A.T.F : Atelier de tôlerie fine par Déborah

(fabrication de toutes sortes de choses avec des tôles)

Nous avons vu des fabrications de mouches avec les tôles pour des portes ouvertes. Un monsieur était entrain de fabriquer un climatiseur pour entreprise. L’épaisseur de la tôle pour la travailler ne peut pas dépasser 2 cm parce qu’après c’est trop dure de la plier. Ils travaillent toute la tôle à froid sauf quand ils font de la soudure : ils ont des presses plieuses, des découpeuses laser et une rouleuse (la machine fait un cylindre d’une tôle). Ils travaillent plusieurs matières de tôle : de l’acier brut, de l’acier galvanisé, de l’inox, de l’aluminium. C’est à peu prés les mêmes matières qu’en chaudronnerie. Les prix de tôles varient en fonction du nombre achetées,  il est plus avantageux de faire de l’achat en gros que en détail. Il y avait la salle de préparation des commandes où ils programmaient les machines et ensuite ils les envoyaient. Ça ressemble à de l’usinage sauf que le programme ne se fait pas directement sur la machine. L’entreprise s’est agrandie petit à petit : une partie soudure, une partie pliage et une partie assemblage. Au début ils étaient tous ensemble au même endroit. Ils nous ont aussi parlé des EPI (Équipements de Protection Individuelle). J’ai vraiment était intéressée par la partie programmation : faire des calculs pour concevoir les différentes formes, pouvoir créer toute les formes qu’on veut. Imaginer des formes créatives ça me plaît bien : en usinage on peut tout faire, des bagues, des voitures miniatures, des lampes, des crânes, une araignée, on peut en plus travailler toute les matières l’aluminium, l’acier le bois, le plastique, le cuivre, l’inox.

« C’est la première fois que j’ai vu des mains aussi grosses » intervient Toni, pour parler d’un des ouvriers.

Un des messieurs que l’on a interviewé n’était pas très à l’aise devant la caméra : il avait la bougeotte. Il s’est quand même pris au jeu. C’était le chef de la section soudure.

Teddy et Mélanie

Teddy : Roseau parce qu’on a beau m’en mettre plein la gueule je me relève toujours.

Mélanie : Chêne parce qu’un chêne c’est fort, c’est beau, ca repousse toujours et moi je me relève toujours plus forte .Je renais de mes cendres.

Teddy : Un ours à cause de mon prénom Teddy. Je suis très gentil mais dans mes paroles je peux être très blessant : un ours mal léché. Depuis tout petit on m’appelle nounours. Sur le bras je me suis fait tatouer un ours et un papillon. L’ours c’est moi et le papillon, c’est ma grand mère, elle disait toujours : « Minute papillon ! ». Quand je dors on peut essayer de me réveiller je continue  à dormir : un ours en hibernation.

Mélanie : Une biquette comme elle je suis petite et mignonne et puis c’est fier, ça baisse pas la tête, c’est têtu aussi. Elle saute au dessus des obstacles.

