On a croisé

On a croisé le maire de Richebourg ce matin, Gerard Delahaye. Il nous a dit combien il était heureux que la SMOB revienne, même si elle était installée à Lorgies: « Lorgies, Richebourg…c’est bien parce qu’il a fallu faire des communes un jour, sinon on serait tous ensemble! »

On a croisé deux jeunes garçons, qui, à la vue d’Hervé se sont disputés:
-C’est le Hip-Hop!
-Non, c’est la SMOB
-Non, c’est le hip-hop!
-Non, c’est la SMOB!
-Mais t’as rien compris c’est le hip-hop de la SMOB!

On a croisé monsieur Buisine à sa fenêtre.

À Richebourg, au croisement de la rue du moulin de l’avoué et de la rue des haies, on a croisé Éliane, la soeur de Guy.

On a croisé Marie K, qui chantait All by Myself à la porte d’une maison.

On a croisé Nadège et Marie de l’asso « Grandir en Bas-Pays », qui ramenaient leurs enfants de l’école en triporteur.

On a croisé une dame qui faisait du repassage dans son jardin avant de partir travailler.

On a croisé Monsieur Pineau qui a une Vénus de Milo dans son jardin et qui est passionné par les antennes.

On a croisé l’oncle d’Antoine Leroux, magicien.

On a croisé un enfant devant l’école qui a dit à Hervé: « Elles sont bien tes figures. »

On a enfin croisé Madame Singez qu’on a essayé d’appeller plusieurs fois mais qui n’est jamais chez elle.

Chez Dorothée

Il fait chaud aujourd’hui et on part en porte à porte avec Marie. Depuis Dunkerque nous trotte l’idée d’essayer un nouveau protocole … offrir une chanson. Alors après quelques maisons vides on découvre une dame en train de jardiner : Dorothée.On lui donne l’invitation, elle nous dit qu’elle tiendra la buvette de 15h à 18h, qu’elle ne pourra pas venir nous voir, on lui propose celle de 20h, et comme elle semble contente de nous voir Marie lui propose de lui chanter une chanson.Elle dit : quand ? maintenant ? on dit : bah oui, alors elle nous propose de passer dans le jardin, de s’installer sur la terrasse et de boire un coca. On n’hésite pas une minute ! Marie lui demande ce qu’elle aime comme chanson, elle aime tout mais surtout Aznavour et Dalida. On s’installe autour de la table et on se met à parler, à parler ,ça dure, on ne voit pas le temps passer. On parle des voyages, de sa fille attachée de presse à Paris, de son mari routier international, du chat minute (et de l’autre cocotte) du chien Fanny, on parle des bonheurs, et des malheurs de la vie, du café qu’elle a tenu pendant 7 ans à Lorgies « Chez Dorothée » . Elle dit qu’elle a commencé à 21 ans, et tenir un café pour une femme seule c’est se forger le caractère ! Parfois ses anciens clients lui disent que son café leur manque… Au bout de quelques minutes, elle nous dit vous deviez pas chanter quelque chose ? « Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître …. » on a chanté toutes les trois, on a enchainé sur Dalida. C’était tout doux … et puis on a parlé de Rome, Dorothée y est allée avec son mari, 4 jours. 4 jours c’est bien, elle dit on a eu le temps de voir tout ce que l’on voulait, elle parle de La Fontaine de Trevi les yeux pleins d’étoiles. On se dit qu’il faudrait partir plus souvent, juste quelques jours, décider à l’avance, se dépayser… On part finalement, c’est l’heure de la sortie d’école qu’il ne faut pas rater, et Dorothée doit aller travailler. Lorsque l’on arrive presque à la mairie, elle arrive à côté de nous en voiture et crie : « J’ai réservé pour 20h samedi ! ».

Le jour où le Sussex est mort

Ce matin, Guy Warein nous a parlé de la bataille de Richebourg, méconnue en France car les pertes sont Anglaises. Cette bataille fait partie des attaques de diversion pour tenir les troupes allemandes éloignées du front de la Somme. Des milliers de soldats Anglais et Indiens sont tombés durant cette « diversion ». Les bataillons  venaient principalement du Sussex , une région du sud, en Angleterre on appelle cet événement : »le jour où le Sussex est mort. » Le St-Vaast Post Military cimetery abrite les tombes de ces soldats, il est situé juste en face de notre gîte. Hier soir, on est allé voir pour prendre quelques photos, et l’émotion nous a cueilli sans que l’on ne s’y attende. Les sons de la campagne alentours tout à coup n’étaient plus les même, l’alignement géométrique de ces stèles blanches donnait une impression d’éternité. L’expression « repose en paix » prenait tout son sens.