Repas au Petit Lorginois à 12h. De 13h à 14h, café-rencontres autour du livre avec des bénévoles des bibliothèques de Richebourg et Lorgies. Maggie et Didier s’y rendront aussitôt le repas terminé. A 14h nous intervenons à la maison des associations avec la section danse pour un entretien filmé avec les professeurs de danse (Sylvie, Hervé, Marie l.. Marie K et Lina partiront en porte à porte pour récolter des citations à Lorgies tandis que Marie L et Maggie feront de même à Richebourg. Lina et Guy iront au spectacle à Richebourg à 17h pour faire des citations. On finira la journée par un rendez vous à la maison des associations avec l’association « grandir en Bas Pays ». Notre film-spectacle réalisé en co-construction avec les habitants prend forme. Jour après jour. Bien faire à tout prix.
Portraits
Le souvenir est le seul paradis dont on ne peut être chassé
Après nos conversations filmées, on propose des citations aux gens. Mme Bavière, ancienne agricultrice de Richebourg et Monsieur Singez, agriculteur de Lorgies, on choisit la même, sans se concerter bien entendu. « Le souvenir est le seul paradis dont on ne peut être chassé ». En parlant avec eux, on a pu se représenter des bribes de souvenirs, de Lorgies et Richebourg avant, d’avant les lotissements, d’avant les nouveaux arrivants. Ils nous parlent des moissons, de la culture de l’endive et des fêtes familiales. Tous deux sont heureux de l’évolution de leurs villages mais quand ils évoquent le souvenir quelque chose passent dans leurs yeux et on aimerait y plonger, aller y faire un tour.
M Bailly

mercredi 5 juin 2013
Maggie, Lina, Sylvie, Maggie et Hervé sont à la Smob (scène mobile d’Artois Comm), à la rencontre des enfants et des parents qui participent à la lecture pour les tous petits. Pour une conversation et la collecte de pépites puisque c’est notre dernier jour de tournage. Mais nous allons démultiplier les équipes pour faire du porte à porte à n’en plus finir. La meilleure façon de parler aux gens de ce qu’on fait c’est d’aller les voir unE à unE, chez eux ou dans la rue. Sonner à toutes les portes de Lorgies et Richebourg pour voir les gens et se présenter comme on se présente quand on est des nouveaux voisins dans un quartier. Pour croiser les visages. Mettre des visages sur les villages.
Dans la sphère affective on comprend qu’un individu ressente envers les siens une responsabilité qui lui incombe personnellement « C’est ma mère, mon Frère, mon meilleur ami, c’est mon devoir que de les aider… » Mais le devoir de responsabilité que chacun admet envers ces proches s’étend à tout homme. Lévinas, philosophe et anthopologue entend rester fidèle à une expérience fondamentale, celle qui nous saisit lorsque nous ressentons( ne serait-ce que fugitivement), le dénuement et l’extrême vulnérabilité d’un visage. Cette vulnérabilité nous prend en otage et malgré-nous nous nous sentons responsables.
L’alloeu-Shrapnel-Mémorial Indien
Lundi soir, Martine et Didier sont allés faire un tour sur les traces de la grande guerre, guidés par Bertrand Lecomte. Bertrand Lecomte est professeur d’histoire-géographie et responsable de l’association » l’Alloeu Terre de batailles 1914-1918, une association pour l’Histoire et la Mémoire « . Bertrand Lecomte est aussi le petit-fils de Paulette. Petit, il trouvait dans les champs des billes de plombs laissés par les passages des Shrapnel Allemands. Ayant grandi dans cette région si marquée historiquement, il a eu envie de travailler sur la mémoire. Il emmène Didier et Martine à la découverte des lieux importants. Ils visitent le mémorial Indien, mémorial, pas cimetière, la plupart des corps n’ont jamais été retrouvés. Les soldats Indiens ayant combattu durant la grande guerre appartenaient à des corps d’élite. C’est un lieu de commémoration mortuaire, mais, attirés par la beauté du site, plusieurs personnes de la région viennent poser pour leurs photos de mariage, ce qui peut paraître un peu décalé. Didier dit » C’est vrai que c’est un bel endroit, un monument circulaire, on y éprouve une sensation de calme, de repos. »
la famille Lecomte
les clés

on projette sur Mattéo

réflexions après le séminaire in vivo organisé par AF/AP
« Il s’agit d’une interrogation sur la co-construction.
Nous faisons l’hypothèse que les projets menés par l’ensemble des acteurs d’ArtFactories/AutresParts (fédération des arts partagés) ne peuvent avoir un avenir et un épanouissement que dans la mesure où ils sont partagés avec ceux qui en sont aussi les partenaires (divers et variés) de terrain.
Nous supposons que les questions et les échanges entre membres d’AF/AP et les habitants participants reposeront sur les expériences des uns et les désirs et des autres
Il s’agit pour nous aujourd’hui de mettre la « co-construction » à l’oeuvre auprès de gens qui sont pour la plupart très bien disposés mais qui s’en remettent à nous (artistes ou organisateurs « qualifiés ») pour élaborer les choses et leur offrir comme à l’habitude de « beaux » spectacles
Il s’agit pour nous, sans doute, d’exercer le pouvoir (et non de le cristalliser, belle formule de P.Nicolas-Le-Strat) afin d’insuffler un principe sans lequel nous n’aurons à terme aucune légitimité.
Il s’agit de (faire) partager la démarche, même si elle est partagée sur le principe (sinon nous ne serions pas là).
Il s’agit de poser la question de la ou des « Rencontres »… Du comment, de la rencontre avec l’art, les artistes, l’inconnu, le commun, le faire-ensemble, …
Il s’agit d’une possible mise à l’oeuvre de ce qu’on appelle « démocratie culturelle » sans trop savoir encore en quoi cela consiste. »


