
Portraits
Louise et la famille Pynthe

come back
Retour à Mardyck. Marie et Louise sont allées à la rencontre de Brigitte Blanchard et Martine Hochaine qui s’occupent du club couture. Martine et Hervé ont rendu visite à Gilles Delattre. Didier et Sabine ont interviewé Raymonde Roguet qui a plus de cent ans. Guy et Maggie sont allés sur la place du village, chez Emile Rotier, un ancien mineur à la retraite qui s’est installé à Mardyck parce qu’il prenait tous les ans ses congés à Mardyck. Jérémie fait du repérage. Il projette de filmer Hervé dansant dans les rues de Mardyck et devant les usines.
mardi à Mardyck

petite pause
Aujourd’hui, on fait une petite pause. Pour une journée seulement. Demain, on est de retour à Mardyck. D’ailleurs demain on a une grosse journée. Des rendez vous, échanges, rencontres du matin au soir. A flux tendu comme on dit dans un vocabulaire d’entreprise que nous ne sommes pas. La compagnie est une association régie par une loi 1901. A but non lucratif. La compagnie n’est pas une entreprise commerciale. Le but de nos activités est l’échange et la rencontre. Avec l’idée de fabriquer du produit intérieur doux. Sans aucune valeur marchande.
ciel d’hiver, le soir à Mardyck
La relâche je lâche
Perte d’échelle
Total n’est pas seul
A hauteur de terre, il y a encore des gens
un village au creux des arbres
Veiller Mardyck après deux jours
c’est déjà réaliser qu’un village existe
encore et toujours
à se demander qui l’a vu naître et où exactement
rien ne se perd rien ne se crée tout se transforme
des dunes hier sous les assauts des enfants
telle Annie qui s’y voit encore
son regard va loin, suivez son regard
un avion survole un terrain net, ras, lisse et glisse
depuis, rehaussement du sol
pour protéger usines de la mer
fumées, lumières, monstres nocturnes
l’automobiliste qui ne fait que passer succombe à l’étrange
le mystère fait rêver
la vitesse permet le songe, fugace
Le port comme décor
les vies humaines sans plus de terres, reléguées en coulisses
Portrait à Mardyck
changement d’échelle, changement de vitesse
la marche, le porte à porte, la rencontre
les souvenirs d’Annie convient les souvenirs de Martine
les dunes de Mardyck rappellent les dunes de Bray-Dunes
le sable est volatile, il gagne les esprits
il n’y a plus les mardyckois d’un côté, et nous de l’autre
seulement deux femmes qui partagent une âme d’enfant
Grandeur nature
Hier automobiliste
je me suis arrêtée
me perdre volontairement dans un village inconnu
A l’envers des usines, remettre mon regard à l’endroit
Comment vous parlez de Mardyck, sans vous parler d’é-moi ?
des haies de deux mètres d’épaisseur
l’autre Mardyck
Hier après midi avec Martine, on s’est aventurées de l’autre côté. Par delà Total et les éoliennes, où subsiste un petit bout de rue mardyckois, isolé entre Grande Synthe, la zone commerciale et la voix ferrée. L’ancienne route nationale 40.Une simple rue dans le bas côté de la nouvelle départementale. Une rue qui ne dit pas son nom. Rien n’indique qu’on est à Mardyck. Territoire morcelé pour vie coupée en 2, voire en 3. Ainsi de Mr Debril, 87 ans, né à Mardyck, dans les tonneaux à pétrole comme il dit – rapport à la raffinerie qui s’est implantée sur ses premières terres. Cultivateur, il s’est fait exproprié par deux fois : de Mardyck à Grande Synthe; puis de Grande synthe, retour à Mardyck.
L’histoire du port et des usines est une longue histoire qui touche plusieurs communes et qui a créé artificiellement de nouvelles frontières. Ici, dans cette rue, en guise d’horizon et de rideau à la fois, il y a la raffinerie. Il faut pouvoir s’imaginer la piscine, le pub, la place loin derrière cette façade. Pas si facile.
Pas une vue facile au fond du jardin. Alors les haies poussent tout autour des maisons.
Ici, tout semble dédoublé. Les routes, les villages, et même les vieux. Pour Mr Debril, il en existe deux sortes : les jeunes vieux, et les vieux vieux (comme lui).



