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C’est pas fini !

C’est reparti comme en 40. Les volets du bureau sont réouverts et tout comme au centre de ressources et de développement durable, dans les locaux du dessus, sur la Base 11/19, ça taffe de nouveau. Dans les couloirs, c’est comme dans  le métro parisien à l’ heure de pointe.
Par ces temps difficiles (climat politique plus que délétère), il ne faut rien lâcher. On a du pain sur la planche. Plus qu’il n’en faut. Du courage, camarades ! On ne se laissera pas avoir par les fachos. La Base 11/19 est un rempart au retour décomplexé des idées d’extrême droite (faut arrêter de dire populisme).

Les bâtiments situés sur la Base sont tous en travaux. Du moins, ceux auxquels on n’avait encore pas touchés depuis les débuts de la rénovation du site. Une grande brasserie verra le jour dans deux ans. Ce qui était la salle des machines est en chantier ; là, on n’a aucune idée de ce que cela va devenir. Serait-ce la construction d’un théâtre, tant attendu et dont on a parlé pendant des années ? Ça fait vingt ans exactement cette saison qu’on est sur le site et dix ans qu’on parle d’une salle de théâtre, intégrée à l’esprit du lieu.

La grande maison d’ingénieur située à l’entrée de la Base n’aura pas eu cette chance. Après avoir été vandalisée de nombreuses fois et fait l’objet de multiples d’enquêtes de toutes sortes dans l’idée d’en faire une maison d’hôtes pour les artistes, puis un restaurant de grand standing ou encore un hôtel (on est à quelques centaines de mètres du musée du Louvre-Lens), la maison est au jourd’hui murée comme un château fort et attend qu’on veuille bien en faire quelque chose, si c’est encore possible.

Mais ça avance ! Les collectivités locales ne sont pas bien riches par ici.

C’est le moment de faire des confitures de mûres

Le boulot a repris. Dès lundi, on se rend à Bruxelles pour préparer notre intervention en décembre et janvier, à l’École supérieure des arts du cirque et à Circonflex. Mardi, Marie et Didier s’en iront à Paris, chez les Turbulents pour mettre la dernière touche à Trouble.

On devait mener une formation à Firminy, près de St Etienne, mais celle -ci n’aura pas lieu, faute de combattants. Trop peu d’inscrits pour faire valider le stage auprès de l’Afdass. On se souvient de notre visite à Firminy et de l’engagement des organisateurs, des responsables de la mairie et des éducateurs. Ce sera pour une prochaine fois.

Il y a dix ans tout juste les Chantiers Nomades et Hvdz s’étaient retrouvés pour une session de recherche d’un mois qui avait débouché sur la création d’un film et d’une veillée qui furent réalisées avec et pour les gens du quartier des Provinces (Lens), la place Calonne (Loos en Gohelle), et St Amé (Liévin). Nos stagiaires étaient issus de tout le pays. Beaucoup de travail mais à la fois un évènement rare (Cf. Veillée : la poétique du réel, dans la liste des Veillées répertoriées sur le blog).

Lucien répète Wulverdingue tandis que nous organisons les répétitions de No Border qui démarrent en octobre. Nadège a de nouveau emballé tout son public le 23 août à Aurillac où la direction du festival lui a demandé de lire sous les arbres le texte de No Border.

C’est la fête ! C’est la fête !

En cette fin de semaine aura lieu à Lille la grande braderie qui réunit tous les ans plus d’un million de personnes. Elle s’accompagne d’un semi-marathon organisé le samedi matin et qui marque le début de la fête. La braderie prend fin le dimanche midi, a cours le samedi, toute la nuit du samedi au dimanche et le dimanche matin. Elle est le signal de la rentrée et de la fin des vacances. Elle représente aussi un moment de fête exceptionnelle, un rendez vous des amoureux de la brocante, de le déambulation, de la musique forte et des verres en terrasse, de la bière et de l’alcool fort et bien sûr des moules frites. C’est un passage obligé pour qui aime faire la fête et c’est l’occasion de voir plein de gens qu’on n’a pas vus depuis longtemps, par exemple depuis la braderie de l’année passée. C’est l’occasion de faire des affaires et de s’acheter des vieilles fringues, des babioles ou une table. Ou des chaises. Des sous-verres. Un vieux lampadaire. Des livres d’école du début du 20éme siècle, un sac à dos, des vieux crayons de couleur, des cartes postales. Un maillot de foot du Losc. Pour les professionnels, il s’agit d’une vaste foire et en général les grosses affaires se négocient dès le vendredi soir. La Braderie de Lille est un évènement inévitable comme le carnaval Dunkerque pour qui voudrait connaître la région. C’est aussi couru que Paris Roubaix et bien plus que les quatre jours de Dunkerque.

