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la recette du stockfish

Almont Les Junies est la capitale de l’estofinado : spécialité gastronomique du bassin houiller (autour de Decazeville) à base de poisson séché (stockfish) et de pommes de terre.

Pour 4 personnes :

1 stockfish de 2 kg, 500 g de pommes de terre, 1 bouquet de persil, 5 gousses d’ail, 10 oeufs, 30 cl d’huile de noix, 300 g de crème fraîche.

Débiter le stockfish en plusieurs morceaux puis le mettre à tremper en eau légèrement courante pendant quatre à six jours. En fin de trempage, le mettre en marmite, le couvrir d’eau et faire frémir 20 minutes. Réserver l’eau de cuisson. L’égoutter, ôter la peau, enlever les arêtes, puis l’effeuiller.

Dans l’eau de cuisson, faire cuire les pommes de terre, puis les écraser à la fourchette. hacher entre-temps les gousses d’ail et le persil et faire cuire « dur » 5 oeufs puis les trancher en rondelles. Battre les 5 oeufs restants dans 5 bols différents.

Mélanger à chaud au bain-marie le poisson, l’ail, le persil, les rondelles d’oeufs avec 5 cl d’huile de noix. Faire chauffer le reste de l’huile de noix, verser sur le mélange précédent en alternant huile de noix, un oeuf battu, huile de noix, un oeuf battu, etc.

Assaisonner fortement puis ajouter en final la crème fraîche et servir très chaud.

« On va grossir ! »

Le temps de se remettre du voyage insolite, de visiter notre QG, les bureaux de Derrière Le Hublot (ici on dit DLH) et nos appartements, on reçoit un message de Fred Sancère qui nous dit : « A table ! ». On se dit pour la sixième fois depuis notre arrivée quatre heures plus tôt : « On va grossir ! ».

Une équipe de bénévoles s’active à longueur de journée pour nous préparer de bons « petits » plats et ce midi c’est parmentier de canard. C’est délicieux ! Lucien qui a boudé le tripoux se sert deux fois, Bénédicte aussi (alors qu’elle n’avait pas boudé le tripoux).

Dessert, café, et il est temps de retourner travailler. Petit résumé du b.a.-ba du fonctionnement des caméras, et puis, Martine, Guy et Bénédicte sont partis rendre visite à Nicolas Boisse, directeur de l’office social et culturel, pendant que Marie et Lucien vous servent à grande vitesse ces lignes de blog pour partager leurs émotions. Ensuite, la première équipe ira faire du porte-à-porte tandis que la seconde descendra du QG pour interviewer nos chèr.e.s cuisinièr.e.s. Ça sent déjà les crêpes, il est 15h20.

Incroyable matinée!

Ce matin, nous avons pris dès la première heure le train pour Capdenac. Nous étions fatigués de nos péripéties de la veille. Les deux heures et demi de train inter-cités nous séparant de Capdenac nous semblaient interminables. On a commencé à s’agiter 15 minutes avant l’arrivée en gare de Capdenac-GARE (c’est très important car il y a aussi Capdenac-le-Haut et Capdenac tout court mais c’est ailleurs).Les paysages étaient beaux et, enfin, nous allions arriver là où nous aurions du être la veille à 15H. Fred, Delphine, Simon et Christophe nous attendaient sur le quai. Ils nous disent »Bonjour! Allez hop! on vous attend… »

On monte dans les voitures et direction > chez Gérard, un greeter.

« Mais Qu’est-ce qu’un greeter? » allez-vous me dire. Alors je vous devance:  C’est un habitant volontaire qui, le temps d’une promenade, nous accueille pour nous faire découvrir son territoire, sa ville, son quartier, son jardin, son point de vue…

On s’attend donc à marcher avec Gérard…Mais le point de vue de Gérard sur son territoire n’était pas axé sur la marche. Nous arrivons dans le jardin ouvrier de Gérard à 9H30. Il nous dit « Alors, prêts pour le petit déjeuner? »

Nous qui avions sauté dans le train sans avoir le temps d’avaler un café: on lance un: « Oh oui! Chouette un café!!! » Mais le point de vue de Gérard sur le petit déjeuner n’était pas axé sur le café.

Il nous avait prévu un petit déjeuner aveyronnais traditionnel. Et qu’est-ce que c’est un petit déjeuner traditionnel à Capdenac:

  • une assiette de charcuterie
  • du tripoux avec des pommes de terre
  • du cabécou
  • du vin rouge
  • un café et une mirabelle (pas le fruit)

Nous sommes surpris mais volontaires…et nous nous installons gaiement autour de la table. On ne croit pas encore vraiment à ce que nous allons vivre. Mais quand les soupières fumantes de tripoux sont arrivées devant nous avec notre verre de vin rouge à 9H35…On a sué!
Nous avons gouté et mangé deux fois du plat de notre hôte arrosé de petites lampées de vin rouge. Ca réveille, ça secoue mais ce n’était pas ce qui allait nous secouer le plus dans cette matinée.

On se dit qu’il faut ensuite faire ce pour quoi nous étions venus: interroger Gérard. On se promène dans son jardin en lui posant des questions.

Voici Gérard:Gérard est retraité, c’est un ancien cheminot. Il a été retraité de la SNCF à 50 ans alors il s’est mis à faire son jardin, ses élevages de cochon, du bénévolat chez Derrière Le Hublot, de la randonnée et bien évidemment GREETER.

