changer le monde, changer la vie

Et ça continue. Rien ne changera tant que tout ne changera pas. On nous disait tout à l’heure que le théâtre du nord est occupé par les intermittents en colère et personne du théâtre ne vient s’intéresser aux intermittents qui ont établi leur quartier général Place du Général de Gaulle à Lille. Nous vivons dans une société totalement néolibéralisée qui tient sur les bases de la concurrence qui nous grangrène tous, si on n’y prend garde. Dans la culture comme ailleurs. Et qui repose par ailleurs sur une hyperhiérarchisation de nos métiers, dans la culture peut être plus qu’ailleurs parce que cela n’est jamais clairement avoué. C’est à une véritable transvaluation qu’il faut recourir et que chacun puisse agir au même titre qu’un autre, sans esprit de concurrence et de compétition. Cette société hypercapitaliste agit grandement en nous-mêmes de manière insoupçonnée. Elle nous formate. Plus on joue le jeu du système, plus on reconnaît les  pouvoirs, les reconnaissances qu’il nous donne, plus il nous divise. Il installe entre nous des hiérarchies qui ne nous permettent plus de nous considérer comme des égaux. C’est tout cela qu’il faut revoir et c’est pour cela que les intermittents en colère sont tout à fait leur place au théâtre du nord comme ailleurs.

Rien ne finit tout commence

Après les occupation de théâtres HtH – CDN de Montpellier, TnBA – CDN de Bordeaux, Comédie de Caen – CDN, et du TNT – CDN de Toulouse, c’est au tour du théâtre de l’Odéon – Théâtre de l’Europe à Paris d’être occupé depuis 18h30 ce dimanche.
Deux banderoles ont été déployées sur la façade : « De l’argent il y en a, construisons de nouveaux droits » ;  » Pas de droit du travail sans droit au chômage ».
Nous, chômeurs, étudiant.e.s, précaires, salariés en poste ou en formation et intermittent.e.s de la culture et d’ailleurs, avec ou sans papiers, occupons ce lieu public pour signifier notre complet désaccord avec les « négociations » en cours de l’assurance chômage comme avec le projet de loi travail.
Comme bien d’autres, les salariés du théâtre de l’Odéon ont fait grève contre le projet de loi travail les 9 mars et 9 avril dernier.
Ce 28 avril de nombreux salariés seront à nouveau en grève contre la loi travail dans tout le pays.
D’ici là, partout, des actions vont avoir lieu. Vu l’obstination de ce gouvernement, la mobilisation va se poursuivre et s’approfondir.
Les négociations de l’Unedic prévoient de priver les chômeurs, précaires et intermittents de 800 millions d’euros, alors même que la majorité d’entre eux ne sont pas indemnisés.
Ces coupes budgétaires brutales sont préconisées par le gouvernement. Et la plupart des partenaires « sociaux », Medef en tête, avalisent déjà cette orientation catastrophique.
La CFDT et le MEDEF ont prévu de réaliser proportionnellement davantage d’économies à l’encontre des intermittents que des autres chômeurs (cf. lettre de cadrage du Medef). L’État serait prêt à verser au pot plusieurs dizaines de millions pour compenser en partie les économies faites sur les annexes 8 et 10. Ces rustines, ne règlent rien. Un tel financement « réservé » ne serait rien d’autre qu’une manoeuvre de division destinée à prévenir la mobilisation de l’ensemble des concernés.
La mobilisation en cours contre la loi travail a commencé à faire savoir que le droit du travail resterait attaqué en permanence tant qu’un droit au chômage ne serait pas instauré. Voilà pourquoi, l’État doit abonder pour tous les caisses de l’assurance chômage et leur trouver de nouveaux modes de financement.
Poursuivons la mobilisation !
Chômeuses, étudiant.e.s, précaires, salariés en poste ou en formation et intermittent.e.s de la culture et d’ailleurs, avec ou sans papiers, occupant le théâtre de l’Odéon – Théâtre de l’Europe.

Debout les damnés de la terre…

Nuit Debout prendra une ampleur conséquente quand la jonction aura été faite avec les ouvriers en lutte et les personnes ségrégés des quartiers populaires. C’est avec le capitalisme qu’il faut en finir et les volontés nationalistes, identitaires et racistes. Des idées que n’ont de cesse de répéter les communistes libertaires du monde entier et qu’on a faites nôtres depuis toujours. Et qu’on redit autant que possible dans tous nos spectacles. Quel bonheur qu’aujourd’hui grâce à des initiatives comme Nuit Debout, tout cela reprenne de la force ! Bientôt la grève générale et une société plus juste et plus égalitaire verra le jour. Il nous faut partout déposer des grains sables de nos volontés de transformation, au travail, dans les théâtres, à la télé, dans les usines, dans les écoles, les universités, les quartiers, sur les réseaux sociaux…

Fantaisie G. de Nerval

Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,
Un air très-vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets.