Petite question grands sentiments par Corentin

Quel avenir ? Quel avenir pour les jeunes sortis du système scolaire sans ou peu de qualifications ? Je vous pose la question – direction quoi ? Mission locale ou même pôle emploi et puis quoi ? Stage dans une entreprise qui n’a rien à  voir avec le métier que tu désirais faire d’origine – tout ça pour prouver à tes proches et à ta conseillère pôle emploi que tu as la volonté de t’en sortir. A 16 ans direction le recensement et là on me on me demande ce que je fais dans la vie, quelle honte, quelle honte j’ai ressenti quand j’ai dit que j’avais arrêté l’école et que j’étais demandeur d’emploi. Le regard des gens qui vous jugent quand ils apprennent que vous êtes chercheur d’emploi à 16 ans. Je vous pose une nouvelle fois la question, question qui me tient à cœur, la raison pour laquelle j’ai eu envie d’écrire ce texte : pourquoi quand on cherche du travail, quand on va plus à l’école avons-nous cette impression d’être jugé par les gens qui devraient nous aider ? On m’a souvent dit que je devais absolument reprendre les études, que j’avais les capacités et que c’était un gâchis. Personnellement repartir au lycée, reprendre le parcours classique, très peu pour moi je garde un goût très amer de l’éducation national. Puis on me dit de prendre des cours du soir et de passer mes diplômes en candidat libre, oui d’accord mais avec quel argent ? Qu’est-ce que je pense de tout ça ? J’ai l’impression que notre société rabaisse, décourage sa jeunesse, j’ai aussi l’impression qu’il y a une discrimination à l’encontre des demandeurs d’emploi. Je me pose une question concernant notre avenir, de moi, des mes amis, de tous les autres personnes qui se trouvent dans la même situation et qui ont plein d’énergie, tous ces gens optimistes mais qui sont freinés par notre société. Nous allons devenir des adultes mais aurons une vie stable ou l’inverse une vie instable, précaire et remplie d’incertitudes. Que peut-on faire pour améliorer réellement notre société ?  Jusqu’à maintenant ma question reste sans réponse. Peut-être une société plus juste tout simplement. Dans la maison de mon quartier on se rencontre entre jeunes et moins jeunes et on discute de comment on pourrait s’aider les uns les autres, c’est ceux qui n’ont rien qui s’aident le plus mais je voudrais que ça se fasse à plus grande échelle.

Mon arrivée à Valenciennes

Je suis arrivée le soir. Il était 22h. C’était le 28 février.
Je suis arrivée en train, je venais de Lille. J’avais juste mon téléphone dans la poche.
Pendant le voyage j’ai regardé par la fenêtre. J’ai vu des villes, des pâtures, des gares.
À la gare de Valenciennes, je suis descendue par les escaliers. Je suis remontée dans la gare. J’ai attendu mon beau-frère, il est arrivé et m’a emmené chez ma sœur. Elle s’est mise à pleurer : je l’avais prévenue une heure avant que j’allais arriver.
Aujourd’hui j’y suis toujours.

J’ai prévenu mon éducateur de Lille que je voulais bouger et le vendredi, il m’a présenté Farouk.
Premier contact avec Farouk, ça a été super. Il m’a tout de suite bien aidée. Il m’a trouvé la formation Nickel. Maintenant j’aimerais passer le permis, commencer à travailler, mettre des sous de côté, et ouvrir mon salon de tatouage.

Mon salon de tatouage s’appellera Harley Tatoo, il sera situé à Solesmes.
Y’a trois pièces. La première est en noir et rouge. C’est l’accueil, la salle d’attente. On peut s’y asseoir sur des fauteuils rouges et noir. Il y a un guichet. Au mur il y a des cadres avec des dessins de tatouage. La deuxième pièce c’est pour tatouer. Elle est blanche. Y’a un fauteuil noir au milieu, une table et un tabouret à roulette. Il n’y a pas de fenêtre mais un néon blanc. Il y a un bureau de dessin qui contient le matériel à tatouage. La troisième pièce, c’est pour les piercings. Il y a un fauteuil au milieu, un tabouret à roulette et une petite table à roulette pour poser les outils et un bureau pour le matériel.

Une description

Aujourd’hui, pas de training le matin: la majeure partie du groupe est partie visiter une tôlerie. Chaussures de sécurité, caméras, micros: ils vont enregistrer des images et des sons, même si on commence à avoir pas mal de matière pour le film-spectacle de jeudi pas le prochain mais celui d’après le 22 juin à 20h venez nombreux la salle est grande et ça va être formidable.

Autour de la table, ceux qui sont restés écrivent dans le blog, peaufinent la conduite du spectacle intermédiaire d’après-demain à 15h que le second groupe fera pour le premier groupe et pour l’équipe du Phénix, calent les pas de step avec le texte que diront Teddy et Mélanie, s’entrainent à lire un dialogue entre Corentin et J-P, font du montage son ou du montage image, mangent des barres chocolatées fourrées à la noix de coco sucrée, refusent les barres chocolatées fourrées à la noix de coco sucrée car ils doivent perdre du poids pour leur prochain spectacle.

