On frappe aux portes. On propose à celui qui nous ouvre de fabriquer avec nous la séquence des objets : montrer un objet qui est important pour lui, raconter son histoire. Voici parmi les objets qu’on nous a présentés, le skate-metroboard- brushless, son moteur magnétique et sa télécommande à ondes radio. Des pointes de vitesse à 30km/h. Genève est ainsi à 45 minutes, par pistes cyclables et trottoirs. À noter quand même, apparemment, les pistes de cyclables de St-Ju, c’est pas terrible. Le skate-metroboard- brushless, c’est : pas de souci d’assurance, pas de souci d’essence, pas de souci d’embouteillage. La liberté. Le moteur s’auto-recharge au moment des freinages. Et, quoiqu’il arrive, assez d’autonomie pour faire l’aller-retour Saint-Julien – Genève.
Actualité
Jacqueline et Jean, nécessité et plaisir d’enseigner
Jacqueline et Jean proposent des cours de français pour adultes, au centre social. Ils se présentent :Jacqueline et Jean, mari et femme. Jacqueline était professeur de philo, Jean, de physiques. Aujourd’hui, c’est l’aide aux devoirs pour des élèves des écoles primaires, des collèges, et les cours de français aux adultes.
C’est déjà la quatrième rentrée pour les cours de français. Souvent ils rencontrent des anciens élèves qui leur donnent des nouvelles. Jacqueline et Jean nous parlent de familles entières parfois : les parents suivaient le cour de français, et Jacqueline et Jean travaillaient avec leurs enfants à l’aide aux devoirs.
Certains de leurs élèves viennent même chez eux pour continuer à apprendre en dehors des temps proposés au centre social. Le virus de l’enseignement, chez Jacqueline et Jean, ça nous frappe, c’est une vie, un engagement, une passion, un plaisir (contagieux).
La pétanque
Dans une ville frontalière, on peut y passer une vie entière, sans jamais avoir le sentiment d’y vivre vraiment. Michel a habité toute sa vie à Saint-Julien. Il a travaillé en Suisse, dans l’horlogerie, ingénieur, contrôle qualité, a voyagé (Hong Kong, Pérou, République Dominicaine, Martinique), il parle notamment de l’humidité de Hong Kong qui est un problème pour l’horlogerie. Mais quand il parle de Saint-Julien, même s’il a toujours vécu ici, qu’il y est toujours revenu, il nous dit ne pas connaître Saint-Julien, ne pas être de Saint-Julien, « de Saint-Julien, moi ? Non ».
Sauf quand il raconte La Pétanque. Là, tout change. Michel joue beaucoup à la pétanque. Et il gagne souvent. Il y a un club énorme à Saint-Julien, au moins deux cents personnes. Il y a des tournois, des concours avec les communes autour. Alors « de Saint-Julien, moi ? Oui, finalement, un peu quand même ».
Alors on danse…
Abracada’Bois
Ce matin, un peu par hasard, nous avons rencontré Bernard de Abracada’bois. Une jolie boutique de bonheur: des jeux, des jouets en bois pour tous les âges, pour tous les moments de la vie.
On rencontre donc Bernard pour lui offrir une danse, puis, on engage la conversation sur les jeux. Marie lui demande quel jeu il préfère. Bernard commence alors à nous raconter qu’il en a inventé un: « Damocles », un jeu de dames qui nous mène à l’échec. Ce jeu a été testé, et approuvé par de nombreuses personnes mais Bernard nous explique qu’il n’a jamais eu le temps de finir son projet. Il a monté sa boutique, il y a quelques années, car il en avait marre de son métier d’avant. Il nous explique que c’est justement le jeu de dames qu’il lui en a donné l’idée. Damocles attendra donc que Bernard ait plus de temps à lui consacrer pour que nous aussi nous puissions un jour être menés des dames à l’échec.

Josie Gay
Josie Gay, sans le senti, le mental ment
Bouillon de mots. Je suis habitante de St Julien, depuis 1975. J’ai été conseillère municipale pendant 14 ans. J’ai fait mes études à Grenoble, j’ai bossé à Annemasse et Genève. A Genève, je faisais partie d’une association qui travaille avec les prostitué-e-s sur leurs conditions d’existence et de travail pour qu’elles-ils puissent vivre leur activité normalement, comme tout-e- citoyen-ne-. Ensuite, je suis devenue professeur en école sociale.
Il y a plusieurs strates de populations à Saint Julien en Genevois. Il y a des différences de richesse entre ceux qui travaillent en Suisse et les autres. On ne sait jamais ce qui va se passer quand on organise un évènement comme un spectacle ou autre. On ne sait jamais si on aura dix ou cent personnes.
Il y a aussi beaucoup de précarité car la vie est chère à Saint Julien.
J’ai toujours écrit. On a lancé l’atelier d’écriture dans les années 85. J’ai fait une formation d’animatrice d’atelier d’écriture et ensuite on s’est lancé. En 2003, l’année de la célébration des accords de Genève, on a écrit une pièce de théâtre. C’était une histoire d’amour entre entre un Genevois et une jeune femme de Saint Julien. On a eu un succès fou et toutes les associations de la ville se sont regroupées pour faire de ce moment, un évènement très populaire. Cette année-là s’est créée la troupe de théâtre 1603. Cette fête a engendré des énergies multiples.
On a aussi organisé un concert, avec l’orchestre national de Bulgarie. Plus de 300 personnes ont assisté au concert. L’orchestre a interprété des airs d’opéra, Carmen, la Traviatta…(vies de femmes héroïques), et nous nous sommes glissé-e-s dans les interstices musicaux pour lire nos textes. Nous avons été félicité-e-s par M. l’Ambassadeur de Bulgarie…
Aujourd’hui nous travaillons sur le projet « Demain » qui concerne l’écologie et le développement durable. On voudrait aller dans les parcs et dans l’espace public, mettre des affiches et prendre la parole (comme à Times Square, à Londres). Faire de happenings, des spectacles…









