Les Flandres ont un charme fou. Cette plaine à perte du vue donne le goût d’y marcher. Prendre les sentiers, les petites routes, les chemins de terre. Il y a des ruisseaux partout. Des fermes isolées. Des bosquets plantés au milieu de n’importe où. Tout ce qu’on peut regretter, c’est que dans une semaine, ce soit l’ouverture de la chasse. Quelle mauvaise idée de se munir d’un fusil et de tuer les faisans qui ne se sauvent qui si on s’en approche de quelques mètres. Ce sont pour la plupart des faisans d’élevage qui sont libérés pour satisfaire l’appétit sanguinaire des champions de la cartouche à plombs de la campagne flamande. C’est un véritable lobby. Et ils sont particulièrement agressifs. Je leur préfère tout de même les pêcheurs, le long du canal d’Aire bien que les poissons n’aient rien fait non plus pour qu’on leur tendent des pièges, à longueur de journée.
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C’est la fête ! C’est la fête !
Tous au 11/19 dans une semaine, puisque c’est l’ouverture de saison ! Marie Bouts y présente son dernier livre, basé sur des rencontres, des errances et des actions artistiques au sein du quartier des Provinces, à Lens, sur une saison complète, 2016/2017. Réservons, car il y aura du monde, du bassin minier, de Lille et des alentours, de Picardie aussi !
Et ce week end il faut aller à Stenwoorde pour le festival de l’Escale organisé par l’association Epopée. On assistera à des concerts, des pièces de théâtre, on y rencontrera de nombreux artistes de théâtre, de musique, de danse et de cirque. Tout cela dans le cadre magnifique d’une antique ferme flamande. On pourra s’y restaurer jusqu’au bout de la nuit. Ce peut être aussi l’occasion d’une promenade au milieu des animaux de la ferme.
Allez Lens
Tout est bien qui s’annonce bien. Réunion après réunion, on met les choses en place pour l’année à venir. C’est reparti. Ça bosse dans tous les coins. Il est question d’Eperlecques, de Montluçon, de London Calling, de St Denis de la Réunion, du C.D.O.I. de Méricourt… Le préfet est passé sur la place du 11/19, accompagné du maire de Loos en Gohelle et du directeur de Culture Commune, suivi de plusieurs gardes du corps. Il y a un monde fou en général sur cette place. De nombreux visiteurs en tous genres, des randonneurs, des architectes, des géomètres, des jardiniers et des petites motocyclettes. Des centaines de gens grimpent sur les terrils (les deux plus hauts d’Europe). Le bassin minier ne manque pas d’animation même si ça n’est pas la grande forme pour le Racing Club de Lens.
Que l’homme soit dans son esprit chez lui en terre natale
Finis les congés, finis les paysages idylliques, finies les longues marches méditatives, c’est l’heure de la reprise. Guy, Gilbert et Marie ont troqué la mer contre leurs deux terrils de la base 11/19. Depuis lundi , au bureau, on a rallumé les ordinateurs, on a corrigé le livre sur la compagnie qui va bientôt sortir, on a relancé le logiciel Excell, on a google-agendaisé, on a téléphoné, repris contact avec nos partenaires. Bref, pas de doute possible, c’est la rentrée. Le ciel du nord si bas qu’il fait l’humilité nous le rappelle. Retour à la base, bien sûr, nous sommes frais et motivés.
Calais, capitale des barbelés / Art. paru dans La Brique

2. Sur le démantèlement, lire : « Exil à Calais : fin de partie ? », La Brique, n°49.
3. Cf. le communiqué de presse publié par trois associations, la Cabane Juridique, le Réveil Voyageur et Utopia 56 à propos des violences policières (15 avril 2017).
4. Sur le rôle des associations humanitaires, lire La Brique, « Quand l’État administre le désastre » in Décamper, La Découverte, 2016.