Gérard est un bon vivant, très jovial et qui aime son coin. Mais Gérard a aussi des punchlines:

« Ils te font d’ces progrès à une allure maintenant » en parlant des vélos électriques

« Il est dégueulasse ce Jules César » en parlant de Jules César qui serait venu à Capdenac apparemment et qui aurait fait coupé les mains des hommes pour se venger de leur résistance. Capdenac-le-Haut aurait résisté le plus longtemps aux attaques romaines.

« Je me suis tellement auto-géré moi que je suis parti de l’école » en parlant de mai 68 et de son entrée à l’usine de conserve de Capdenac en 1969.

Nous sommes restés une bonne heure à écouter Gérard nous parler de Capdenac-Gare, de ses arbres, de ses plats préférés tel que le stockfish (Gérard dit à Marie d’aller chercher la recette sur internet plutôt que de prendre des notes). Et puis, il est temps de se quitter. Gérard nous dit: « Allez, je vous ramène » et là:

Epopée Pré-Capdenac

Hier, Bénédicte, Guy, Lucien, Marie et Martine se sont donc lancés dans la première partie de leur voyage : Lille-Toulouse. Suite aux grèves, il ne leur était en effet plus possible de se rendre en une seule journée à Capdenac-Gare. Mourad ne pourra, pour sa part, pas arriver avant ce soir à minuit.

Le trajet fut sans encombre, (à part peut-être la trop grande présence de rats pour Lucien, sur le toit de la Gare Montparnasse à l’heure du déjeuner), mais l’arrivée s’avéra moins facile. L’hôtel que Marie avait tout à fait bien réservé n’en a fait qu’à sa tête, et a compté une chambre en moins. Mais les autres hôtels étant surbookés (toujours la grève), il nous a fallu deux heures supplémentaires pour trouver la chambre manquante.

Puis tout le monde a enfin pu profiter de Toulouse ou de sa région (Bénédicte a été rendre visite à sa tante à Montauban) et s’est couché assez tôt : le rendez-vous est pris à 6h30 à la gare.

Ce matin nous étions donc à la gare, chacun.e arrivant à son rythme et par son chemin. Il est déjà 6h44 quand nous nous retrouvons et que nous nous rendons donc compte que Bénédicte manque à l’appel. Marie lui téléphone, ce qui la réveille, le train démarre à 6h54. A 6h53 et demie, c’est une Bénédicte au bord de la crise cardiaque qui s’engouffre dans le train, le tee-shirt à l’envers et sans chaussette, le train démarre : très vite nous verrons que ces débuts épiques sont annonciateurs de ce qui se trame à Capdenac-Gare.

C’est la grève contre la réforme inique du code du travail

Nous sommes en route mais il nous faut changer nos horaires puisque i y a la grêve. Nous arriverons demain à Capdenac, Demain à 9h du matin après avoir passé la nuit à Toulouse. Les trains régionaux sont pour beaucoup en grève aujourd’hui. Nous irons prendre un verre de vin rouge, ce soir, sur le place du Capitole à la santé de tous ceux qui résistent.

On prend le train

Capdenac dès demain soir, pour un Portrait, huit jours à temps plein dans les rues et les alentours de cette ville magnifique qui est un noeud ferroviaire pour tout le Sud Ouest du pays, comme Hazebrouck dans le nord. C’est un plaisir de retourner là-bas. Fred Sancère et toute l’équipe de l’association « Derrière le Hublot » nous avaient concocté, voici deux ans, une tournée aux petits oignons dans les villes et villages du secteur. Un souvenir inoubliable. C’était avec le spectacle La Brique qu’on jouera  la prochaine fois à Méricourt, la ville du terril bossu. Ville communiste qui développe une politique culturelle et sociale très riche. On a le souvenir d’une grande et belle Veillée en 2009 avant de partir au Brésil. On a hâte.

la ballade de l’été 75 (Charlélie Couture)

 

On a loué une maison, pas très loin d’Avignon
à un vieux Polonais qui cherchait une mine d’or,
il faisait bon dès l’aurore, à regarder le ciel
dans un fauteuil en toile,
et les poules imbéciles et le coq d’opéra,
quand le café était prêt, une fenêtre s’ouvrait,
et la mère bonne humeur commentait un de ses rêves
j’ai les pieds gelés mais je me souviens du mois d’août 75

Tu tissais un gilet comme un stage d’artisan en maillot de
bain du soir au matin
tes frangins faisaient des sprints à vélo sur une route
déserte,
on allait chercher du fromage de chèvre frais, dans la
ferme du haut
sur les chaises du jardin, le père barbu chauve pensait à
Picasso,
la piscine était loin, mais ça faisait du bien
quand on arrivait, quand on arrivait

On buvait du pastis comme si c’était de l’eau
tu voulais que je reste, tu voulais que je t’enlève
comme un premier amour
on jouait à la pétanque comme des amateurs,
mais y’à guère qu’un armateur pour cent mille navigateurs,
y a un seul conteur pour cent mille baratineurs,
j’ai des crampes dans le cou et les yeux qui me piquent,
mais je me souviens…

On écoutait le mistral souffler sur la plaine,
on faisait l’amour sur le toit en regardant les étoiles
y avait rien à gagner les journées passaient tout était
simple,
on ne croyait plus en rien, en rien d’autre qu’à l’instant,
et ça jouait de la musique sur tous les sentiments,
pas d’intrigues de village, pas d’ambition,
juste une manière de vivre,
une manière d’être, je me souviens

Mais il ne reste jamais rien de ce qui est vécu,
quelques grains oxydés sur de la paraffine
et des souvenirs idiots mais qui donnent un peu de lumière
les jours de pluie.