Rencontre à la Pharmacie de Liévin

On part rencontrer le pharmacien de Liévin, Bruno, qui nous accueille avec Eric avec qui il a fondé cette pharmacie en 1989. La pharmacie de Liévin se situe juste en face du Collège Pierre et Marie Curie dans un petit centre commercial qui donne sur un grand parking où les troubadours avaient dansé jeudi matin. Bruno et Eric ils inventent, c’est fou ! Leur pharmacie est immense et propose une vaste gamme de produits de parapharmacie. Ils ont travaillé avec un peintre avec qu’ils ont décidé de faire des enseignes avec le chat de la BD Léonard. L’enseigne extérieure de la pharmacie est faite sur le modèle des panneaux de signalisation à l’entrée des villes. Une manière peut-être de montrer qu’ici c’est un lieu-dit…Et pour cause, Bruno nous raconte que sa pharmacie est devenue un lieu de rencontre, où les gens se retrouvent, il a même installé une machine à café, in goutt’ ed jus comme ils disent. Au début de son aventure, ils avaient tagué l’intérieur de la pharmacie avec un peintre et installé une sono. Parfois on devait crier pour entendre les clients mais tout le monde aimait bien ça ! Fini le côté austère de la pharmacie où on parle à voix basse, où ça sent le médoc’ et où on ressort plus malade et déprimé qu’on est entré ! Il nous dit qu’il a su faire confiance aux gens, en aidant ceux qui parfois n’avaient ni papier, ni argent, et qu’aujourd’hui ils lui rendent bien. La pharmacie de Bruno elle compte en moyenne une fréquentation de 500 personnes par jour et une nouvelle embauche par an ! Par contre il nous dit que la situation économique est de plus en plus difficile et que souvent les clients préfèrent venir à la pharmacie avant d’aller chez le médecin, pour éviter de trop payer…Juste avant de partir Bruno nous commande un spectacle pour le 20ème anniversaire de sa pharmacie…sujet à saisir ! On s’en va et on se dit que quand même la capacité d’invention c’est ce qui peut nous sauver !

le k-way rouge

On a rencontré un homme avec un k-way rouge. Il disait qu’il était hard rock, qu’il regrettait Coluche et les libertaires, qu’il était au RMI et tout le monde s’en foutait. Il n’avait que la rue pour crier son désespoir.
On aimerait que dans un pays aussi riche que la France il n’y ait plus de gens dans une telle détresse économique. Ça devrait être possible. Encore une utopie ?

Hassan

Hassan est arrivé.
Hassan fait des percussions corporelles. Il était avec nous à Tremblay-en-France, à Saint Nazaire et à Torcy.
On est allé au collège Jean Jaurès et il a appris quelques phrases de percussions corporelles aux élèves du club de théâtre. Puis Didier et Caroline ont fait Godot et des interviews. Parlez-nous de votre quartier.
Hassan a dansé au stade Wattiau, dans une haie automnale derrière le 11/19, et aussi à l’IUT de Lens.

les gens de fiction

On s’est dit qu’on aimerait continuer l’action les gens de fiction qu’on avait commencée à Loos-en-Gohelle en avril.
Demander aux gens d’ici d’inventer un habitant du quartier. Imaginer des anecdotes, sa place dans le quartier, son histoire, sa famille. Inventer la vie de quelqu’un d’ici.
Les gens de Loos s’étaient bien prêtés au jeu. On a vu naître Marie-Jeanne, Paulette, Gigi, Marjolaine, Madame Antoinette, Micheline et Caroline.

On se dit qu’on pourrait aussi demander aux visiteurs du blog d’inventer un personnage d’ici.
Vous êtes donc les bienvenus pour ajouter en commentaire de cet article le récit d’un habitant des quartiers où nous errons. 11, 19, 14, 9, Saint Albert, etc…

à Lewarde

Retour de week-end. On a pris le temps d’une pause.
Flora est allée au Centre Historique Minier de Lewarde ce week-end. Une partie de la visite guidée est faite par des anciens mineurs. Ça change tout. Un peu de chti par là, des anecdotes par ci. Les fausses galeries ressemblent à des vraies, mais en plus larges. Et on ressort en prenant un tout petit peu l’ampleur de ça. De l’esclavage. Ramper dans la poussière, la chaleur et l’humidité pendant des heures. Manipuler des centaines de kilos de charbons, de terre, de pierres. Déplacer, jusqu’à cent fois, des machines de cinquante kilos, partager le briquet avec les souris, écouter- dans le vacarme ambiant – chaque bruit et chaque silence pour sauver sa vie. Et recommencer le lendemain.
Longue conversation avec les guides à la sortie. Il y en a un qui raconte qu’il était porion et que du coup, il était déplacé souvent, changement de fosse, parce qu’il n’avait pas le droit de se lier avec ses camarades. Heureusement, il y avait trois camarades qui étaient, par hasard, toujours à la même fosse. Ils ont fait par hasard quarante ans de fond ensemble, deux d’entre eux sont guides à Lewarde ensemble.
Sans les guides, Lewarde, ce ne serait vraiment pas ce que c’est. Ils ont encore entre eux cette solidarité de mineurs, s’échangent les groupes, s’entraident, se marrent ensemble. Ils doivent faire de plus en plus de visites et ont de moins en moins de temps. Moins de temps pour la visite, pour les questions, pour rencontrer les gens. Là où ils faisaient, autrefois, une visite en trois heures, ils doivent la faire aujourd’hui en trois quart d’heure. Ils le regrettent. Il y a une ironie à être encore  -ici- contraints à la productivité. Mais après la visite, autour d’une cigarette, ils n’hésitent pas à prendre deux bonnes heures pour parler de tout et de rien, de la mine et d’autres choses. Flora les a invités au spectacle. On espère qu’ils viendront.

samedi à la base

Hier soir, Hervé et Dorothée ont pris la voiture pour rentrer au gite d’Aix-Noulette. Ils ont téléphoné au bout d’une heure pour dire qu’ils étaient perdus. Ils étaient à Douai. On a fait une assistance téléphonique, jusqu’à ce qu’ils arrivent. On a beaucoup ri. C’est vrai qu’il est difficile, quand on est pas d’ici, de s’y retrouver.

Aujourd’hui, les troubadours sont rentrés chez eux pour le week-end. On est venu travailler à la base. Martine et Jérémie travaillent d’arrache-pied aux montages des images que nous avons filmé pendant ces dix jours. Didier, Guy et Flora regardent les bandes et font un premier tri, un derushage.
Revoir les bandes, c’est parfois comme une deuxième rencontre. Une deuxième conversation. Et puis quand on visionne la bande d’un interview que l’on a pas fait nous-même, c’est comme une première rencontre. Il arrive que l’on ait l’impression de connaître les gens sans les avoir jamais rencontré.