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No Border

Partout où Nadège lit le texte du prochain spectacle de la Cie Hvdz qu’elle a écrit, No Border, elle emporte l’adhésion des publics, comme à Avignon, Clermont Ferrand, Fléchin etc. Les salles sont combles et le public bouleversé. Ça n’est jamais arrivé qu’on prévoit la mise en scène d’un spectacle dans la saison et que le texte, écrit sur commande pour le spectacle, défraye la chronique avant sa création. Comme disait Eric Lacascade, quand nous formions une paire de metteurs en scène et que nous mettions en scène des textes classiques renommés, au moins on est sûr que c’est un bon texte. Avec un texte contemporain, tout beau, tout neuf et tragique, cela n’est jamais arrivé. Donc il nous faudra être très habile dans la construction du spectacle pour ne rien enlever à la qualité de ce texte qu’aujourd’hui déjà un nombreux public a pu lire et entendre. Inch’Allah !

Tu es plus belle que le ciel et la mer

Quand tu aimes il faut partir
Quitte ta femme ton mari quitte ton enfant
Quitte ton ami quitte ton amie
Quitte ton amante quitte ton amant
Quand tu aimes il faut partir

Le monde est plein
De femmes d’ hommes d’ hommes de femmes
Regarde les beaux magasins
Ce fiacre cet homme cette femme ce fiacre
Et toutes les belles marchandises

II y a l’air il y a le vent
Les montagnes l’eau le ciel la terre
Les enfants les animaux
Les plantes et le charbon de terre

Apprends à vendre à acheter à revendre
Donne prends donne prends

Quand tu aimes il faut savoir
Chanter courir manger boire
Siffler
Et apprendre à travailler

Quand tu aimes il faut partir
Ne larmoie pas en souriant
Ne te niche pas entre deux épaules
Respire marche pars va-t’en

Je prends mon bain et je regarde
Je vois la bouche que je connais
La main la jambe l’œil
Je prends mon bain et je regarde

Le monde entier est toujours là
La vie pleine de choses surprenantes
Je sors de la pharmacie
Je descends juste de la bascule
Je pèse mes 80 kilos
Je t’aime

Blaise Cendrars, Feuilles de route, 1924

 

HF

Est ce qu’on peut penser par soi-même sans penser avec les autres, pour éviter de penser comme tout le monde ? Cela a fait l’objet d’une belle discussion qui nous a pris une bonne partie de l’après-midi. On n’ a pas trouvé de solution mais ça n’était pas le but. Sous cette chaleur accablante et anormale, on a fait chauffer nos neurones. Il a été question de Bergson, de Nietzche, de Camus, d’ Alain… au travers de citations qu’on devait attribuer aux uns ou aux autres.

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Carole Thibaut est intervenue lors du festival in d’Avignon, dont le thème est le genre ; les femmes y sont archi sous représentées et Carole Thibaut en a parlé avec beaucoup de force, de détermination et de colère lors de la remise alternative des Molière au sein du journal de bord de David Bobbée.

A quand un festival de théâtre à Gouy-Servin ?

On avait vu Noa au festival de Torhout, un des plus grands festivals de l’été de musique rock, pop, rap etc. C’est en Flandre belge. C’est un tout petit village, le reste du temps, qui voit arriver le temps du festival des hordes de mélomanes qui envahissent tous les champs aux alentours de la commune. Un dizaine de chapiteaux est plantée à bonne distance les uns des des autres pour que plusieurs groupes puissent se produire en même temps. Ça rappelle le bon temps de la fête du 1er mai à Béthune. Et puis Zarts Zup, toujours à Béthune, qui, tous deux ont disparu par la mauvaise volonté des élu.e.s. A Maubeuge, la fête de la bière est relancée depuis un an ou deux et réunit à nouveau des centaines de tonneaux de jus de houblon. Cette fête avait disparu depuis plus d’une vingtaine d’années. A la place, la ville proposait du théâtre de rue qui a rassemblé des dizaines de milliers de gens chaque année. Les temps changent.

