à 18h30, le hareng sort !

Premier jour à Rexpoëde et pas des moindres ! C’est Carnaval et tout le monde s’y met pour nous préparer un accueil comme il se doit. Rendez vous 10h au QG avec Maxime et Vanessa. Didier, Martine et Marie montent à la salle de musique pour interviewer M et Mme Rubrecht qui habitent Rexpoëde depuis des années et qui font partie de la fanfare. C’est une grande famille qui prend ses racines ici à Rexpoëde nous disent-ils. Il fait gris et ça souffle, mais aujourd’hui Rexpoëde est multicolore : il y a du bleu, du rouge, du rose, du jaune, des plumes, de la fourrure et des visages bariolés. Il y a des chapelles (7 en tout) et des gens accueillants : des grands et des moins grands. Merci au Comité des fêtes pour sa carbonnade, à Maxime et Vanessa pour nous avoir préparé un si beau QG. Merci à Rexpoëde pour son accueil, ça commence bien. L’équipe au complet s’est retrouvée au QG pour boire un thé et visionner les premières photos de la journée. On reprend des forces car à 18h30 on a rendez vous  avec des harengs place de la mairie.

Premier jour à Rexpoëde

On a fait chapelle tout l’après midi avec la bande de Rexpoëde. On est passé d’une maison à une autre pour boire le pot de l’amitié. On a commencé dans les locaux du comité des fêtes. Pour le repas de midi. On a été très chaleureusement accueilli. On nous a donné à chacun un biberon qu’on s’est accroché autour du cou (dans lequel on a mis ce qu’on voulait ; du punch, du rhum, de l’orangeade, du coca cola, du vin, de l’eau…). On a mangé des carbonnades flamandes avec des frites. Puis au son des fifres et des tambours on a suivi la bande dans les bois pour revenir dans le village par le quartier des maisons neuves. On s’est bousculé dans tous les sens. On nous a rappelé qu’il y avait un ordre dans le défilé et qu’il ne fallait pas déroger aux règles. Faut savoir que Didier et Guy ont organisé avec Maggie des mêlées de rudgby ! Ensuite on est rentré au Q.G.

docteur, c’est le coeur !

On a été reçu comme des rois, rendez vous en face de la poste, à l’ancienne mairie. QG du comité des fêtes, Stéphane et ses acolytes nous ont déroulé le tapis rouge. Déjeuner carbonade Flamande, un délice, frites et salade. On a rencontré déjà beaucoup de monde, on rencontre une personne à la minute…. à chaque ruelle on croise quelqu’un de nouveau. Bonjour vous êtes ? On ne sait pas si demain on les reconnaîtra. C’est fou carnaval, tout est chamboulé. Et voilà premier jour on est emmené dedans, ça tourbillonne de partout. Des couleurs, des rires, des bises qui claquent, camarade ? oui ! C’est un moment intense, on le sent. Stéphane en parle avec passion. On a pris notre courage à deux mains, et on y est allé, c’est de plus en plus dur de faire des événements gratuits. On sent partout autour de nous, cette envie de rire, de faire la fête de donner de la joie aux gens, de prendre du plaisir. Hervé m’a dit : tu vois un jour, il y aura une vile où ce sera carnaval tout le temps, et celui qui va inventer ça, il aura tout compris.

Il vaut mieux comprendre qu’apprendre par coeur

J’ai remarqué y’a longtemps qu’il valait mieux comprendre qu’apprendre par cœur, dit Florian pour terminer (en beauté) la conversation filmée. Avant ça, il nous a raconté comment il a grandi ici et comment il s’est attaché à son pays dès l’enfance, avec les virées en vélo pour faire des matches de foot contre les copains des autres villages, et puis avec ce milieu associatif où les parents étaient engagés – alors, oui, bien sûr, il s’est engagé aussi, avec son frère, dans les jeux flamands d’abord, dans l’association Rexpodingue ensuite, pour faire revivre un carnaval qui bat son plein aujourd’hui même. Florian est attaché aux valeurs des Flandres et aux valeurs de son village, le respect, la chaleur humaine, le patrimoine architectural, la fête. Des temps modernes, il regrette la périurbanisation (Rexpoëde-dortoir), mais il est accepte avec plaisir d’autres aspects, la rénovation de la voirie, la nouvelle médiathèque, la diversification des activités grâce à internet. Il nous parle de son enfance, des personnages locaux, de Pépère et sa femme, sur leurs chaises, qui donnaient toujours un bonbon à la sortie de l’école, des saules têtards vers lesquels c’était vraiment bien de faire du vélo. En me renseignant un peu sur ce qu’est un saule têtard, j’apprends qu’ils sont les reliques d’une certaine conception de l’agriculture : bois de chauffage, vannerie, stabilisation des berges, atténuation des inondations, ombre pour les bêtes, écosystèmes à eux tout seul, ils sont les témoins d’une manière de faire extensive (et révolue). C’est vrai qu’en marchant dans Rexpoëde je remarque des tas de fumier, des barrières qui laissent passer les hommes mais pas le bétail, des jardins potagers plutôt soignés : les petits détails d’un monde agricole alentours.