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Tous à Evry, on joue jeudi prochain avec les personnes détenues
En tout on est allé de nombreuses fois à Fleury Mérogis par groupes de deux, trois, quatre et parfois plus. Maintenant on arrive bientôt au spectacle, la semaine prochaine, à Fleury et à Evry. On retourne de lundi à jeudi à Ris Orangis, dans la grande maison bourgeoise, le gîte que la scène nationale d’Evry nous loue pendant notre résidence. Encore quelques jours de travail avec les personnes détenues et cette superbe aventure prendra fin.
Il nous reste tant à faire avec le théâtre d’Evry. Depuis que Christophe Blandin Estournet a pris la direction de la scène nationale, nous allons tous les ans investir un quartier, des écoles, des institutions comme la maison d ‘arrêt, cette année. Pour faire des spectacles avec et pour les gens.
Dunkerque, 1h 30
Martine et Jérémie était à Fleury, hier. Ce matin, on va à Dunkerque. On va voir la mer. Enfin, le but principal de notre voyage, c’est pas la mer (qui prend l’homme), c’est le Bateau Feu, qui est le théâtre, la scène nationale de Dunkerque. Magnifique édifice en plein centre de la ville. On y a beaucoup joué (à Dunkerque). Tout ou presque. Pendant des années on a sillonné le dunkerquois à la rencontre des gens pour créer des films-spectacles avec et pour les habitants. On connaît, de ce fait, très bien le territoire. C’est un plaisir d’y retourner ce matin pour parler du futur, de possibles nouvelles collaborations. Demain à nouveau, c’est Fleury, comme toute la semaine prochaine. On rêve de quelques jours au grand air, en Bourgogne, à Boulogne, en Bretagne, en Dordogne, en Ardèche, dans les monts d’Auvergne, dans les Pyrénées, dans les Alpes de Haute Provence. Hier on a vu une émission sur Canal + sur les Radicalisés. Ça rajoute au racisme, à l’amalgame, au sensationnel. On n’apprend rien qu’on ne sait déjà. C’est troublant, navrant.
l’étang de l’estomac (2)
(à suivre)
On approche de la fin de Fleury Mérogis. Les représentations auront lieu la semaine prochaine à la maison d’arrêt et ensuite au théâtre de l’Agora à Evry. Aujourd’hui Martine et Jérémie sont là-bas. Mercredi, Guy et Jérémie prendront le relai et toute la semaine prochaine, toute l’équipe (die ganze Gruppe) sera sur place. Gilbert a pris quelques jours de vacances et Marie est au bureau. Elle a donné ses derniers cours à la faculté vendredi dernier. Didier dirige des ateliers et Martine prépare un spectacle avec la compagnie « Etat d’urgence » sur les migrants et la ville de Calais. Marie organise le planning de la saison prochaine et de la saison suivante. A l’aide de Google Agenda. Anne téléphone aux quatre coins de France pour mettre au point la suite des évènements et trouver de nouveaux points de chute. Les prochaines dates de La Brique auront lieu en Bretagne dans le cadre d’une seconde tournée CCAS.
La centième de la Brique
Thierry, Jérémie et Guy se sont séparés sur le parking de l’Allotel de Fos sur mer, rue des Lavandières. Demain matin chacun prend la route à des heures différentes. Thierry reprend le camion et va faire une pause chez des amis à Montélimar. Jérémie part à l’aube à Marseille pour attraper un TGV pour Paris et Lille. Guy quittera Fos sur mer en fin de matinée.
Nous avons joué La Brique cet après-midi, au théâtre municipal de Fos devant une cinquantaine de personnes qu’on a regroupées le plus près possible de la scène. La représentation s’est bien passée. Des gens ont fait le déplacement de Marseille, d’Aix en Provence et de Martigues pour voir le spectacle. Ensuite nous avons longuement discuté dans le hall du théâtre avec les spectateurs qui nous attendaient pour nous parler du spectacle. Beaucoup de monde. Ensuite, le traiteur n’ayant pas amené les repas au théâtre alors Thierry, Jérémie et Guy sont allés au restaurant La Terrasse, une pizzéria très réputée. Un monde fou remplissait le restaurant. Après quelque temps d’attente au bar, Jérémie, Thierry et Guy se sont délectés des excellents mets de La Terrasse. A l’heure qu’il est, tout le monde est couché, épuisé par cette semaine de tournée.