l’insurrection qui vient

C’est reparti. Les gens rentrent et rejoignent la Base. Le travail reprend si jamais il ne s’est arrêté. Qui détermine ce qui est du travail et ce qui n’en est pas ? Ceux qui ont le pouvoir et donc le pouvoir de l’argent ! Si ça ne va pas, rien ne changera tant qu’on ne remettra pas en question les valeurs. La lutte des classes, c’est aussi la lutte des valeurs. Après la révolution de 1789, les bourgeois ont pris le pouvoir au bénéfice de leurs privilèges, en établissant une certaine idée du travail et de sa valorisation par l’argent. C’est un bouleversement profond, politique et philosophique qui permettra d’envisager une vraie justice et la possibilité de l’égalité et de vivre fraternellement. La toute puissance de l’argent et la perception actuelle du travail  déterminent l’aliénation d’une majorité de gens afin d’enrichir une infime minorité d’oligarques. Nietzsche affirmait que l’homme libre disposerait librement des trois quarts de son temps. Relisons les textes du collectif Adret, travailler deux heures par jour.

Seb et Blanca à Bagneux

Tout s’est bien passé à Bagneux. Dans l’après midi est venue une petite centaine d’enfants et d’adultes. Nous avons présenté un travail en cours, quelques scènes commentées. On a raconté les quelques derniers jours  de répétition. En français, en espagnol, en anglais. On a parlé du Mexique et des Etats-Unis, on a parlé du monde. On a parlé de la vie au jour le jour le long de la frontière entre le Mexique et les Etats Unis. Et de la recrudescence des nationalismes en Amérique comme en Europe. Seb et Blanca ont tous deux travaillé avec les réfugiés et les migrants, à Chicago ou dans différents endroits du Mexique. On a expliqué notre façon de réfléchir physiquement sur le sujet. Comment trouver la transmission de la parole au mouvement ? L’une et l’autre, l’une sans l’autre ? Un moment intense et passionné. Puis les spectateurs ont fait part de leur ressenti. Un bel échange, en répétition tout comme en représentation. Le spectacle s’est terminé par la confection d’un cactus custemisé de plus de deux mètres de haut ; avec la cape de Zoro, du maïs grillé, la Cucaracha, un blouson des Hell’s Angels, une trompette, des Mariachis, un casque de l’équipe de football américain de Chicago…

Gare du Nord à 18H50

Deuxième jour avec Seb et Blanca au PPCM (plus petit cirque du monde) de Bagneux (RER B descendre à la station Bagneux et c’est tout droit en descendant la colline par les ruelles. Faut compter trente minutes à pied). On a beaucoup improvisé aujourd’hui, en espagnol, en français et en américain. Blanca est chez l’ostéopathe à l’heure qu’il est. Elle a du mal à marcher à cause d’une douleur dans le pied gauche. Demain, en fin d’après-midi, avant qu’on ne reprenne le train pour Arras, on fera une petite présentation de fin de résidence. A 16h. On écrira le déroulé du spectacle demain matin en fonction de l’état de santé de Blanca.

Bagneux

Bagneux, premier jour de travail avec Seb et Blanca. Il et elle ont trouvé une façon très chorégraphiée et particulière de parler des frontières. On a vu les premières vingt minutes. C’est drôlement réussi. Blanca et Seb ont beaucoup travaillé pour aboutir à vingt minutes de spectacles toute en finesse. C’est très poétique et en distance par rapport à la réalité brutale et la détresse des personnes à qui on interdit de franchir les frontières. On a l’impression qu’il nous compte une histoire faite d’éléments mythologiques qui puiseraient dans  Homère et la culture fantasmagorique mexicaine.

Seb et Blanca travaillent au plus petit cirque du monde qui est un magnifique cirque en dur conçu par l’architecte Patrick Bouchin (comme à St Denis et au Channel, à Calais (en plus grand).