Il y a Lorgies et il y a Richebourg. Il y a Neuve-Chapelle. Il y a un marchand de glace ambulant. Il y a des lotissements. Il y a les Lecomte. Il y a Nicole. Il y a l’abbé Bien-Aimé. Il y a le petit Lorginois. Il y a la rue du cul tout Nu. Il y a des chapelles. Il y a Didier qui rêve que des petites SMOB poussent tous les 100 mètres entre Richebourg et Lorgies. Il y a Gaëlle. Il y a le panier Sympa. Il y a la ferme des Caperies. Il y a des trampolines. Il y a la Galocherie Patoux. Il y a de très belles maisons. Il y a des boîtes aux lettres vaches. Il y a Claude. Il y a un mémorial Indien. Il y a Jean-Pierre. Il y a une délicieuse carbonnade flamande. Il y a des endives. Il y a le bourg de Lorgies qui n’est pas le centre, c’est un faux bourg. Il y a le sun qui est like a gun. Il y a le bout du bourg qui est bucolique. Il y a un bunker dans la forêt. Il y a un arbre qui pousse sur le bunker. Il y a une vache dans un jardin près de la SMOB. Il y a une dame qui vend des bijoux dans une roulotte rose. Il y a un travelling nuit américaine. Il a Sylvie. Il y a la tyrolienne. Il y a François Hollande au QG. Il y a this girl is on fire traduit en français. Il y a you can’t sit with us sur le tee-shirt de Lina. Il y a Guillaume qui raconte super bien les histoires à la SMOB. Il y a Jérémie qui fait des photos des plantes vertes devant la mairie. Il y a des pivoines qui essaient de se sauver. Il y a Monsieur Singez qui est content de ce qu’on a fait. Il y a les souvenirs qui sont les seuls paradis dont on ne peut être chassé.
Portraits
à la balançoire

la première tyrolienne de Sylvie !

Paulette
Lundi à 13h30, rendez-vous avec Paulette. Paulette s’appelle en réalité Paule, mais on l’appelle Paulette car, comme disait sa mère, Paule « ça faisait pas assez fille ». Paulette a passé toute sa vie à Lorgies. Après son certificat d’étude, elle a travaillé à la boucherie. Puis, elle a rencontré son mari lors d’un bal de village. Aujourd’hui, c’est entourée de ses deux fils qu’elle nous montre des photos de sa jeunesse. Elle nous raconte qu’elle a été élue Miss Lorgies, c’était en 1948, juste après la guerre. Ses deux fils sont avec nous dans la cuisine, ses « deux oiseaux » comme elle dit. Quand ils étaient enfants, ils allaient à la pêche en fin de journée, après la moisson, ils jouaient au foot sur la route pas encore goudronnée. Tous les dimanches ils allaient à la messe, elle en mettait un de chaque côté, et le curé la félicitait d’avoir des enfants aussi sages. On reste un moment à discuter, ça parle dans tous les sens, chacun a son mot à rajouter pour compléter l’histoire.
Paulette nous montre la couverture d’un magazine télé. « Vous savez qui c’est? ». Didier répond « Oui, c’est Laurent Boyer. »
« Non, c’est mon père! ». Ça nous fait rire.
« Non ce n’est pas mon père mais c’est son portrait craché »
On quitte Paulette en lui donnant rendez-vous samedi pour le film-spectacle. Elle viendra s’assoir sous le chapiteau, un « oiseau » de chaque côté. Avant de refermer la porte elle nous glisse « Il faut s’aimer les uns les autres, c’est ça le plus important! »
il y a la rue du cul tout nud près de la rue du bout de la ville

PPB (Porte à Porte au Bourg)
13h30, la chaleur est là, le soleil aussi. Marie et Lina partent au bourg, à la rencontre des habitants de Lorgies pour récolter quelques citations. Les gens nous ouvrent leur porte, certains nous proposent même de filmer dans leur jardin, devant les fleurs « parce qu’il y a plus de soleil ». Aujourd’hui, mercredi, les enfants n’ont pas école. Beaucoup d’entre eux acceptent de choisir une citation pour ensuite nous la réciter : Un garçon et sa petite sœur parlent en cœur, un autre petit garçon hésite parce qu’il « a le trac » nous dit-il timidement. La plupart nous accorde un peu de temps et se prête au jeu, accepte de participer à ce projet qui se nourrit de leur parole.
Essaie de garder ton axe
Leçon de hip-hop (pour tous, sauf un)
Leçon de hip-hop (4)
Au club de danse, on parle avec Sophie et Anne-Sophie, et quand les enfants arrivent, Hervé se propose d’animer le cour. Elles acceptent avec plaisir. Sophie rassemble les enfants: « Aujourd’hui on a une surprise! ». La plupart des enfants répondent en choeur: « Oui, on le connaît, il est venu à l’école! »Et c’est parti pour une heure d’initiation au hip-hop avec les 6-8 ans accompagnés de leur professeures. Mathis est le seul garçon, il rechigne un peu au début, ne veut pas participer, puis il s’y met et on le voit y prendre du plaisir. Hervé leur apprend une chorégraphie qu’ils reprennent plusieurs fois, à la fin de l’heure, ils sont au point et se donnent à fond. Il faut dire qu’il est difficile de resister à l’energie et sourire communicatif d’Hervé. Le cours terminé il leur dit que maintenant cette chorégraphie est à eux, il leur offre, ils en feront ce qu’ils voudront, il demandent s’ils ont des questions. Mathis en a une: »Quand est-ce qu’on se revoit? »
All danse
On est allé rencontré Anne-Sophie et Sophie du club All danse de Lorgies. Elles dansent depuis toujours, l’une travaille en restauration rapide et l’autre est auxiliaire de puériculture. Elles sont aussi mère de famille, et n’ont arrêté de danser que pour leurs grossesses. Tous les mercredis, elle animent des ateliers modern-jazz avec différentes tranches d’âge, de la maternelle au lycée. Le dimanche matin, c’est les adultes. On discute un peu avant l’arrivée des enfants, elles sont passionnées et ne comptent pas le temps passé à transmettre ce qu’elles aiment, chaque année elle crée un spectacle sur un thème différent. C’est un vrai spectacle, pas une succession de numéros et tous les élèves sont concernés. Elles apprennent aux enfants à prendre conscience de leur corps, à appréhender la scène. Juste avant le cours des 6-8 ans, Noémie leur offre une boîte de chocolat. « C’est pas bon pour le régime mais ça fait tellement plaisir » dit Sophie. Sophie qui choisit comme citation: « il faut choisir entre se reposer et être libre. »
