.
L’autre qu’on adorait
Difficile de ne pas se demander dès qu’on perd un peu la foi ( en tout ), à quoi on sert ? Ça n’est pas tout les jours le cas, heureusement ! Sinon, tu te tires une balle dans la tête (les pistolets 22 long rifle sont en vente libre à condition de présenter une pièce d’ identité à l’armurier) ! On a connu une époque, quand on était encore au théâtre Arc en Ciel de Liévin, où on parlait à toutes occasions de mettre un terme à sa vie. On était trois camarades à imaginer tous les soirs comment on s’y prendrait. On était en plein dans le temps des mises en scène des textes de Tchekov. Je me souviens bien de cette phrase qui revenait souvent dans la bouche de l’un d’entre nous, on est trop heureux, ça cache quelque chose ( sous entendu, quelque chose de dramatique ). On était très influencé par les pièces de Tchekov et de Ray Carver. On était très loin de ce qui nous occuperait avec force, plus tard, après la disparition de notre groupe : la lutte contre les déterminismes, la lutte des classes, les luttes sociales, la transformation sociale, le soutien aux réfugiés, le théâtre avec les gens, l’éducation populaire… Ça ne nous empêchera pas de prendre en masse des antidépresseurs et autres psychotropes. Ça se saurait, s’il suffisait de faire de la politique pour calmer les désordres psychiques en tous genres, d’un graffiti révolutionnaire ou de défiler pendant des kilomètres, à faire le tour de la terre en criant à bas les injustices, la misère, l’inhumanité, pour aller bien ! C’est plus compliqué que ça. Tout ceci participe de comptes à régler avec le monde, et la vie.
Pause
On n’enverra pas de posts dans les jours qui viennent. Pas bien longtemps (trois ou quatre jours, plus ou moins). On n’arriverait pas à décrocher très longtemps. Bises.
Franck, AnAÏg, ANthony et les autres…
On a tenté ces deux dernières années des ateliers d’Education Populaire en souvenir de ce qu’on avait fait avec la Scop « Le Pavé », animée en particulier par Franck Lepage, qui aujourd’hui a marqué le pas, pour profiter de la retraite. On avait beaucoup appris lors des deux semaines de stage avec l’équipe du Pavé. Sur la fonction de transformation sociale de l’éducation populaire et sur ce qui depuis Malraux avait éloigné le théâtre des gens, en particulier des gens des quartiers populaires. Anaïg, qui faisait partie du Pavé nous avait dit, je ne crois pas en l’art, qu’elle considérait davantage comme un outil de propagande du ministère et de l’état que d’une réelle possibilité de dénoncer des injustices, des oppressions, la souffrance au travail, des abus de pouvoir, le néocolonialisme ou la montée inexorable du racisme et des extrêmes droites en Europe. Rien ne dit que nous aurons cette année encore la possibilité de faire se rencontrer le public avec des écologues, des spécialistes des politiques du genre etc. afin de susciter la réflexion et bousculer l’ordre établi.
On manque de temps, de bonne volonté et d’argent. On fera mieux la saison prochaine. Tout ce dont on parle là ne peut pas attendre mais Léon et Léonnie n’ont pas quatre bras.
Et Hop là !
La Communauté de Communes de Lens-Lièvin qu’on appelle la CALL à qui appartient le site du 11/19, à qui on loue nos bureaux depuis la rénovation du site, y a installé des containers de tri sélectif des déchets. J’y suis passé tout à l’heure pour faire du ménage dans ma voiture, sous une pluie battante. Pour y arriver, j’ai traversé la cité des Provinces, juste en face de la Base. J’ai revu la maison qui nous avait servi de quartier général à l’époque de notre dernière veillée sur la cité. Je me souviens qu’on avait mêlé la Veillée, nos entrevues avec un max de gens dans le quartier, des actions artistiques à tout va (mais toujours des interventions douces avec l’intention constante de faire danser, et chanter les gens) avec la construction d’un parcours sensible dans le quartier. On s’était placé à différents endroits, pour proposer aux gens du quartier et d’ailleurs, le long d’une ballade spectaculaire, des performances autour de la cité et des environs. Martine avait ramené Marguerite Duras dans les corons (un magnifique travail sur les sonorités). Jérémie avait réalisé un film sur les multiples virées des danseurs de la compagnie au fil des ans dans la cité. Mourad avait donné à voir des extraits d’un prochain spectacle sur le city stade, qui se prêtait comme un gant à son histoire. Guy et Marie (dessin) dans la salle 1 de Culture Commune ont fait un bref état des lieux de la faune sur les terrils, sublimes et emblématiques terrils du 11/19, qu’on voit de très loin, d’où qu’on vienne, comme les pyramides du Caire. Didier a donné à voir et entendre son point de vue sur la cité, qu’on ne voit jamais de la même manière, selon ce qu’on regarde, ce qu’on sait du lieu et qui on est. On allait d’un endroit à l’autre guidé par les savants de la chaîne des terrils et du centre touristique de Lens Liévin qui nous racontaient l’histoire du bassin minier au travers de la cité des Provinces. Ça fait plaisir de se rappeler tout ça. On ne peut pas vivre en oubliant ce qu’on a fait dès qu’on est passé à autre chose. Rendons Sisyphe heureux !
dolce vita
On est toujours rattrapé par le scepticisme et la relativité. Qui font l’essentiel de nos vies. D’un instant à l’autre rien n’est jamais vraiment pareil. On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve. On peut être d’un coup très joyeux et puis le moment d’après, rien ne va plus. Plus rien alors ne trouve grâce à nos yeux. On cherche à retenir les moments de bonheur qui nous filent aussitôt entre les mains. Comme s’il fallait, pour résister, constamment rester à distance pour ne pas se trouver trop affecté par ce qui nous arrive en bien ou en mal.
Cette saison, il va falloir apprendre à maîtriser ses mouvements d’humeur pour traverser les tempêtes qui nous attendent. Même si on y va avec beaucoup d’enthousiasme et de tolérance. Il va falloir prendre de la hauteur, pour ne pas se laisser prendre au piège de la réalité. S’élever comme le font les poissons volants pour sortir du milieu ambiant. S’extraire du grand bain des tensions incessantes, et revenir grandi, plus compréhensif pour partager nos égarements, accepter nos impuissances, nos personnalités si différentes. Et tout ira bien.



