
Portraits
L’énergie qui décoiffe
Toute petite, elle jouait dans les bennes à blé, faisait du rodéo sur les vaches, construisait des cabanes. Son apprentissage à la ville lui a donné un métier, la passion de coiffer qu’elle allie à l’art d’écouter.
Quand on lui demande où est la vie dans un village, elle répond « l’école » sans aucune hésitation. Les trois quarts de ceux qui ont été enfants à Gauchin reviennent ensuite au village. Comme elle. Pour que leurs enfants connaissent la liberté de courir à travers champ et l’art de construire des cabanes. Pourtant les temps changent. Il est plus difficile de faire sortir les gens de chez eux, les enfants qui trainent dans la rue inquiètent quand avant ils s’amusaient, beaucoup craignent de dire bonjour aux inconnus, ont du mal à ouvrir leur porte. Pourtant, il reste dans les villages l’art de se rencontrer, de s’entraider. Hélène fait partie du comité des fêtes et du conseil d’école. L’école c’est la vie dans le village et nos enfants ont la chance d’être peu nombreux, peut-être plus posés qu’en ville.
On n’est pas des sots à la campagne ! Les anciens ont amené des choses, elle fait partie des jeunes qui ont repris le flambeau. C’est plus dur qu’avant mais on n’abandonne pas. Et d’un lumineux sourire elle conclut :
Il faut rigoler pour vivre longtemps !
Eugène

Big up
Lundi soir, la Smob est comble. Comblés gens de Caucourt Hermin Gauchin Estrée ébahis, amusés, scotchés, époustouflés par les danseurs du défi paillette. Hip Hop down in the country. Groove électro et furieux drummer, danseurs stupéfiants poppin’, freestyle, newstyle, footwork et top rock.
Big up, big up big up ! La soirée s’achève sur un tapis de paillettes, ce sont les mains des gens qui donnent le tempo. A la sortie du chapiteau, jeunes et vieux dansent irrépressiblement. « c’est pas des manchots ! » « incroyable hein ! »« tu vas voir dans la cour de l’école ! »« on va s’entraîner » « Ah i doivent pas avoir de sciatique eux. » « on va faire un club de hip hop pour les élus des communes vertes ! » « bah va falloir d’abord faire un peu d’assouplissement ! »Et les sourires s’éloignent en dansant. La culture urbaine fleurit aussi dans les champs.
gravat

communes comme une
COQ OU RENARD CAUCOURT NARRE
COQ DECROCHE CHAUSSEE D’ESTREE
GENRE INEGAL GAUCHIN LE GAL
AIR ET CHEMINS FERMES D’HERMIN
Communes vertes
comme une ouverture
communes vertes vers commune ouverture
un tour à Hermin

film spectacle samedi 1er à la Smob à 14h, 17h et 20h
De retour à Estrée Cauchy. A la mairie. Pour cette deuxième partie du Portrait des villages d’Estrée Cauchy, de Hermin, de Gauchin le Gal et de Caucourt. Didier, Sarah et Thomas sont au café du Passe Temps. Pour interwiever la patronne. Et puis on part tous en porte à porte dans tous les villages. On a inventé une nouvelle action. On va danser et slamer en porte à porte. On embarque notre petite sono et on offre une petite danse et des poésies à tous les habitants. On se dit qu’on n’a pas été assez présent dans le centre d’ Estrée et à Caucourt. On est juste avant la dernière ligne droite. On présente le film spectacle dans trois jours sous la Smob. Faut mettre en ordre tout ce qu’on a récolté et commencer à penser au montage. On a presque fini les premiers derushages. On a hâte de voir ce que ça va donner.
glaces maisons

dans Culture et Développement durable de Jean Michel Lucas
…. S’il fallait ressaisir les exigences principales d’une responsabilité culturelle publique découlant de l’éthique de la dignité, on pourrait dire qu’elle privilégie les temps de la discussion de personnes à personnes. Or, dans les dispositifs publics actuels, le temps de la discussion entre identités culturelles respectées – ce que je préfèrerais appeler le temps de la palabre entre personnes qui ont des approches différentes de ce qui est bien et moins bien – est un temps qui n’est pas considéré comme culturel. Seule la création, sa diffusion, sa transmission détiennent une valeur publique. Avec l’entrée par l’universalité de la dignité (agenda 21), les dispositifs de palabre sont culturels puisqu’ils permettent les interactions entre les identités pour plus d’humanité et la construction des accès à des références communes.
Ce temps est d’autant plus impératif que la mise en raison des convictions aussi raisonnable serait-elle, n’épuisera pas le mystère de relations entre les identités des personnes. Il ne suffira pas de sortir sa carte d’identité pour organiser la palabre. On doit plutôt imaginer que chaque personne est, à elle seule, un archipel d’identités où l’on se méfie des stéréotypes. Que parvient-on à savoir de l’autre en dignité ?
La responsabilité culturelle se place donc dans cette zone subtile où l’imaginaire intime entre en capillarité avec la raison publique, exactement comme une mangrove sociale qui vit de l’instabilité des frontières entre les êtres. La responsabilité culturelle n’est, en ce sens, jamais parfaitement accomplie ; elle est la pensée du tremblement, comme dirait Glissant … La dignité est sensible et volatile, toujours fragile, toujours proche de la blessure, toujours portée par l’ombre du mépris, du rejet, de l’humiliation, de l’indignité. Elle est l’universalité de l’être en quête d’humanité et rend nécessaire la permanence du débat public culturel …