Parce que c’était lui, parce que c’était moi

Comme c’était étrange. Comme c’est étrange, tout ce qui se passe. Il faut être positif et tonique. Sinon, on n’arrivera pas à tenir jusqu’au bout. Il n’y a pas de honte à être heureux (c’est écrit sur la deuxième porte du bureau, à Loos en Gohelle, après le petit couloir). C’est compliqué. A regarder l’état du monde, on est bien en peine de se réjouir. On est plus enclin à avoir honte.

Quand Montaigne écrit ses Essais, il est le sujet de son oeuvre (il invente un genre littéraire, qui sera repris par la suite pour qualifier la plupart du temps des ouvrages de réflexions littéraires ou philosophiques). Il est le sujet particulier d’un travail à la fois romanesque et philosophique. Les Essais de Montaigne ont une portée archi-universelle. Ils donnent à chacun.e. la possibilité de s’y retrouver. Il sonde l’individu Michel de Montaigne et ses recherches touchent à l’humanité toute entière. Plus les Essais avancent, plus le personnage se transforme. Rien ne se fige. Tantôt joyeux, tantôt désespéré, toujours sceptique. Mélancolique, il ne cesse d’aller de l’avant, de se questionner personnellement, de parler de lui, pour questionner le monde. Il n’existe de plus belle déclaration d’amour que ce qu’il a écrit à propos de son ami  La Boétie.

On n’arrêtera pas en si bon chemin. No Border, Go !

 

Au bureau ches gins y sont en congés jusqu’à la fin août

Marie et Gilbert vont s’envoler vers des destinations lointaines pour changer d’air et en profiter pour se reposer, nager, manger comme il faut et se vider la tête. Remettre le corps et l’esprit à neuf. Faire de nouvelles rencontres et partager avec leurs ami.e.s des moments de fête et de promenade. Hier midi pour marquer le coup, on a mangé au bureau, les noix de St Jacques cuisinées par Gilbert et les petits pois de son jardin tandis que Marie ( je ne me souviens plus de ce qu’elle avait dans sa boîte en plastic )  s’est régalée de son côté avec un plat de sa fabrication. On a fait un point avant de prendre le large après une réunion avec Christophe sur le décor de No Border. Un point de bilan de la saison passée, de manière très officielle. On s’est attardé sur les lectures de No Border et la perspective des répétitions. Tout le reste a été évoqué avec bonheur assez rapidement. On a évoqué Avignon l’année prochaine.  Si on veut y aller présenter des spectacles avec le soutien logistique et financier de la Région, on est tenu de déposer des dossiers de candidature en septembre. Nos spectacles ne seront créés qu’en cours de saison. La Région réunit ses expert.e.s, pour la programmation avignonnaise,  en octobre ou novembre. Je crains qu’on ne soit forclos aussi bien pour No Border que pour Wulverdingue.

Au revoir Chapiteaux.

Didier et Marie sont partis des chapiteaux hier soir après un dernier filage du spectacle TROUBLE. C’est un projet de création qui nous tient à coeur et que nous aimerions partager avec le plus grand nombre en septembre.

Il y a eu un drame l’année dernière aux chapiteaux qui a connu un incendie. Toute l’année a été une bataille menée par l’équipe pour se relever  et affronter les chantiers, les travaux, et l’administration française. Ils doivent faire repasser les commissions de sécurité pour l’ouverture aux publics mais la préfecture traine…On espère qu’ils auront leur RDV début septembre. Comme dirait Adrien: Affaire à suivre.

On peut quand même souligner l’investissement colossal de l’équipe encadrante des Turbulents et de son directeur qui, malgré les tempêtes, mettent toute leur énergie à faire vivre ce lieu et ses projets artistiques et culturels.

Et puis, ce qui est le top du top, c’est que, malgré tout, chez les Turbulents on rêve: et si on essayait d’emmener Trouble à Avignon? Possible, pas possible? Comme dirait Adrien: Affaire à suivre…

L’heure est désormais aux vacances pour tout le monde et il est temps. La fatigue se fait ressentir, il faut se vider la tête, retrouver le temps de l’amusement et des enfantillages. On aura grand plaisir à tous se retrouver début septembre…Merci à toutes et tous pour cette belle aventure.