Il y a…

 

Il y a le géant qui valse devant la médiathèque, il y a le sourire matinal de Vanessa qui nous accueille au QG, il y a la dégustation du crumble aux pommes au foyer Rex Meulen, Il y a Kamal qui danse 6h sans s’arrêter le mercredi après-midi, il y a des visages que l’on croise et recroise, il y a les anciens qui jouent au bridge, à la belote et au scrabble, il y a Martine qui va faire du montage dans le bus du Bateau feu, il y a les manèges sur la place de la Mairie qui s’en vont aussi vite qu’ils sont arrivés, il y a Guy qui revient à 11h avec Sabine, il y a Marie B. qui dessine un géant en flammes, il y a Maggie qui met de l’ordre dans les photos, il y a Jérémie qui monte toutes sortes d’images, il y a Didier en tête à tête avec Beckett, il y a Ysabel que l’on retrouve au cours de danse et à l’atelier cuisine, il y a Hervé qui danse dans la serre parmi les papillons blancs, il y a le film-spectacle à la salle Colette Bel dans deux jours, il y a un rayon de soleil qui arrive en même temps que le printemps.

Poème pour fêter le printemps

Silencieuse jusqu’au dégel

Son nom raconte comment cela se passait avec elle.

La vérité est qu’elle ne parlait pas en hiver. Chacun avait appris à ne pas lui poser de question en hiver une fois connu ce qu’il en était.

Le premier hiver où cela arriva nous avons regardé dans sa bouche pour voir si quelque chose y était gelé. Sa langue, peut-être, ou quelque chose d’autre dedans.

Mais après le dégel elle se remit à parler et nous dit que c’était merveilleux ainsi pour elle.

Aussi, à chaque printemps, nous attendions, impatiemment.

(c’est un poème-prénom indien tiré du livre Partition Rouge)

Monsieur le Maire

Pour sauver un village du dépeuplement, il faut une volonté politique. Cette énergie, c’est vers les enfants qu’on la porte : les enfants, ils sont encore mobiles, ouverts, c’est eux, l’avenir. Si on propose aux familles tout ce qu’il faut pour l’accueil des enfants, en scolaire, en périscolaire, alors on développe une dynamique : du lien social, du lien culturel. Ça, et le maintien des commerces et des services de proximité. Mais là, un maire ne peut rien, sauf à augmenter la clientèle. Ce qu’on a fait, nous, c’est qu’on a libéré l’accès à la propriété : on a baissé le prix des terrains, ils sont partis à toute vitesse. La salle Colette Bel nous a occupé pendant tout un mandat, de 1999 à 2006. On a pris notre temps, pour une consultation auprès des habitants, pour l’achat de l’ancienne brasserie, pour le coup de crayon de l’architecte, jusqu’à la construction de cette salle très modulable, qu’on a adapté le plus possible à nos besoins. Ce qui nous guide, c’est la consultation auprès des habitants, on repart de là, à chaque fois. Là, on veut réfléchir aux rythmes scolaires, alors on demande leur avis aux associations de parents. Les gens viennent. Au début ils sont timides. Puis ils donnent leur avis. Notre village a augmenté sa population de 30%, il y a très peu d’endroits qui peuvent se vanter de ça. On réfléchit pour que nos propositions permettent aux rexpoëdois de vivre dans le village sans avoir besoin d’en sortir, pour leur proposer un large éventail d’offres, en culture, en loisirs, en services, en structures. On travaille avec les villages alentours, pour qu’ils puissent également profiter de notre travail. Alors on nous pointe du doigt. Parce qu’il y a une chose qui s’appelle le schéma de cohérence territoriale, qui dit qu’un petit village ne peut pas construire plus qu’une plus grosse agglomération, pour ne pas la vider. Alors nous, on a explosé les quotas de construction, c’est sûr. C’est ça, la vie des hommes politiques. Pendant ce temps, notre village, il meurt pas.