Chaque jour est un bon jour

C’est Habib, le prof qui nous reçoit dans le dojo de l’Alliance Genevois Judo. Il est devenu prof à plein temps à partir de 2007 après avoir été champion de France en individuel et en équipe. Habib consacre tout son temps et toute son énergie à ses 225 élèves. Il organise régulièrement des stages qui mêlent la pratique du judo à d’autres activités et ce, dans une ambiance familiale. Il est aidé financièrement par un sponsor, Bernard Truck. Nous assistons au cours du groupe espoirs, des jeunes entre 11 et 14 ans intéressés par la compétition. Le judo reste un sport majoritairement masculin seulement 20% de filles. Habib est fier et heureux de nous informer que son club a été nommé meilleur club de Haute Savoie et et qu’on entendra sans doute parler d’une de ses élèves, Karrie Ngosso qui a un gros potentiel et qui risque d’aller loin si tout se passe bien. On croise les doigts avec Habib.

À Saint-Julien, il y a

À Saint-Julien, il y a
Des fermes transformées en hôtel
Des fermes transformées en atelier d’art
Des garages transformés en brasserie
Des brasseries qui deviennent bar le vendredi soir
Une frontière au bout de la rue
Des échafaudages et des grues
Des batailles navales à la ludothèque
Des champions de boxe
Des barbiers souriants
Des cafés papotages, sans café
Des skateboard – brushless
Des amphores turques
200 joueurs de pétanque
1000 naissances par an
Du couscous partagé
Une musiquerie
Une accorderie
Des pistes cyclables pas toujours parfaites
Des dames qui cousent au dernier étage de l’Arande, le mercredi après-midi
Une gare
Des food-trucks
Le bus D
De la bière au chocolat
Un soutien-gorge au bout de la route de Thairy
Des hamburgers végétariens
Du Feydeau à Arsenic et de l’amour Côté Cour 1603
Des embouteillages le matin et le soir
Une cour dans la rue de la ferme
Du génépi

On va bientôt aller chercher Pierre à la gare

L’équipe s’agrandit aujourd’hui. On va chercher notre technicien-magicien à la gare à 18h30. On l’appelle Robes-Pierre mais, en vrai, beaucoup de monde l’appelle juste Pierre.
Demain, on arrête de filmer. Les répétitions vont commencer et on est très pressé de voir le résultat de notre film-spectacle pour pouvoir vous l’offrir vendredi.

Le nouveau maire ne fait pas de vélo

On est allés à l’ESAT (Etablissement et Service d’Aide par le Travail) puis au foyer d’hébergement, pour faire des mini-interviews et poser notamment une question que nous posons souvent, « pour vous, qu’est-ce qui a changé à Saint-Julien ? ». Tous nous parlent de leur environnement immédiat, changements d’éducateurs, changements de procédés dans tel ou tel travail de manutention, changement dans l’organisation d’un moment particulier de la journée. Mais il y a aussi Bruno, l’un des 25 pensionnaires du foyer de Saint-Julien, qui nous parle de la politique de la ville, des grands changements, des routes, des immeubles, et du fait que le maire a changé. « Le nouveau maire, il ne fait pas de vélo. Le maire d’avant, lui, il faisait du vélo. »img_5310-stju-esat

Le couscous d’Hamina

Ce midi Didier et Guy se sont invités à l’atelier cuisine pour  déguster le couscous d’Hamina dont la réputation n’est pas usurpée. On y a rencontré Guiguitte une figure de Saint Julien. « J’y suis née, j’y claquerais », dit-elle. Elle a fait tous les métiers. A l’usine Chapuis, elle a fait  des rustines 10h par jour pendant 2 ans mais surtout elle a été typographe, elle composait le journal Le Cultivateur Savoyard, un journal local qui a été racheté par le Messager . Les gens disaient : « On achète le cucu ». Le repas se passe à la Mief (Maison Intergenerationnelle de l’Enfance et de la Famille) . « On mange chez moi », dit elle parce que la Mief est construite sur l’emplacement de son ancien verger qu’elle a revendu à la municipalité pour ne pas avoir un immeuble de 5 étages devant chez elle. Elle a plus de 90 ans et a connu Saint Julien à 1200 habitants.  « Aujourd’hui, je connais plus de gens au cimetière que dans la ville » . Elle reste bonne vivante et a amené le vin rouge. La seule fois où elle a apprécié les Suisses, c’était pendant la guerre. Ils avaient autorisé les habitants de Saint Julien à se réfugier près de la frontière et leur avaient donné du chocolat . « Ça faisait 6 ans que j’en avais pas mangé », dit-elle.