Or, chaque fois que je viens à l’entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit :
C’est sous Louis treize; et je crois voir s’étendre
Un coteau vert, que le couchant jaunit,

Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs ;

Puis une dame, à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
Que dans une autre existence peut-être,
J’ai déjà vue… et dont je me souviens !

« Le succès est la somme de petits efforts, répétés jour après jour. »

Nous sortons d’une semaine de veillée à la Maison d’arrêt de Fleury Mérogis. Si vous ne trouvez rien à ce sujet sur le blog, c’est parce qu’il faut que tout le contenu de ce que nous allons publier soit validé par l’administration pénitentiaire. Le contenu du blog est donc dans une petite clef USB bleue qui passe de bureaux en bureaux au S.P.I.P (Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation). On espère pouvoir le publier bientôt. Cette expérience est riche, et marque les membres de la compagnie. On y pense souvent à ceux qui sont là-bas. Vous pourrez les rencontrer si vous venez le 12 mai à 19H au théâtre de l’Agora à Evry.

Pendant ce temps, dehors, ou au bureau, ça s’active:

Guy, Jérémie et Thierry partent dans le sud pour les 3 dernières dates de la Brique avant la tournée d’été en Bretagne.

Gilbert travaille sur l’administration et part à Paris régulièrement pour préparer l’A.G. des congés spectacle et prépare l’arrivée des deux commissaires aux comptes lundi et mardi à Loos-en-Gohelle…du fun en perspective…

Marie travaille sur les projets actuels, les projets à venir, la saison prochaine, les affaires courantes, la communication, les demandes d’autorisations nombreuses pour faire passer du matériel en détention (attention, on ne fait passer que des choses légales genre un touret (Stage Box) 25m / 16 entrées / 4 sorties, des SUB PATCH 10m / 8 entrées, etc).

Lucien entame sa dernière semaine de résidence de Pas à pas à Culture commune. La sortie de résidence d’Eperlecques se fera le 26 mai chez nous. On vous y invite…A HVDZ, on trouve cela super, prometteur, fin et intelligent. On ne vous en dit pas plus…

Martine et Didier sont à fond sur les derniers documents à rendre pour les deux projets phare du mois de mai: Fleury et la Redoute…

Christophe fait des listes et commande des gélatines (après on pourra encore dire que c’est Marie qui dépense tous les sous de la compagnie…)

Parfois, on laisse un oeil trainer par la fenêtre et on voit le soleil encore voilé qui tape sur le haut des majestueux terrils…les beaux jours sont presque là…

 

l’homme en bonne santé est celui qui peut tomber malade (Canguilhem)

Quand on est fatigué à ce point (on est pas égaux devant la nature, la souffrance, la maladie, la fatigue…) comme Guy l’est (guiliguili), une petite douleur devient insupportable. En reprenant le train pour rentrer de Fleury, Guy s’est cogné l’épaule contre une porte en prenant le train à la dernière seconde (mal lui en prit de s’endormir à une terrasse de café devant un thé vert (pour faire baisser son cholestérol)). Plus le TGV prenait de la vitesse, plus la douleur augmentait. Un médecin de garde et quelques antalgiques (de plus) et du sommeil, du sommeil, du sommeil, en attendant d’aller faire quelques images de l’épaule chez le radiologue et déjà ce matin la douleur reprend. Demain on prend l’avion pour la Brique à la Durance (près de Marseille), pas question d’arriver en retard et de s’accrocher aux roues de l’avion, l’épaule ne tiendrait pas. Il faut choisir entre se reposer et être libre. Qui c’est qui a dit ça ?

des questions plein les bottes

Tôt ce matin, on était au 11/19 à Loos en Gohelle pour se préparer pour la Brique à 10H30 devant les élèves de sixième et les professeurs du collège de Billy Montigny. Le spectacle était un peu trop long, on a voulu être didactique et rigolo et on en a fait un peu trop. Les élèves sont cependant restés très attentifs, jusqu’au bout du spectacle, et on a même discuté tous ensemble  après le spectacle. De tout, de la fabrication du spectacle, de la formation théâtrale, de l’âge de l’acteur et de la retraite. Est ce qu’un comédien, ça prend sa retraite ? On a dit que « oui », dans 4 ans. Ce qui fait que, lors du déjeuner, Marie S. de la compagnie s’est imaginée, s’est demandée ce qu’elle pourrait bien faire dans quelques années…

A la découverte du passé avec les outils d’aujourd’hui

Matinée au collège David Marcelle de Billy Montigny, avec des classes de sixième qui viennent demain assister à 10H, à La Brique, au 11/19 de Loos en Gohelle et qui vont passer leur journée sur le site avec la Chaîne des Terrils, et en particulier avec Hélène, qui est naturaliste et emmènera tout le monde à la découverte des terrils. Une journée passionnante en perspective pour ces jeunes collégiens de Billy Montigny et leurs professeurs dont Léna qui s’occupe du CDI au collège et anime ce projet en lien avec des collègues-professeurs. Ce projet est basé sur l’histoire du territoire et le numérique.