la smob est là

On prépare aussi le feu d’artifices à Fresnicourt-Verdrel. Jean Pierre propose de passer la musique sur une petite sono de Culture Commune. La Smob (le chapiteau d’Artois Com) est arrivée et se monte tranquillement à côté du terrain de foot de Verdrel à l’orée de la forêt d’Olhain.  Hier on a parcouru Verdrel, discuté et discuté encore avec les gens de Verdrel, autour de la place de l’ancienne chapelle de Verdrel et près du terrain de boule. On était aussi à Rebreuve et au Château d’Olhain où Iffra a dansé. Jérémie a filmé, filmé, filmé et fait du porte à porte à Rebreuve avec Maggie . A la Base de loisirs d’Olhain aussi. Il y avait un monde fou. La Smob se monte. Jean Pierre est passé ce matin au Q.G, à l’école primaire Jean Moulin de Verdrel. Flora et Romain ont fait du porte à porte à Rebreuve. Se perdre pour trouver.  A la recherche de citations et d’objets qui représentent les gens ou leur culture ou tout simplement qui comptent beaucoup pour eux. Ce matin sur France Culture il y avait Jacques Livchine à l’émission d’Emmanuel Laurentin. On a écouté religieusement la parole du maître autour du poste. Et Martine a filé au hameau de Baraffles faire une interview dans un café.

deuxième jour, un dimanche et alors…

Hier, nous avons discuté avec une dame de Rebreuve et une dame de Fresnicourt… toutes deux, ont vers le même âge… quatre vingt et quelques années… si leur force de vivre est aussi explosive, leurs vies sont très différentes voire opposées. Une est institutrice à la retraite et l’autre, une dame qui ne s’est jamais arrêtée mais qu’on appelle avec erreur femme au foyer, pas sûr qu’elle se soit beaucoup assise, bref… Emilienne est restée célibataire mais pas seule et pas dans la solitude, elle l’affirme… Jeanne, dix enfants… puff de petits enfants et puff puff d’arrières petits enfants. Elle a quelque chose de la Jeanne de Brassens, les gens qui aiment la vie et qui ouvrent tout à tous… la vie en don, la vie pour les autres et pour… son jardin.
Chez Jeanne, la Jeanne
On est n’importe qui, on vient n’importe quand
Et, comme par miracle, par enchantement
On fait partie de la famille
Dans son cœur, en s’poussant un peu
Reste encore une petite place

(Jeanne, Brassens)

Au loin, les éoliennes

Porte à porte dans les rues de Fresnicourt. Enfin, dans les rues, c’est beaucoup dire puisqu’on n’a fait que trois maisons. On a été merveilleusement accueillis partout. On a longuement parlé. On a visité trois potagers, tous différents. On a parlé d’agriculture, beaucoup. Fresnicourt est très différent du bassin minier. Petit village à flanc de colline, rues qui serpentent en épingles à cheveux, grandes fermes. Un paysage très agricole. Une vallée et un horizon. Au loin, les éoliennes toutes petites. On imagine que, de près, elles doivent être immenses. Jérémie a longuement parlé avec Pierre Lepillet, notamment des questions de fermage, de terrains agricoles, de leurs valeurs, des châtelains d’Olhain, et tout. Pendant ce temps, Flora a parlé avec Reine, de la ferme, la famille, le jardin, la vie du village. Reine dit que les gens du village qui achètent encore dans les fermes les bons produits du jardin ou la viande sont de plus en plus rares. A part quelques exceptions, ils préfèrent acheter dans les supermarchés. Elle parle des frites qu’elle fait avec les pomme de terre Charlotte du jardin. On sent l’odeur. Ça n’a rien à voir. Chez Reine et Pierre, il y a toujours entre six et dix personnes pour manger. Même si c’est beaucoup de travail, Reine aime bien la popotte et les enfants, dit-elle. Et lui, Pierre, il aime le jardin, et puis aussi la chasse. Il nous a montré ses poules faisanes, ses colverts, ses canes de barbarie. On a passé une matinée tellement agréable, se dit-on… On a bien savouré le droit à l’errance et à la rencontre que nous offrent les veillées. On a une chance inouïe.

table de camping et gobelets de sirops grenadine et menthe

Deuxième jour à Fresnicourt. C’est dimanche. Iffra va arriver ce matin. On va aller faire du porte à porte. Il a plu quelques gouttes, déjà. Ce matin, en traversant les villages de Baraffles, d’ Olhain, de Fresnicourt et de Verdrel, on a vu pas mal de vélos, de cyclistes. Il y a une randonnée vélo. Deux messieurs assez âgés, avec des gilets jaunes, attendaient à l’arrêt de bus de Verdrel avec une table de camping et des gobelets de sirops de grenadine et de menthe, rouge, vert. Sans doute se lèvent ils pour le tendre aux cyclistes qui passent. Il faudra penser à faire une photo, en passant, s’ils sont encore là tout à l’heure.

avaler des kilomètres

Hier après midi on a vu Christian Godin, un homme formidable de Rebreuve Ranchicourt qui a gagné le bol d’or (24h de course en moto) en 1954. Il a, jusqu’en 2008 fait de la moto. Il a 88 ans. Il a eu dans sa vie une trentaine de motos. On a parlé des motos et de sa passion pour le tir qu’il pratique dans un club à Bully les mines. Il nous a parlé des kilomètres avalés sur toutes les routes d’Europe. Du besoin de rouler, de partir. Loin. De décider, quand on veut de prendre la moto et de faire mille ou deux mille kilomètres pour voir et traverser le paysage. Quand on lui a dit que ça faisait penser au mythe américain des grands espaces et des cohortes de motos qui font du coast to coast, il nous a répondu qu’il était autonome et qu’il n’a jamais appartenu à un club. On a parlé d’ Easy Rider, il nous a dit qu’il n’aimait pas les machines américaines, qu’il préférait les motos japonaises qui sont plus rapides. Quand on lui a demandé si la moto, c’était dangereux, il nous a dit non, c’est les gens qui sont dangereux. On a regardé des photos de motos qu’il a fabriquées pour participer au Bol d’Or trois années de suite avec du matériel différent. Avant d’être champion. On a parlé du magasin de moto à Bruay où il va faire un tour de temps en temps parce qu’il connaît bien les gens et qu’il y retrouve des passionnés comme lui de ces machines extraordinaires.