5. Communiqué publié le 14 juin 2017 sur le site internet du défenseur des droits.
C’est un parc / Gérard Manset
C’est un parc où vont les bêtes
Et l’eau leur coule sur la tête.
Au milieu, des chevaux légers.
Les animaux sont mélangés.
C’est un piège où tomberont
Nos enfants quand ils grandiront
Et quand le chasseur s’en ira
Sur une civière, on dira:
C’est un parc où vont les bêtes
Et quelqu’un s’en souvient peut-être.
Les fruits trop murs, les arbres creux,
C’était le verger du Bon Dieu.
C’est un parc où vont les bêtes
Et l’eau leur coule sur la tête.
Au milieu, des chevaux sauvages.
Chacun se cabre sous l’orage.
C’est un piège où tombera
Le loup, le chien, l’homme et le rat
Et quand quand les chasseurs s’en iront
A genoux, nous leur chanterons:
C’est un parc où vont les bêtes
Et quelqu’un s’en souvient peut-être.
Les fruits trop murs, les arbres creux,
C’était le verger du Bon Dieu
est ce que quelqu’un connaît Germaine Berton ?
Eperlecques a quitté la Bretagne et a rendez vous dans le Doubs, d’ici quelques jours, quelques semaines. François et Lucien sont sur les routes pour un bon moment après le succès d’Avignon. On se dit qu’en Bretagne, ça s’est forcément bien passé. Eperlecques a une valeur universelle. C’est formidable qu’on l’ait joué à Avignon. C’était le meilleur moyen de faire connaître le spectacle.
Dès lundi, c’est la rentrée au bureau. Finies les plages de sable chaud. Les terrils du 11/19 brûlants de terre noire, remontées du fond des millénaires, au fil des 150 dernières années ( les fosses 11 et 19 de Loos en Gohelle ont fermé en 1987), nous attendent.
Un livre fort intéressant de Sorj Chalandon, (qui fut longtemps journaliste au journal Libération et qui a écrit et vécu au plus près la guerre en Irlande du nord) vient de sortir. Il s’agit de le jour d’avant, sur la dernière grande catastrophe minière qui a eu lieu en France, à Liévin, à la Fosse St AMÉ, en 1973. Plusieurs plaques commémoratives sont posées sur les murs de l’ancien site de la fosse. L’une d’elles dit « Ici l’état a assassiné 42 ouvriers ».
Alors qu’en Bretagne…
« Eperlecques » fait sa pré-rentrée. François et Lucien sont partis hier de Lille, pour arriver à Hédé-Bazouges, villages récemment réunis, à 20 minutes de Rennes. Ils viennent jouer le spectacle au Festival Bonus, festival aujourd’hui biannuel, vieux de quarante ans, organisé par le Théâtre de Poche.
Ils devaient jouer deux fois à l’école publique, mais le spectacle « ART » ayant dû être annulé, ils prennent la relève et se retrouvent donc avec trois représentations dans le théâtre lui-même, beau comme un prince de bois. Hier, Sylvain les a accueilli tout sourire en fin d’après-midi avec un pré-montage déjà fait. Au bureau, tout le monde s’agitait, on a fait le point sur la venue potentielle de pros, sur l’organisation générale, l’interview à prévoir avec une radio rennaise, etc. Un pied à Hédé (on ne dit pas toujours Bazouges) et tout était déjà en route.
Cette nuit ils ont dormi chez Janine (aussi appelée Ninja), ancienne maire du village, dans deux chambres d’une très jolie maison. On leur a prêté des vélos, ce qui leur permet de rejoindre en dix minutes à peine ce coin de verdure hors du monde.
Là, il va être l’heure d’aller manger, avec les cinquante bénévoles enthousiastes, et peut être les autres artistes déjà arrivé.e.s. A 14h, on continue le montage, on file, et à 20h30, les breton.ne.s seront invités à venir visiter ce petit village du Pas-de-Calais.




