L'arrivée prochaine des danseurs et des acrobates

Plus que quelques jours avant les représentations de la Veillée. Les danseurs et les acrobates reviennent à Loos demain. Ils seront partout dans à la cité 5 et dans le village. Et mercredi on joue deux fois, à 16h et à 19h à la salle Omer Caron. Hier soir impossible de quitter Loos par la route de Béthune. Il y avait un match à Lens et donc des embouteillages énormes. Hier midi on est allé manger au foyer des personnes âgées et Bertha qu’on avait rencontrée lors de notre premier temps de Veillée à Loos, à la cité 5 nous a dit faîtes attention sur la route, ne roulez pas trop vite et de toute façon, a-t-elle dit j’ai mis des bouchons.

On doit faire la conduite de la Veillée, on doit finir le montage des deux films qu’on projette en même temps sur le deux écrans, on doit choisir les musiques, on doit installer la salle, on doit déménager tout notre matériel à la salle Omer Caron, on doit sélectionner les textes qui seront lus au cours des représentations, on doit d’abord les organiser et en faire une lecture pour nous pour entendre ceux qui fonctionnent ou pas. On doit répéter. On doit faire un ou deux interviews encore. On doit aller danser dans les rues. On doit aller danser dans les jardins. On doit faire quelques Godot supplémentaires. On veut tenter un ou deux autres Pierrot Le Fou. On a laissé tomber le Titanic.

Bebel

On a été accueilli dans un jardin, par une famille de nouveaux loossois. Ils sont originaires du Pas-de-Calais, mais partis depuis longtemps pour le travail. Leurs enfants sont d’ailleurs mais eux sont toujours restés d’ici, alors ils sont revenus pour la retraite. Envie de retrouver la chaleur d’ici.

On a fait un portrait sur leur pas de porte, ils ont joué En attendant Godot et puis, chacun leur tour, ils ont fait Jean-Paul Belmondo, pendant que Didier faisait Ana Karina.

les baskets

Ce matin, on nous a raconté des histoires de famille et de belle famille. Des histoires bien corsées d’un village catho du Nord.

La belle mère avait un Saint Joseph bien exposé dans le salon. Elle lui demandait ci ou ça, pour être exaucée. De temps en temps, quand on rentrait et qu’on voyait plus saint joseph, on savait qu’ils s’étaient disputés. Remisé au placard.

La maison, c’était comme à lourdes. Y’en avait partout.

Un jour, la famille papote et médit de quelqu’un du village. ils disent : « C’est un communiste ». Puis au fil de la conversation on comprend pas bien en quoi il est communiste. On demande : « pourquoi vous dites qu’il est communiste ? » et ils disent : « ben, venir à l’église en basket, c’est ben la preuve, hein ?! »

On est bien reçu

Hier soir, quand on a quitté la salle, notre quartier général, la salle Panckoucke la dame qui travaille pour la mairie et qui habite au dessus nous a appelés et nous a demandé si on travaillait ce week end , elle a dit c’est pour que le café soit chaud avant que vous arriviez…

Sur la route du retour on a peine démarré la voiture qu’on s’est arrêté pour manger un paquet de frites à la baraque à frites près du rond point du centre ville. Avec de la moutarde et du vinaigre et des morceaux de frites complètement grillés au fond du paquet. Un vrai régal. Comme on est un peu repéré dans le coin depuis deux ou trois jours à aller et venir dans les rues de Loos et à rentrer et sortir de la salle Panckoucke où on est installé depuis ce début de semaine, la discussion s’est très vite engagée sur l’art, le monde et tout. On était cinq ou six. Les gens sont pas très confiants pour l’avenir. A un moment donné de la discussion une dame a dit pour l’avenir, je pense que l’hypothèse la pire que nous puissions imaginer est encore optimiste mais même s’il est probable que l’humanité courre à sa perte, j’agis chaque jour pour l’unique chance peut être sur un million que l’on puisse changer le cours des choses. Elle a dit que c’est une phrase qu’elle venait de lire dans un journal dans un texte de Gabriel Cohn-Bendit.

le garage

On est passé au garage de la rue Pasteur. Monsieur Duffroy nous a aimablement laissé prendre des images où on voulait. Les établis, les outils, et à l’étage, des pièces automobiles sans age. Rouille, bleu, verre, gras, plein de matières. C’est beau. On sent l’histoire d’un garage de père en fils. On ne pose pas de question – ils travaillent et ne sont pas bavards… mais le lieu parle de lui même.

Quatrième jour de la deuxième partie de la Veillée de Loos en Gohelle

On a toujours l’impression qu’on n’en fait pas assez.

On a eu des problèmes de clés. On a toujours eu des problèmes de clefs.

On a reçu ce matin M. Raguenet, délégué mineur du syndicat Force Ouvrière pour une longue discussion sur l’état du syndicalisme aujourd’hui. Monsieur Raguenet travaillait à la cokerie de Drocourt jusqu’à sa fermeture en 2002. Il a été licencié comme les autres six cents salariés de l’entreprise. Il nous a dit qu’ils s’en étaient bien tiré parce qu’ils avaient bénéficié d’ un bon plan social . Il dit qu’ils ont obtenu ce plan social grâce à la mobilisation et une inter syndicale forte et soudée. Il dit aussi que c’était plus facile de négocier avec les Charbonnages de France qu’avec un patron comme à Metaleurop. A Metaleurop ils n’ont jamais pu discuter avec le patron puisqu’ils ne l’ont jamais vu. Ils n’ont jamais su qui c’était. Au bout du compte à Metal Europ c’est la région qui a financé le plan social. La direction de Metaleurop n’a jamais respecté ses engagements d’indemnisation de ceux qu’elle jetait à la rue. M.Raguenet continue aujourd’hui de militer et de venir en aide aux retraités des mines dont il dit que pour certains s’ils n’avaient pas le logement gratuit ils n’auraient pas le moyen de se loger. M. Raguenet milite au sein de son syndicat et en tant que conseiller municipal à la mairie de Loos en Gohelle.

Ce midi, on est allé manger au collège et on a fait des portraits avec citation. On est resté longtemps au collège. Il y avait un rallye d’exercices mathématiques. Les gagnants iront à Bellewaerde. Flora et Jérémie ont continué les pas de porte. Didier a interviewé plein de gens. Ce soir on a prévu d’aller voir KXKM à la Condition Publique à Roubaix. Jamais oublier nos camarades de KXKM.

Demain matin on fait Pierrot Le Fou sur la place de la mairie. On a changé nos plans. Les gens joueront Belmondo qui répond à Anna Karina.