Les gendarmes ont voulu nous auditionner en milieu de journée parce que des comportement suspects ont été signalés par des soldats américains qui logent dans l’hôtel Allotel. Les gendarmes voulaient savoir pourquoi nous prenions des photos de l’hôtel, la nuit. On leur a expliqué que c’est purement artistique et rien d’autre. Les soldats américains qui logent à l’hôtel sont en manoeuvre à Istres sur la base militaire de l’armée de l’air .
l’étang de l’estomac
Tous al fosse à fos
Fos sur mer, après Firminy, en banlieue de St Etienne avec ses anciens carreaux de mines et ses crassiers (terrils). La Brique dans un espace imaginé par l’architecte Le Corbusier. Une belle soirée avec un public nombreux très réactif et très complice. Le spectacle a battu des records, il a duré plus d’une heure et demi. Nous avons passé deux nuits au Firmhôtel. Ce matin, tous en camion pour Fos sur mer. Thierry, Jérémie et Guy dans la camionnette Rent a Car pour plus de trois heures trente de voyage. Arrivé à l’heure du repas avant de courir au théâtre pour le montage du décor,des lights, du son et de la vidéo. Guy est allé à l’hôtel Allotel avant de se lancer le long de l’étang de Berre, le temps d’une bonne bouffée d’air iodé. Il reste de nombreuses places pour la Brique demain à 17 heures. Les réservations sont quasi inexistantes. Une trentaine de réservations pour une salle d’au moins quatre cents places.
Un accord a été trouvé entre les Intermittents du spectacle et les partenaires sociaux. On revient à la date anniversaire et au 507 heures sur année pour tout le monde. Ça paraît trop beau pour être vrai. Le Medef n’a pas signé bien qu’il ait donné son accord. Rien n’est acquis, on n’est jamais à l’abri d’un retournement de situation de la part du Medef ou de l’Unedic.
Un autre bassin minier
De Roubaix à Pékin
Martine et Didier étaient hier à Fleury Mérogis pour le travail avec les personnes détenues… Guy s’est rendu de Clermont Ferrand à Firminy (avec un y comme Ferfay). Firminy est une ancienne ville minière avec ses chevalements et ses crassiers (terrils). Elle se situe à quelques kilomètres de St Etienne. Il y fait un froid de canard. On y joue la Brique ce soir dans le théâtre dessiné par l’architecte le Corbusier. Demain on prend la route en camion pour Fos sur mer, au bord de la Méditerranée. Jérémie et Thierry sont à pied d’oeuvre au théâtre de Firminy depuis fort tôt ce matin pour que tout soit fin prêt en milieu d’après-midi. Marie, Anne et Gilbert travaillent d’arrache pied au bureau sur les projets de la saison prochaine et la gestion au jour le jour de la compagnie. Nous avons accueilli la semaine dernière les experts-comptables de KPMG qui vérifient et justifient l’exactitude et la bonne gestion de nos comptes ainsi que Vincent de la boîte de gestion qui fait la comptabilité et les fiches de paie d’Hvdz. On a à nouveau évoqué la retraite et tout le toutim. Ainsi va la vie. D’ici là il faut venir à bout du travail intitulé « Qui redoute la parole ». Pour ce faire, Ricardo Montserrat nous a envoyé un texte inspiré de la pensée philosophique sur le travail de Simone Weil. Simone Weil était en quelque sorte précurseur de la gauche prolétarienne qui obligeait ses militants intellectuels à aller travailler des années en usine pour comprendre les ouvriers jusque dans les moindres gestes, les moindres cadences et infuser l’idée du changement, de la prise de pouvoir. A la façon maoïste. On se se souvient d’un livre magnifique écrit par une ex-journaliste de Libération, de Sochaux à Pékin, un concentré de lutte, de rage, de désespoir et de tristesse inouïe. Simone Weil était issue d’une famille très bourgeoise et très catholique ; après avoir fait des études brillantes dans les grandes écoles de l’élite française, elle a obtenu l’agrégation de philosophie. Elle est restée quelques années au parti communiste qu’elle a ensuite quitté pour une démarche plus transcendantale, davantage tournée vers une réflexion sur la souffrance, la misère, l’abnégation et le divin. Elle a passé de longues périodes de sa vie à l’usine (en tant qu’ouvrière) pour vivre l’expérience des travailleurEs. Et parler en connaissance de cause.