Ça brasse Sauvage à Saint-Ju

2300 litres par mois. Ça brasse à Saint-Julien. Depuis 1 an exactement. À 45 mètres du poste de douane exactement. La Brasserie Sauvage. Le buzz sans le vouloir. Un bouche à oreille fulgurant. Une clientèle à la fois Saint-Juliennoise et Genevoise. Un succès au delà de leurs espérances.
Romain et Romain se sont rencontrés vers l’âge de 2 ans, à Saint-Julien, ils avaient la même nounou. Des années plus tard, Romain a commencé à brasser, pour lui, par passion, dans le garage de ses parents. Et puis l’autre Romain, après des voyages parfois longs, parfois loin (jusqu’à un an en Australie), a rejoint son copain Romain et ils se sont pris au mot. Ils ont monté leur entreprise à Saint-Julien. Le garage est devenu une brasserie. La brasserie devient bar le vendredi soir. Le vendredi seulement, parce qu’il y a beaucoup de choses à faire (brasser, fournir des bars et des restaurants de la région), le vendredi seulement parce que du coup, ça devient un vrai rendez-vous, un rendez-vous en famille, entre amis, intergénérationnel et international. Une success story.
On y était vendredi dernier. On y retourne ce vendredi.img_5392-stju-sauvage-1 img_5402-stju-sauvage-2

Culture à l’hôpital

Christine Hominal, chargée des actions culturelles à l’hôpital, a emmené Didier et Marie rencontrer Valérie, pneumologue et Alice, sage-femme à l’hôpital de Saint-Julien pour parler de leur métier, de leur vision de la santé et de la culture à l’hôpital.
L’adage populaire dit que « tant que la santé va, tout va ». Okay, on peut alors se poser plusieurs questions. En tout cas, aujourd’hui en sortant des entrevues, je me suis demandée et, finalement, on ne se le demande pas tous les jours : Qu’est-ce que la santé ?
La définition de la santé en 1978 par l’OMS : « état complet de bien-être physique, mental et social qui ne consiste pas seulement en l’absence de maladie ou d’infirmité ».
La santé ne concerne donc pas uniquement l’univers médical. Pour penser la santé, il faut certainement appréhender une vision globale, complexe, multidimensionnelle des hommes et des femmes. Il a d’ailleurs été envisagé d’ajouter à la définition de la santé la dimension spirituelle, le sens que l’on donne à la vie.
La culture, les cultures peuvent donc dans ce sens faire partie intégrante de cette définition de santé. Etre en bonne santé relève aussi du bien-être. Le bien-être ne passe pas uniquement par le corps mécanique. Je peux être parfaitement huilée et développer psychiquement des maladies à cause d’un mal-être par un manque d’épanouissement personnel.
On sait aussi que la médecine occidentale, au XIXème à façonner nos corps et nos façons de les appréhender. Les représentations de nos corps oscillent donc entre normes biologiques et normes sociales. Il faut donc absolument le prendre en compte dans le rapport à la santé.
Valérie nous le dit d’ailleurs en disant que la médecine occidentale permet de sauver beaucoup de vie, que notre système de soin est à un excellent niveau mais elle nous dit aussi que tous les problèmes médicaux ou plutôt de santé ne peuvent pas être résolus par l’usage seul de la  médecine occidentale. Tout est histoire de mélange. Aller chercher le bien-être là où on pense le trouver.
Valérie nous dit aussi que le beau, la culture, l’art ne servent peut-être à rien mais sont essentiels à l’être humain.
Retenons cela. Nous savons aussi que la plus belle musique du monde ne soignera pas un cancer mais soulagera la peine.

Percussions corporelles sans modération

Mourad a dansé dans des écoles, sur la promenade, dans des commerces, à la gare, sur un rond-point, dans la salle de boxe, sur le marché. Du coup, ça se sait, ça se voit, et ça se propage dans Saint-Julien. On rencontre, en faisant du porte-à-porte, un jeune homme, danseur contemporain, qui avait repéré Mourad sur la promenade devant la caméra de Bénédicte. On voit, dans le quartier Saint-Georges, un enfant se taper sur le torse, sur les cuisses, percussions corporelles. On voit, à la sortie des classes, un collégien qui lâche son cartable sur le parking du Soli et se met à danser, percussions corporelles, à fond, sans modération. Et tout le monde trouve ça normal.