Corps de porcs, corps aux yeux de jersey, corps aux coutures structures, etc

Pendant ce temps, le temps où l’on s’agite pour trouver des solutions techniques, il y a déjà du public dans le lieu, au bar, à l’auditorium, et puis en bas, dans les sous sol où il y a les expos de l’école Duperré et des designer Smarin. Des matières et des formes. Des corps.
Corps de porcs, corps aux yeux de jersey, corps aux coutures-structures, corps imprimés de corps, alvéoles, lycra, or, poils, feutres, bois, etc.

ça va aller

On joue dans quatre heures et le montage de la scène n’est pas encore terminé. On n’a pas encore eu l’occasion de faire un filage en conditions réelles. Les bonnes nouvelles, c’est qu’on a des vidéo-projecteurs puissants pour compenser la lumière du jour de cette grande nef ouverte, et puis qu’on a trouvé une solution pour les écrans, surélevés dans les hauteurs du carreau, pour être bien sûr que le public y voit quelque chose.
C’est pas les conditions habituelles, et même si on avait bien vu venir, ça n’a pas suffit, on doit régler mille problèmes techniques à la dernière minute. Mais ça va aller. On sera prêts.

évaluations

Au QG on a une longue discussion sur les outils de mesure socio-économiques. Sur comment on prend en compte comment on compte, comment on quantifie une richesse culturelle. Ce qu’apportent les pratiques culturelles au monde dans lequel on vit, comment en faire le bilan ?
Avec les outils de mesure de l’économie ? (on entend dire depuis quelques temps, que la culture, en France, arrive devant le secteur de l’automobile en terme de production de richesses)
Ou bien avec des outils sensibles ?
A une autre échelle, on parle des grilles structurelles qui font qu’il est impossible aux gens, même très cultivés, de changer leurs critères d’évaluations… Conversation qui part de ce constat très concret : les gens qui rendent compte de notre travail n’arrivent que très rarement à intégrer le fait qu’il s’agit d’un travail collectif et que, concrètement, dans notre fonctionnement, les hiérarchies ont peu de poids. Les statuts sont brouillés. Qui ici est comédien, artiste, technicien ? Le véritable enjeu pour nous : faire ce que l’on a à faire avec les outils que l’on a, c’est à dire aller à la rencontre des populations et leur laisser la parole, le plus possible.

mise en bouche

Filage au QG. Pas de place pour le vélo de Vincent ni pour nos grand tabourets, ni pour le matériel son, mais ça permet tout de même de vérifier les montages, et de voir le film. On découvre les interviews que l’on n’a pas réalisées. On a pour la première fois une vision d’ensemble. Et puis on se met les textes en bouche.

Etre partie prenante

La régie de quartier installée rue Vertbois est une association qui se pose la question du vivre ensemble : comment peut-on mieux vivre ensemble ?

Proposer aux habitants un instrument de démocratie locale, où le citoyen peut avoir un rôle dans la vie de son quartier. Donner la possibilité de s’impliquer par l’organisation d’activités, de fêtes.

Dans un quartier qui change beaucoup, la régie est un outil qui veut permettre aux habitants de tous les milieux de vivre dans ce quartier, à l’origine populaire. Mais aujourd’hui Jean-Philippe et François, co-présidents, voient les couches populaires disparaître peu à peu. Une forme de gentrification est en place. Comment faire pour que les gens les plus modestes continuent à vivre dans ce quartier ? Pour que la mixité soit maintenue, parce que la vraie richesse, c’est la diversité.

Ils posent aussi la question du rapport du Carreau du Temple au quartier : comment établir un lien de proximité entre cet établissement public et le quartier dans lequel il est implanté ? Pour que le rayonnement existe aux différentes échelles : de ville, nationale, internationale mais aussi (et d’abord ?) à l’échelle du quartier. Les gens attendent beaucoup du Carreau du Temple, au niveau des créneaux associatifs culturels et sportifs, au niveau de l’accessibilité.

Par ailleurs, la régie permet à travers un parcours d’insertion, de se resocialiser, de donner une formation, de donner de la confiance et est du coup un vrai tremplin pour retrouver du travail. Actuellement 25 personnes salariées bénéficient de ce soutien. Ils ont participé entre autres au chantier de réhabilitation du Carreau du Temple pendant les 4 ans de travaux. Jean-Yves, le chef d’équipe a vu tout le chantier. Avec son équipe, ils faisaient l’entretien des espaces de vie des ouvriers. Aujourd’hui le lien avec le Carreau est coupé, la Régie n’intervient plus dans la vie du Carreau.

Comment, en tant qu’habitant continuer à participer à la vie du Carreau ? Comment le public pas ou peu aisé peut-il prendre part ? Ne pas seulement être dans la consommation des spectacles ou des activités proposées mais aussi participer à la programmation, à la rencontre avec les artistes présents dans ce lieu.