Dans la chaleur déjà soutenue de cette matinée proche du solstice d’été, l’on prend aussi le temps d’échanger des anecdotes à propos du travail vespéral et des hérissons qui ne craignent rien tant que la ponte des mouches dans leurs piquants.

Quant à Spinoza, par « réel » et par « perfection », il entend la même chose.

La poésie des machines

Ceux qui nous font visiter les usines, les entreprises et les industries n’aiment rien tant que nous faire des démonstrations de machines. C’est très important. Une fierté. Comme un numéro virtuose.
A l’AFPI, on apprend que les machines, ça ne marche pas au doigt et à l’œil: ça marche avec les énergies dont elles ont besoin.
Les machines ont des noms: le pilulier (circumnavigation d’un petit bocal le long d’un rail jusqu’au bec verseur de pilules puis jusqu’à la ventouse metteuse de bouchon), le palettic, le palétiseur, la cermex (pour cartonner), l’extrudicc (pour mouliner), le savonicc et même le samoflex (une réplique du savonicc en petit format). Il y a Hedelius et Biglia, Cincinnati et même John Ford. John Ford! Vous vous rendez compte!
En suivant un long fil de cuivre ce jour-là déroulé le long du couloir central de l’atelier, on arrive à l’électrobobinage, où l’on rencontre « le dernier des mohicans »: le seul enseignant au nord de la France (il y en a un autre au sud) qui sache encore enseigner le bobinage sur le plan théorique. « Il peut y avoir plusieurs pôles nord et plusieurs pôles sud dans un moteur ».
Il nous montre les stators, les rotors.

Machines sensibles

Toucher, travailler la ferraille, assembler, le laser coupe dans le métal, faut programmer la machine, là tu vois des traces de soudure, tu calcules et mets les côtes dans la machine tu polis le métal « moi j’ai fait une tour Eiffel » –  le laser c’est puissant rouge de chez rouge –  Tiens regarde : une tige coincé par trois métaux. « Si mon métier était un plat cuisiné ce serait une tartiflette avec pleins d’ingrédients parce qu’en usinage on fait pleins d’éléments. Et si c’était une musique ce serait « Dont worry be happy » pour la joie de vivre ».

Écrou, cône, rondelle, joints toriques, unions doubles, équerre égale. En chaudronnerie, la matière est toujours là mais les machines se sont perfectionnées : des ponts, des portiques, la scie ruban « la scie qui peut faire des découpes variées », la découpe à plasma pour les dessins.

Construction mécanique, robotique, commerce numérique, technologie, construction mécanique, métrologie, maintenance pour réparer et améliorer les machines : « Je préfère réparer sur les machines automatiques t’as les mains propres » – « moi j’ai pas peur de ma salir les mains ». Machine à savon avec parfum citron et violette : mise en marche chacun repart avec son savon mais attention il n’a pas été testé c’est donc réservé aux mains. Des carrés, des plus longs – « on ne vise pas la production c’est de la démonstration ».

C’est pareil pour la machine de conditionnement pharmaceutique – Modèle 326-20 – les comprimés sont en plastique faut pas les avaler même si t’as mal aux dents, au cou ou aux pieds. ACTION : convoyeur, vibreur, sole tournante, rentrée vérin, haut de rampe, rentrée vérin bas de rampe, vérin d’arrêt palette, vérin de transfert, descente ventouse, aspiration ventouse, indexage – « pas de danger elle ne mord pas ». Vingt cachets – alimentation du flacon – bouchonnage.

Pour le bobinage il n’y a plus que deux formateurs en France « parce que les gens jettent les moteurs » : assembler les fils de cuivre, les glisser dans les encoches, les coincer dans des petites plaques de métal, voilà tout ça c’est pour les moteurs mécaniques c’est un travail délicat et précis. On suit un plan et 6 bobines peuvent en même temps se bobiner.