Le monu du jour

On entre dans Gentioux par la route d’en haut (celle qui vient de Pigerolles) et sur la place avant le Monument sur lequel la guerre est maudite, on trouve le Café du Monument. La patronne le tient depuis 13 ans, là elle prépare le repas (œuf dur, tomate, salade, choux en entrée puis poulet au curry, riz et pomme de terre. « Ah oui et de la soupe et du fromage blanc en dessert »). C’est pour les ouvriers qui travaillent dans le coin, ils sont là pour 3 semaines et ça change, des fois c’est d’autres équipes. « Combien de couverts ? 2, à 5 ou 10 ça dépend des jours ». Puis à la question « Si votre village, c’était une recette de cuisine ? » elle nous livre sa recette de la tarte aux pommes, « avec une belle couche de compote de pommes à la cannelle et les tranches de pommes dessus passé au four et vous rajoutez une petite gelée de coing et hop c’est parti ça se mange tout seul ». Mais il est 11h30…et la table n’est pas mise, donc on remballe notre attirail, on laisse la place, on  ferme la porte, on fait le tour du monument.

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Jalagnat, c’est loin au bourg

Jalagnat, c’est un hameau de quelques maisons et d’anciennes fermes. La plupart sont vides. Jalagnat est sur la commune de Faux-la-Montagne, mais ce n’est plus le  « bourg ». On est à 3,5 km du bourg. Et quand on est à Jalagnat, le bourg, c’est un autre village, c’est loin, on n’y va plus. C’est ce que nous explique Lucette, 78 ans. Lucette nous accueille dans sa maison : elle nous fait du café, de la tisane, sort des biscuits, elle tient à ce qu’on se serve et se serve à nouveau. Lucette ne va plus au bourg. Elle est bien là, elle n’a pas besoin de grand-chose. Une épicerie-camion vient de Tarnac tous les mercredis matins, elle prend ce qui lui plait, ça lui fait plaisir et ça lui suffit. Quand on évoque des nouveaux arrivants de Faux-la-Montagne, Lucette ne parle pas « des néo-ruraux, de leurs projets, des associations qui se développent au bourg ». Pour elle, les « nouveaux arrivants » ce sont ses voisins (les deux familles qui se sont installées  Jalagnat). Et heureusement qu’ils sont là !  Ils rendent visite à Lucette tous les jours, et Lucette est ravie d’être entourée. Aujourd’hui, c’est Joann, Anne et leur fils Erwann (4 ans) qui rangeaient et rentraient le bois de Lucette quand nous sommes arrivés. Anne, qui était une citadine, se sent bien dans cette vie à la campagne et elle aimerait que d’autres puissent en profiter : « Il y a plein de maisons vides à Jalagnat ! ». Welcome.

Le club des Tamalous

Le club des anciens à Faux-la-Montagne, c’est officiellement « le Club des Trois Lacs ».  Le rendez-vous belote hebdomadaire c’est le mercredi, à 14h, dans la salle de la cantine scolaire. Et là, le « Club des Trois Lacs », devient le club des Tamalous, et aussi des Jébobolà. Celui qui peint, devient Picasso. René, c’est DSK, parce qu’il aime les femmes. Pendant qu’une table est déjà acharnée autour de la belote, René nous raconte ses exploits avec effervescence. Certes, René-DSK, 76 ans, a été agriculteur, éleveur de vaches Limousines, 28 ans dans les pompiers, à l’armée ça a été 3 ans dans les parachutistes, 25 mois en Algérie pendant la guerre, mais il juge tout cela peu intéressant. Il a surtout envie nous raconter ses conquêtes de jeunesse, ses sorties dans les bals des bourgs, et même jusqu’à Limoges, beau dans son costume, pour aller rencontrer des filles. Il avait de la chance, il avait une voiture, pour raccompagner les filles c’était plus facile ! « La bonne bouffe et les femmes, il n’y a que ça qui conserve ! » René explique aussi qu’à l’époque, il y avait peut-être 15 bistrots à Faux-le-Montagne. Roger renchérit : « Au moins 15 ! Et ils étaient toujours pleins ! ». Si Faux-la-Montagne était une recette de cuisine, René n’hésite pas « Une bonne viande Limousine ». Si Faux-la-Montagne était une musique : « La musette ». Mourad commence à danser, les cartes ralentissent puis s’arrêtent. À un moment donné, tous les visages sont tournés vers lui. René et Roger, les yeux écarquillés, nous demandent : « c’est quel genre de danse ça ? ». Mourad finit de danser. On quitte la salle de cantine. Et puis, hop, René, Roger et Picasso complètent deux autres tables et commencent à jouer à la belote. 

« Faux une boulangerie » paroles de Morel

On est dans la boulangerie mais le bruit intempestif du frigo prend trop de place alors tous à la caserne ! Damien a tellement foulé ce trajet, qu’il part en chausson. Jean-Louis, Damien et Régis :

– Jean-Louis : Je leur passe la main, là tout doucement.

– Damien : D’abord salarié sur l’entreprise individuel de mon père et maintenant on reprend en cogérance avec mon frère.

– Régis : Je suis le livreur.

– Damien : Oui, fin tu fais toute la gestion des ventes, de l’épicerie

– Régis : Oui, en fait c’est pâtissier, boulanger et livreur (en montrant Jean-Louis, puis Damien)

– Damien : Non, épicier, on peut dire que t’es l’épicier…

– Régis : En fait pendant dix ans j’étais DJ, et puis bascule totale, une place plus stable : en tant que DJ c’était la vie inversée. Puis la succession s’est faite et avec la remise aux normes, il fallait qu’il y ait un changement.

Présentation faite. Et alors un commerce dans ce village? « On est la troisième génération de boulanger. Tous les commerces marchent ensemble. C’est un château de cartes, on en retire une : Quelqu’un qui va chez le médecin, il y a une pharmacie, il va peut-être prendre ces médicaments, dans la boulangerie son journal et son pain et puis il va aller lire son journal à la Feuillade avec son café. On enlève le médecin… » Encore un jeu dangereux, un château de cartes ne se quittent pas des yeux, comme le Fallois qui roussit dans le four ! « Et si Faux la Montagne, était une recette de cuisine? »